Aujourd’hui j’ai oublié mon sac à mains dans le bus.

Ca faisait guère que deux mois que ça m’était pas arrivé.

Et cette fois-ci pour pimenter les choses j’ai choisi le bus Quimper > Roscoff. Et je ne me suis rendu compte de la disparition du précieux pochon contenant mes menues essentialités (carte de crédit, argent liquide, carte d’identité, téléphone portable, et surtout le livre de Hervé Bazin que je lis en ce moment) qu’après l’arrivée chez mes parents. N’écoutant que ma rage (j’avais pas fini le bouquin), j’attrappai les clefs de la voiture de papa et me précipitai aux trousses du bus, dont le terminus était Roscoff, à 45 minutes de route. Mon objectif était de l’attrapper avant qu’il reparte dans l’autre sens, avec mon sac, vers Quimper. J’aimerais décrire une haletante scène de course-poursuite dans la droite lignée des meilleurs extraits de Fast And Furious, mais pour expliquer pourquoi c’est pas possible, je précise qu’il s’agissait des cars Penn Ar Bed (niveau visuel le bus de Speed est une fort Mustang en comparaison), je conduis une Peugeot 208 avec un A sur le cul, et de toutes façons sans le GPS j’y arrive pas.

Après quelques errances rapport au fait que le GPS qui m’aurait permis de m’orienter est dans google maps qui est dans mon téléphone qui est dans le sac qui est dans le bus qui est je sais pas où, DTC / CQFD, j’arrivai sur le port de Roscoff à l’endroit où le bus était supposé faire relâche.

Je garai la 208 comme un membre de la famille des suidés, genre phacochoerus, et remarquai tout de suite que de car, point. J’allai donc pleurer Causette au comptoir de l’office du tourisme où, avec une amabilité à toute épreuve, les dames appellèrent pour moi tous les bureaux de la compagnie de cars de Quimper à Brest en passant par Carhaix sans arriver à savoir où le chaffeur planquait son bus pendant sa pause. Tout le monde essaye de l’appeler et lui laisse des messages, mais il ne répond pas. A chaque fois qu’ils font le trajet, le mec et son véhicule semblent juste disparaître de la surface de la Terre durant les deux heures de battement entre le trajet aller et celui du retour. (Je crois fermement qu’il le transforme en cabaret burlesque et qu’il donne des représentations près de l’embarcadère des ferries).

Les dames ayant réussi à déterminer l’arrêt de bus d’où il effectuera son départ, je me poste devant l’abribus et guette de toute la force de mon âme. Après environ 30 minutes de veille intense, je l’aperçois qui arrive, mais dans l’autre sens ! Je lui cours après. En fait il était bien dans le bon sens, il allait juste faire le tour au rond-point pour revenir. Je lui cours donc après tout autour du rond-point. Heureusement il y a des embouteillages et il n’arrive pas à me semer. Lorsqu’il ouvre les portes, je me jette dedans tête la première. Il ouvre des yeux incrédules et s’exclame : « mais je t’avais pas laissée à Morlaix toi ? »

Je lui explique. Mon sac, Hervé Bazin, les messages sur son téléphone, tout. Il me laisse inspecter les rangées de sièges vides. Je retrouve mon précieux sac là où je l’avais imprudemment laissé tandis que le chauffeur découvre que ses collègues, harcelés par l’office du tourisme harcelé par moi, lui ont laissé environ 150 messages. Je fuis avant qu’il se mette en colère. Je sors du parking sans écraser de touriste anglais ni bugner de taxi, et je reprends la route pour Morlaix en me perdant à peine plus qu’à l’aller malgré l’adjonction d’une conversation avec Mikan sur haut-parleur pour débriefer au sujet du nouveau gilet de sauvetage de son chien (nos conversations sont passionnantes).

Je suis arrivée à temps pour le dîner et c’était tarte aux légumes du soleil avec de la feta et c’était bon.

Mais au final je suis quand même déçue car je découvre en poursuivant ma lecture que finalement, dans le livre, le gosse, IL EST PAS DE LUI.

J’aurais mieux fait de laisser mon sac dans le bus.

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