The Truffe Diaries

interphones, logistique et bicyclette

29 mars 2008

Le samedi, c’est Nostradamouskouri

Bon alors ami lecteur, j’imagine bien que t’en reviens pas de me voir déjà revenue, depuis le temps tu t’étais habitué aux toiles d’araignées, tu trouvais même ça réconfortant car, ainsi que feu ma grand-mère, tu as compris que les araignées c’est bon signe, ça veut dire que ta cave est sèche. Je te le dis tout net et je m’en fous si je passe pour une grosse chochotte et que tu vas te moquer de moi et mettre du sable dans mon pantalon la prochaine fois que j’irai jouer au square, mais moi je préfère la serpillière à l’épeire. Enfin bon c’est pas la raison pour laquelle je redonne un peu de vie à ce blog. Non la raison pour laquelle tu me vois déjà revenue, c’est que j’ai perdu mes clefs. Tu vois pas le lien, pas encore, c’est normal, j’ai pas encore expliqué, remonte pas d’un paragraphe pour voir ce que t’as loupé c’est pas la peine. Sauf si tu te demandes ce que c’est qu’une épeire, là tu peux, mais je préfère t’avertir que c’est pas avec mes histoires de serpillière que tu vas comprendre mieux. Bon je te mets une photo du coup :
large_haudron_collider
(épeire diadème domestique)

Donc oui, si tu veux, mes clefs ont disparu dans cte saloperie de trou noir dans la cinquième dimension qui existe entre le moment où tu rentres bourrée et celui où tu te réveilles le lendemain. Je me suis donc réveillée ce matin dans mon propre lit, toute seule et avec ma culotte toujours sur moi, et comme un malheur n’arrive jamais seul, en plus j’avais pu mes clefs.
Parties. Disparues. J’ai tout essayé, j’ai même tenté d’invoquer les esprits, ils m’ont expliqué pour le linceul de Turin et le meurtre de Kennedy mais pour mes clefs ils sont pas sûrs, qu’ils ont dit. Même Nostradamus n’a rien écrit sur les clefs perdues, on se demande à quoi il sert celui-là. Du coup j’ai essayé de les retrouver manuellement. J’ai cherché partout, vraiment partout. Oui Charlotte même dans mon cul, eh ben tu me crois tu me crois pas, point n’y sont-elles. Par contre j’ai retrouvé le tractopelle que je t’avais emprunté à Noël dernier, là, faudra que je te le rende.
Donc voilà, pas de promenade printanière sous les cerisiers en fleur bière au poing, pas d’empiffrage de gyoza dans le petit rade d’aspect prometteur repéré un peu plus bas dans ma rue, je suis coincée à la maison comme un hikikomori de bas étage. Et comme c’est le nouveau mot qui va tomber au prochain mot croisé, je préfère t’éviter la rupture d’anévrisme ou la rupture sentimentale pour cause de stress aggravé en t’expliquant tout de suite qu’un hikikomori, c’est un Japonais qui ne sent pas très bon et qui reste enfermé chez lui tout le temps. Il se nourrit des plateaux repas que sa mère, femme au foyer dévouée, dépose devant la porte de sa chambre. De temps en temps il sort pour se rendre aux gogues, encore que certains cas extrêmes d’urination dans les cabinets de toilette aient été reportés au sein des populations masculines. Eh ben voilà, d’ici ce soir je vais me mettre à pisser dans le lavabo tu vas voir.

Bon, comme j’avais rien de mieux à faire et pas encore envie de pisser, j’ai commencé à lire les infos sur le Ternet en attendant que Jazz rentre. J’ai commencé par me la raconter science et découverte, tu vois, moi je m’intéresse à la théorie du big gang bang, aux accélérateurs de particules et aux quarks express, mais bon rapidement j’en ai eu marre de faire semblant de comprendre et de toutes façons, si jamais l’espère de gros machin apocalyptique Large Chaudron Co-leader price, là, il fait exploser la Terre, j’espère qu’il le fera avant le renouvellement de mon bail, parce que ça me ferait drôlement mal au cul de me faire racketter à nouveau une prime de logement par mon proprio au moment de renouveler mon contrat si c’est pour pas en profiter, et s’il pouvait être bouffé par le trou noir une seconde ou deux avant moi que j’en profite pour ricaner, merci.
Donc du coup je me suis penchée sur un événement autrement plus important, et aussi plus de mon niveau intellectuel, j’ai nommé le buzz Cindy Saunder. Je sais pas pourquoi on l’appelle Buzz, j’imagine qu’elle est vive comme l’éclair. Encore que pas trop à ce qu’il paraît. Après avoir lu ça et des tas d’autres horreurs sur son compte, que c’est une fausse blonde notamment, ça m’a donné envie de l’entendre chanter tu penses. Moi aussi j’aime chanter dans ma douche, je me sentais donc très proche de son combat. Quinze minutes de téléchargement poussif sous youtube plus tard, durant lesquelles j’ai en vain cherché si les clefs étaient pas derrière les chiottes des fois, j’ai pu assister à une émouvante interprétation de « underneath your clothes » de Shakira où la phrase « there’s my territory » devenait « there’s my chewy chubby », le tout accompagné de précieux conseils chorégraphiques prodigués à coups de reins démonstratifs par son mari. Et franchement malgré l’accent qui donnait un petit côté du terroir mosellan et les coups de reins conjugaux je me suis dit qu’elle est pas moitié si pire que ce qu’on veut bien en dire.
Si tu vas sur les vidéos dont je te ne donnerai pas le lien car j’ai la flemme de les retrouver et que j’ai déjà regardé dans la poubelle de la salle de bains si les clefs y étaient pas, donc j’aurais rien à faire pendant le téléchargement, tu verras une assemblée de stars bien maquillées, dont Lio et, j’en fus fort marrie, Juliette Binoche, redoubler d’humour et de subtiles plaisanteries sur le compte de Cindy Saunder en parlant notamment des « festivals de merde », ceux où on te met « entre une vache et un retourneur de crêpes ». Déjà comme je viens de la campagne, je trouve cette plaisanterie pas très charitable, surtout pour la pauvre vache. Finalement, j’ai trouvé que la personne qui se rendait le plus ridicule, là-dedans, c’était pas cette brave chanteuse de balluche qui, avec un bon manager qui lui apprendrait à se mouvoir et à ne pas gesticuler comme une danseuse de techtonik sous acide, pourrait même nous sortir un CD que tous ceux qui pensent que Jennifer est une grande artiste achèteraient sans problème. Non, les vrais minables dans l’histoire, c’étaient plutôt ces fins commentateurs qui se font jouir en débinant allègrement tous en chœur sur le compte d’une tierce personne. T’as un peu l’impression d’être de retour à l’époque du collège où Camille, la fille-la-plus-populaire, racontait à ses copines-populaires que Jacqueline, la petite boulotte à lunettes, elle l’avait vue à poil dans les vestiaires et qu’elle avait un *super gros cul*. Et tout le monde de ricaner. Finalement, ce qu’on retient, c’est pas trop le gros cul de Jacqueline. C’est le petit ricanement mesquin de Camille et de ses copines quand elles regardent Jacqueline passer en pantalon serré.

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22 mars 2008

kimuchi dans les bottes

Cher ami lecteur

 

 

Voilà un moment que tu me croyais perdue dans la pampa coréenne, peut-être même que les plus délurés d’entre toi m’imaginaient kidnappée par les coréens du nord et intégrée de force au harem de Kim Jong Il, avec qui j’étais forcée de faire des tas de saloperies a base d’introduction de kimuchi dans des endroits inédits.

kimuchi





(kimuchi)










 

endroits_in_dits





    (endroits inédits)












Eh ben trop pas, ca fait trois semaines que je suis revenue, même.

J’ai juste été LEGEREMENT occupée.

On n’a toujours pas l’internet dans le nouvel apart, mais on suce en toute impunité[1] le Wi-Fi du voisin alors ça va, on a encore une fenêtre ouverte sur le monde. Et il nous faut bien ça parce que question fenêtres ouvertes, le nouvel apart, on dirait un peu la prison de la Santé vois-tu. C’est pas qu’y en ait pas, de fenêtres, hein. On voit bien qu’il y a des ouvertures astucieusement pratiquées dans les murs, et on les sent bien surtout parce que question double vitrage, les japonais ont rien appris depuis l’invention de la meurtrière au moyen-âge. Ils ont bien compris le principe de la fenêtre qui permet de SORTIR des choses, souvent violemment à l’aide d’une arbalète, mais en revanche ils ont plus de peine avec le principe de la vitre qui empêche les choses de RENTRER. Donc il y a un trou, on le voit, on sent bien le vent qui passe mais de lumière, point. Ca doit être parce que notre malheureuse bâtisse de deux étages est entourée de buildings gigantesques qui se la ramènent avec leurs 25 étages de plus que nous. Si y a un tremblement de terre, j’aurai même pas le temps de me demander si vraiment c’ était une bonne idée d’aller se fourrer dans un immeuble construit en 1973, car avant de mourir écrasée sous la baignoire de mon voisin du dessus, je périrai embrochée par l’élevage d’antennes télé qui dépassera du toit du gros building de 45 étages trois blocks plus loin lorsqu’il s’affaissera comme un flambi, mais un vraiment gros flambi, écrasant tout le quartier, et ce malgré une construction datant de 2007. Remarque, il est toujours possible qu’il s’écroule en même temps que le building d’en face, ça ferait comme un château de cartes, ça serait rigolo mais j’aurais pas l’occasion d’en rigoler longtemps.

Donc voilà tu le vois, j’ai déménagé dans l’immeuble de mes rêves, avec une douche qui a l’air d’avoir été installée avant la seconde guerre mondiale, en même temps ça rassure, un bâtiment qui a survécu aux bombardements américains survivra à tout, j’ai juste un peu peur que le réchaud à gaz m’explose à la gueule à chaque fois que je tourne la manivelle pour allumer le chauffage. Il va sans dire que je suis endettée jusqu’à la moelle épinière car ces salauds de yakuzas qui gèrent l’immeuble m’ont déplumée comme une dinde américaine lors du thanksgiving de la paroisse, et qu’en plus j’habite dans un quartier de luxe ou il n’y a guère que les vieilles peaux tannées aux UV qui peuvent se permettre d’aller dîner, d’ailleurs elles y vont en Porsche et elles cèdent pas la priorité, demande à Hisashi qui a conduit pour déménager les meubles le weekend dernier, il t’expliquera ce qu’il en pense, des vieilles putes en Porsche. Mais je te conseille de faire sortir les enfants d’abord.

Et là la question que tu brûles tous de me poser ami lecteur c’est : mais ma grosse, qu’allais-tu faire en cette galère?

Déjà pour commencer, c’est pas une galère. Quand même pas. C’est un T3.

Ensuite je te permets pas de me traiter de grosse.

La raison de mon choix, vois-tu, c'est un atout majeur. ZE atout imparable. A part les tatamis, le voisin métissé Indien Japonais chaud comme une barraque a frites et le rapprochement géographique des pétasses décolorées de Harajuku chères a mon coeur, je veux dire. Je le donne dans le mille feuille, Wong : cet apart me permet de dormir une heure de plus tous les matins car, gros malin comme je suis, j’ai tout de suite repéré qu’il était à deux stations de métro de mon dojo d’aïe qui douille! Donc à partir de dorénavant, pour être pareil en retard le matin et arriver au milieu de l’échauffement et me faire faire les gros yeux par Terminator sensei, celui à qui il faut pas chier dans les bottes, juste avant qu’il m’oblige a faire des pompes parce que j’ai encore merdé et que j’ai fait planter toute la classe, avant toutes ces réjouissances donc, JE PEUX DORMIR UNE HEURE DE PLUS.

Enfin ça c’est la théorie.

Parce que dans la pratique, pour l’instant, Jazz la nouvelle coloc et moi partageons la même chambre faute de chauffage, et Jazz a une tendance à rentrer bourrée au milieu de la nuit, et l’alarme à incendie a se déclencher à deux heures du matin sans raison, comme ça, pour faire le con. Donc l’un dans l’autre l’heure de sommeil a vite faire de partir en fumée quand tu en passes la moitié à t’engueuler avec les pompiers qui t’accusent d’avoir appuyé sur le bouton de l’alarme par pure malveillance, et l’autre à surveiller Jazz, des fois qu’elle irait te piétiner ou pire, te vomir dessus.

 

Mais un jour, un jour je dormirai toute mon heure de plus.

J’ai le droit, je risque tous les jours de me faire exploser avec la chaudière à gaz pour ça merde.

 


 

[1] Pour faire plaisir à mon lectorat de longue date, je me dois de poursuivre la running joke qui anime ce blog depuis trois ans en ajoutant « et d’ailleurs c’est bien la seule chose que je suce en ce moment ». Voilà je l’ai faite ma blague dégueulasse t’es contents ?

Posté par MeryllB à 04:20 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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