The Truffe Diaries

interphones, logistique et bicyclette

14 octobre 2007

les canards renardent

Youhou ami lecteur

 

Mes ambitions de blog intellectuel me retitillent récemment, et y a plus de vodka donc rien pour faire passer, alors voilà, hop, je m’escuse, une note qui ne parle pas de cul. Je sais ça fait un choc. Mais si ça peut te faire plaisir je ferai un effort sur les jurons pour en mettre encore plus que d’habitude.

 

Alors ce matin, je me lève l’œil pâteux et la langue glauque, je constate que l’appart est aussi dégueulasse qu’hier et que mon rêve de Brad Pitt et de Joaquin Phenix qui sonnaient chez moi tout nus sous leur tablier rose et qui me faisaient les vitres et débouchaient la douche, c’était bien qu’un rêve, et c’est dommage parce que sinon question film de deuxième partie de soirée, j’aurais eu des trucs à raconter sur l’usage fait du plancher fraîchement encaustiqué, mais je m’éloigne du sujet principal et après tu vas encore te choper une cystite.

 

Donc, déprimée et pour oublier que je dois tout nettoyer ET faire ping ping avec acharnement toute l’après-midi afin de masquer à Yasu (le nouveau, celui qui joue de la guitare, on va l’appeler Néoyasu ça évitera les confusions) que je me suis pas entraînée de toute la semaine et que les Jets, je sais toujours pas qui c’est parce que j’ai pas encore regardé sur Youtube la chanson dont il parlait et que je suis supposée savoir jouer les mains bandées et les yeux attachés dans le dos, pour oublier ce monde de merde donc parce qu’en plus Yumika a fini la pizza, je me connecte sur, allez j’ai honte mais je le dis, lemonde.fr. Je dois te dire que c’est un vice qui me tient depuis peu, ami lecteur, mais le matin en broutant mon petit déjeuner j’aime regarder lemonde.fr, c’est un peu cochon mais les news des fois y en a des bien. Et comme je te rappelle que je lis pas le japonais et que je regarde pas la télé, quand il a un tremblement de terre comme ça je l’apprends juste un peu après tout le reste du Japon, et quand maman appelle pour voir si je suis toujours vivante je sais de quoi elle cause. Enfin, en général.

Donc ce matin je me connecte : la France s’est faite aplatir par les Rosbifs en rubgy, d’accord c’est triste, mais bon le gros titre d’hier c’était déjà sur la préparation psychologique des supporters, maintenant j’espère que demain ce sera pas sur l’entrée en maison de santé de Bernard Laporte qui a essayé de se suicider en tentant de se sodomiser lui-même avec un ballon ovale, parce que des news je voudrais pas dire mais y en a des plus importantes. Comme est-ce que Brad Pitt va épouser Angelina Jolie par exemple, qu’ils titrent là-dessus et je comprendrai merde.

Autrement on te parle du « Criminel SS Aribert Heim » exécuté par un groupe de mystérieux « justiciers » dont un membre témoigne, car lui faire sauter le caisson eux-même plutôt que de le remettre aux autorités mandatées pour ça c’était quand même plus bandant, c’est curieux de noter que quand c’est une fatwa lancée contre Salman Rushdie là tout de suite on voit pas du même œil le témoignage du mec qui se serait vanté d’avoir été coller la bombe dans le réservoir de ses chiottes. Tout va bien, on continue à être contre la peine de mort mais on cautionne les exécutions sommaires, on reste bien le pays des droits de l’homme. Les autres gros titres de la journée ne m’intéressant pas tellement non plus, bon ok les manif contre les tests ADN on est au courant, l’affaire EADS c’est pas franchement de la breaking news non plus, la carte judiciaire, on commence à savoir aussi, la France contre les Iles Feroe, je veux pas être méchante mais se reporter sur mon commentaire sur le rugby un peu plus haut, en désespoir de cause je me connecte sur LCI.fr.

Et c’est là que je touche le fond, et quand je dis le fond, pour bien visualiser prends un fond de slip de geek célibataire qui doit faire sa lessive à la laverie deux rues plus loin mais il peut pas à cause de son équipe de World of Warcraft qui compte sur lui. Imagine les traces de freinage, tu comprendras ce que je veux dire. 

Bon. Le reste, c’est un peu pareil : des parents bordelais sont très impliqués dans la scolarité de leurs enfants, j’irai pas jusqu’à dire qu’on s’en fout mais moi aussi mon prof de CE2 était très impliqué dans notre scolarité, d’ailleurs pour être bien sûr que nous aussi on était impliqués en cas de mauvaise note il giflait les garçons et se contentait plus sobrement de tirer les cheveux des filles, c’était quand même autre chose que de nous priver de pokémon pendant deux jours pour avoir raté la dictée de Daniel Pennac merde. (ca fait deux fois « merde » là, faut que je trouve autre chose).

Parmi les titres des articles les plus lus, les Sarkozy risquent de se séparer, perso ça m’en touche un sans faire bouger l’autre, très bien, Paris Hilton crie « cocorico Chabal », connasse de blondasse, Chabal c’est du bœuf pas du poulet, vacances en amoureux de William et Kate, putain c’est qui, et là je viens de retourner sur la page et je te les retrouve plus mais j’ai atteri sur la sélection mediacast et en cliquant sur « international », je te mens pas, c’était le reportage « France/Iles Feroe ». Parce que ça c’est de la news internationale mon coco.

Bon je suis un peu désespérée, je commets l’irréparable : je vais sur le newyorktimes.com.
Et là comme d’habitude ça parle de la guerre en Iraq, mais comme d’habitude c’est intéressant.
On peut reprocher beaucoup de choses à nos amis les amerloques et surtout leur cuisine dégueulasse, mais eux y savent comment on écrit dedans un journal. Pour avoir un peu pratiqué le système scolaire américain, j’ai remarqué toute la place qu’y tient la rédaction d’essais et le débat, et c’est vrai qu’entre me taper trois heures de philologie sur le Great Wovel Shift et argumenter âprement sur le thème politiquement sensible « slip ou caleçon » en cours de débat (oui ils ont des cours de débat là-bas, bon ça va rigole pas, je te signale que chez nous on a des BEP pâtisserie option pommé[1]), ben je préfère écrire le papier sur le slip, tu te demandes pas pourquoi, tu sais que j’aime parler de slips. Plus que d’occlusives et de voyelles en tous cas.

Mais bref, alors là plus de phrases à la valeur littéraire si sûre et aux qualités informatives manifestes du style « le seul mot capable de ramener une étincelle de joie et de reconnaissance humide dans le regard de ces infirmières marquées par leur épreuve est le nom de Cécilia Sarkozy » ,laquelle portait un polo Ralph Lauren. On t’explique qu’Israel a bombé la gueule à la Syrie et que y avait un réacteur nucléaire dans le coin, et que tout le monde il est pas très beaucoup content, et que les journalistes qui ont fait leur boulot de journaliste sont capables de te l’expliquer parce qu’ils ont interviewé des officiels pour, des officiels contres, et de officiels qui ne se prononcent pas mais qui voudraient passer un big bisou baveux à la classe de terminale B du lycée Marie Curie à Maubeuge.

Chais pas si t’as remarqué que ça en France on n’a pas trop, enfin sauf pour la terminal B à Maubeuge. Je veux dire, des papiers bien construits avec des vrais morceaux d’info dedans. Et sur lanouvellejambontimes.com personne te fait chier une seconde avec la couleur de déshabillé en mousseline du porte-parole Bashar-Al-Assad pendant la conférence de presse. 

Je sens que t’es sceptique, ami lecteur. Je te comprends, moi aussi les caniches qui se font kidnapper et violer par un électricien dans l’Hérault ça m’intéresse, et c’est vrai qu’au Nouvelle Jambon Times ils en parlent pas trop. Mais si tu veux la preuve complète et absolue que le journalisme français renarde un peu, je te propose de te connecter sur MSN France.
Et tu passes dix minutes navrantes à lire le relooking de Chantal qui grâce à Josy Mermet, chomopsychopathe de son métier, ressemble à un oursin "amazone du béton".

(là j'avais voulu te mettre une photo de Josy Mermet pour te prouver qu'en plus d'être chromopsychopathe, elle ressemble aussi un peu à une chanteuse transformiste de cabaret pour gouines dans les années 30 mais j'en ai pas trouvé)

Ensuite tu explores les titres du type « les affaires rattraperont-elle Chirac ? » qui fait un peu rédaction de français en quatrième, t’as eu le temps de t’en rendre compte parce que ça fait six mois que ça traîne dans la section « dossiers d’actualité », t’en peux plus, tu vas sur MSN US. Et là incroyable : les articles sont mis à jour tous les jours, et les parents des écoliers du primaire du Wisconsin qui s’impliquent dans la scolarité de leur enfant, tout le monde s’en fout. 

Par contre à la réflexion c’est vrai que t’as un article qui t’explique sur trois pages comment te débarrasser des gens que t’aimes pas sur fessebouc. 

Damned. Je crois que je vais me mettre à lire les journaux Nord-Coréens.

 


 

[1] Le pire étant bien sûr spécialité débat option pommé

Posté par MeryllB à 07:14 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 octobre 2007

corporate kamoulox

Bon ami lecteur,

 

La dernière note t’avait suffit je suis sûre, car la partie féminine d’entre toi s’est chopé la cystite de la mort grâce à moi (elles ne se reconnaîtront pas car elles sont en train de souffrir le martyre sur le trône a l’heure actuelle). Donc là ceux d’entre toi qui sont revenus aussi rapidement pour des raisons inexplicables (je n’exclue pas l’hypothèse que ce soit tout simplement parce que t’as pas encore fini de lire la note précédente) doivent se demander : putain qu’est-ce qui la prend.

Je vais te dire, pas grand-chose, juste que maintenant je suis un peu le Flash Gordon du container de pinard. Du coup, à peine il est 15h30, que la vie de ma mère j’ai déjà TOUT bouclé mes dossiers de la journée. Maintenant faut que j’attende que le sempai ait fini ses conneries pour m’adonner aux opérations de maintenance quotidiennes, et comme en général le sempai finit ses conneries vers les 19h30, comme tu me vois je vais encore rentrer a 21h.

Ca me laisse du temps à tuer tout ca, comme tu t’en doutes.

Bon, je vais pas être cruelle comme l’autre jour, t’as pas mérité ça. Et puis y a Charlotte qu’est venu faire de la revendication en disant que (je censure hein, il l‘a dit beaucoup plus vulgairement tu t’en doutes) : le coup de la note de Nouel, ca faisait réchauffé, que vraiment il avait l’impression d’être pris pour un oursin, etc. Alors que j’ai parlé de son cul dans l’intro en plus, c’est vraiment une salope d’ingrate. Mais c’est vrai que je reconnais que le buffet de canapés au saumon vieux de 10 mois, c’est pas la classe ultime.

Alors puisque c’est ça, je te mets de la news fraîche dont même Reuters n’a pas encore entendu parler :

 

Dans mon bureau, le dénominateur commun appelé langue de communication n’existe pas. Officiellement c’est l’anglais, mais officieusement ca existe pas. A vrai dire, à mon taff que j’ai entendre les gens de diverses nationalités parler boutique revient à assister à un sommet de l’ONU sans les écouteurs de la cabine de traduction.

Pas plus tard que ya deux minutes, je vois mon semi-patron, le directeur de produit (le directeur du pinard, donc) débarquer écumant dans le bureau import maritime, et je sens que quelqu’un va morfler. Comme je te rappelle que l’étoile du jura, c’est moi, je serre les fesses, les dents et je couche les oreilles dans l’attente du choc. Ca c’est un truc que j’ai appris avec mon chat, le coup de coucher les oreilles. Y parait que quand elles sont couchées, l’adversaire a moins de prise pour les mordre. Sauf que sur mon chat ça a pas l’air de marcher trop, je crois que c’est parce qu’à force de se faire laminer par tout le quartier, t’as beau te replier les esgourdes en mode protection, c’est un peu comme faire trois tours de France de suite en ayant pensé au protège-couilles : t’as beau te mettre une grosse coque en Teflon pour etre bien protégé, a force de t’user le cul sur la selle du velo tu finis quand même par avoir des cloques. Mon chat à force que tout le quartier s’use les dents et les griffes sur lui, car la ressemblance avec un gros paillasson est si troublante que je doute que les autres matous aient bien compris a quoi ils avaient affaire, les oreilles à mon chat donc, malgré sa technique de protection on dirait un peu des documents confidentiels qu’une secrétaire viendrait de passer au shredder.

Schredder c’est aussi le nom du méchant dans les tortues ninja d’ailleurs, moi je l’aurais mauvaise qu’on m’appelle Agraffeuse, Calendrier des Pompiers ou du nom de toute autre fourniture de bureau qu’on retrouve un peu partout dans le monde, le mec je comprends que ca l’ait rendu méchant, mais la je sens que je m’égare un peu trop ami lecteur, on va revenir à la communication internationale au bureau si tu veux bien.

Adoncques. Je serre les dents et je couche les oreilles en attendant l’avoinée, mais comme Sainte Moustache la patronne des containers veillait sur moi, c’est mon estimée collègue qui pourtant a 20 ans de maison et qui fait circuler tout l’Asie à la baguette qui prend. Il faut savoir un truc au sujet de ma collègue qui fait tourner l’Asie : elle est bonne, et elle le sait. Range tout de suite ca, je voulais juste dire qu’elle est compétente professionellement, je te voyais déja évoquer les meilleurs moments du film Partouze à Pondichéry, mais aucun rapport (haha). Du coup comme la collègue est bonne elle aime pas trop-trop qu’on lui explique son boulot, ce qui la rend un peu réfractaire aux nouvelles idées.

Donc quand le Pinard Manager arrive pour lui expliquer comment faire son boulot, elle se réfugie dans le mode de défense qui a été mis spécialement au point pour le travailleur Nippon, dont les gênes sournois le trahissent des qu’il s’agit de se dresser contre la hiérarchie, tant il est vrai qu’il est génétiquement incapable de manquer de respect à la figure du chef tout-puissant. Dans ces cas-la, y a un truc merveilleux qui s’appelle la rébellion passive, ou la mauvaise volonté, pour traduire dans la langue des faubourgs. Et Dieu sait si le travailleur nippon en use libéralement.

Le manager commence à l’abreuver d’explications en anglais sur les raisons pour lesquelles il l’emmerde. Elle attend sans un mot avec un stoïcisme qui n’est pas sans rappeler celui de Marie-Antoinette face au peuple de Paris, ou celui de l’huître face a la sauce à l’échalotte si tu préfères. Je te mets une photo pour que tu comprennes mieux :

huitre

(Marie-Antoinette face au peuple de Paris)


Et donc quand le chef de produit a fini ses explications en anglais, la collègue entreprend posément d’expliquer en japonais pourquoi elle a fait ça comme ça. Son interlocuteur Pinard Manager écoute religieusement.  

Je précise à toute fin utile qu’il ne parle pas japonais.

Il répond donc en anglais. Elle attend qu'il ait fini, et lui ressert son argumentaire en japonais.

Le plus surprenant, c’est que justement je suis la seule a être surprise. J'assiste à une merveilleuse partie de kamoulox disputée de main de maître dans l'indifférence la plus totale.
Ces deux-là ont un dialogue de sourds depuis dix minutes, et tout le monde autour d’eux vaque dans la paix de l’esprit. Y a pas un pèlerin qui se propose pour traduire et moi je la ferme parce que j’ai peur qu’en me voyant arriver le Pinard Manager se rendre compte que, tant qu’on y est, y a un truc avec les imports de France qui merde aussi. Je m’écrase donc préventivement, je garde les oreilles soigneusement couchées et j’attends que ça passe.

Inutile de te dire qu’en conclusion d’une scène pareille, tu vois bien un dénouement à la Monthy Python avec le patron qui sort en disant “donc on est bien d’accord, fromage de chèvre sur le tracteur et on relance la moquette hein?” et elle de répondre “pas de problème, dans le troisième tiroir à gauche après la grosse sardine”, ou un truc du genre.

Eh ben trop pas ami lecteur.

Le pire dans tout ça c’est que les deux, au final, arrivent quand même à s’entendre au sujet d’éléments pourtant complexes et généralement sujets à litige (a savoir qui va raquer).

 

Bon t’es comme moi, t’as imprimé dans tes gènes le souvenir de la guerre de 70 où, parce que Bismarck a réussi à les convaincre d’arrêter de se mettre sur la gueule entre eux, la France s’est fait mettre tout court par ces enculés de Prussiens. Ami lecteur tu sais donc aussi bien que moi que, quand l’harmonie règne chez ton voisin, c’est là que tu dois commencer à baliser pour tes plates-bandes[1].

L’Histoire ayant une certaine tendance à se répéter, ça n’a loupé : à peine le susdit manager avait-il pacifié la zone Asie que je recevais un mail vengeur de sa part, comme quoi je contesterais les factures de la France un peu trop souvent à leur goût.

 

Putain marre d’être du côté des loseurs, marre d’être française.

Maintenant c’est décidé je veux être du côté des méchants.

Jveux devenir Prussienne, ou alors Nord- Coréenne.



[1] A “trou du cul la femme, chausson par la fenêtre”, “homme en retard, liaison dans le tiroir” et autres citations condensant toute la sagesse humaine, je propose donc d’ajouter “harmonie du voisin, rififi au jardin”.

 

Posté par MeryllB à 07:49 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 octobre 2007

Rétrospecteevy boulay


Ami lecteur
 

Tu observes déjà que, par respect pour toi, je n’ai pas fait de jeu de mots pourri sur ton nom cette fois-ci. Me remercie pas trop vite, attend plutôt de voir ce qui va te tomber dessus la prochaine fois. Et pis c'est vrai que rien qu'avec le titre, tu as déjà souffert.

 

Bon, j’ai remarqué deux choses récemment :

1) je te néglige, et j’ai bien senti que les trois commentaires pourris sur la dinde aux marrons de ta mère et sur le string de Paris Hilton que je laisse sur ton blog ne compensent pas la disparition des canapés au saumon.

2) Je risque de te négliger encore un moment, vu qu’en ce moment ma situation socio-professionelle est un peu tendue du string. Déjà pour commencer y a le dojo d’aikido peuplé de warriors qui trouvent ça normal de se lever a 5h du mat TOUS LES MATINS afin d’aller pratiquer l’aie qui douille sous les ordres d’un sadique qui n’a aucune vergogne à te faire faire des pompes aux heures où les gens normaux sont encore en train de baver sur l’oreiller. Pis ensuite y a ces enculés de Francais qui font rien qu’à me pouiller mes factures et qui m’obligent a rester au boulot jusqu’a des heures où, pour reprendre l’expression consacrée de quelqu’une qui sait bien de quoi elle parle, l’Arabe du coin est deja couche depuis longtemps quand tu franchis ton paillasson. Donc inutile de te dire que je rate et l’opportunite de baver sur l’oreiller le matin, et celle de le faire le soir. Si les samedi-dimanche tu ajoutes les animations de supermarché concerts de Techno Boy, inutile de te dire que je passe tout juste assez de temps chez moi pour jeter mes petites culottes dans la machine à laver et échanger quelques insultes rapides avec Charlotte sur MSN le temps que ça tourne. Donc question rédaction de note, tu comprendras que j’ai pas trop-trop le temps (mais je songe a me faire greffer un clavier quelque part[1] afin d’être en mesure de faire de la prose pour toi dans le train[2]).

3) J’ai remarqué par ailleurs que des notes pas finies pour d’obscures raisons[3], y en avait plus sur mon disque dur que des photos de Clara Morgan sur celui d’un geek prépubère[4]. Et donc avec tous ces bouts de notes là, j’ai de quoi te faire un beau patchwork quatre saisons. Alors aujourd’hui tu l’as compris, c’est pizza réchauffée, tu peux tout de suite ranger ta robe de bal en mousseline, si tu croyais que t’allais parler d’élevage de bichons avec la baronne de Chantilly-Monteaucul en lichant du champagne rose et des tartines de caviar, tu te fourres le doigt dans l’oeil jusque la ou le soleil jamais ne luit mon gros.

Mais sérieux je crois qu’on tient un concept là. Et accessoirement ca m’évite d’avoir à finir d’écrire tous ces trucs dont certains remontent jusqu’a Nouel dernier, tu vois un peu la feinte, c’est un peu la ratatouille du dimanche soir avec tous les restes de la semaine, sauf que là c’est les restes de toute l’année, donc comme j’ai un peu peur de te filer la chiasse avec mes conneries je te fais une métaphore de bricoleur plutôt, donc voilà je t’étale tout ça à la truelle, un peu de colle, lààà, un trombone et ça tiendra bien.

(l’intro que tu viens de lire, SI c’était une intro, ah commence pas, l’intro fait donc office de trombone en l’occurrence. Pour le tube de colle attend un peu de voir les transitions que je vais te bricoler, tu verras tout de suite qui l’a sniffée, la colle. Question créativité Papa le dimanche avec son pistolet à joint dans la salle de bain et ses 58 années de pratique des plus beaux fleurons scatologiques de la langue française, c’est rien en comparaison[5]).

bricolage_playmobil

Là c'est papa et maman dans le jardin un samedi de Mai. Maman creuse une nouvelle fosse septique et papa fait les joints. Papa est en train de dire "sacrrrrré nom de dieuuuu" comme souvent dans ces cas là. En-dessous, c'est la bible pour les creuseurs de fosse septique familiale, on a tout appris là-dedans.

decoration_bricolage_valerie_damidot

Bon et là je te vois qui te dis, haha, Valérie Damidot, elle a l'air con sur la couverture, c'est drôle, bon maintenant on va aller manger hein, puis j'irais bien pisser un coup avant, elle nous a encore tenu la jambe des heures l'autre connasse.

Je me permets de me gausser puissamment. Deux fois même regarde : HA HA.
Tu croyais t'en tirer aussi vite?
QUE NENNI.
J'ai eu une journée pourrie ami lecteur, et vu que je n'ai pas de petit animal à martyriser et que j'aurais trop peur des conséquences si j'essayais sur Yumika, c'EST TOI QUI VAS PAYER.

Allez on renchaîne!

Déjà je te mets le bout de Nouel dernier, déjà, comme ça ça nous fait du recyclage a pas cher et ca me débarrasse le disque dur, pis ça te fait un Christmas 2006 Revival, si ça c’est pas la grande classe, quand même merde. Pour les canapés au saumon, pour le coup y en avait plein et je sais bien que t'as faim mais là je te conseille pas, depuis Décembre qu’ils traînent ils doivent commencer a être un peu rassis, je pense spécialement a toi Charlotte, si tu te mets à te vider par les deux bouts de façon aléatoire ça pourrait avoir un impact négatif sur tes chances de tirer ton sur ta vie sexu sentimentale.

alors sans plus attendre (et dire que t'es déjà prêt à te pisser dessus là) :


C’est la chenille qui redémaaaaarre

(il s’agit du titre original. Comme tu le vois, ça aurait été dommage que ça se perde) 

En cette période festive d’engouffrage d’huîtres suivis d’une intox alimentaire qui te dégoûtera à tout jamais des fruits de mer et te forcera à passer un nouvel an pourri le fessier sur le trône et la tête dans l’seau, je te cacherai pas, ami lecteur, que je pensais avoir été bien fine sur ce coup et avoir échappé à tout ca. En effet le Japonais de base préfère la baleine aux huitres, pour le nouvel an, ce qui me va tout-à-fait car l’intox à la baleine est moins fréquente qu’au mollard de mer, et franchement ami lecteur loin de moi l’idée de passer pour une sans-cœur, mais le destin des cétacés en voie de disparition, je m’en bas le coquillard puissance X.

Donc je pensais avoir échappé à tout ça : l’ambiance salle polyvalente de Rogaton-sur-Mogeoire avec DJ Jean-Claude (c’est celui qui a une moustache) et le CD des plus grands succès d’Emile et Images, le mousseux qui coule à flots, surtout sur le merveilleux gilet de Noël de l’oncle Meudec (celui avec les sapins et les rennes), les canapés faits maison de tati Simone (celle qui voit plus très clair et dont le chat se soulage dans la farine) et que quand tu refuses poliment le canapé qu’elle te tend avec insistance ta mère te fait les gros yeux en faisant « mange, Tati Simone l’a fait pour toi »… Ne fais pas l’innocent ami lecteur, tu vois très bien de qui je cause, d’ailleurs tu as sûrement la même a la maison et un tupperware de canapés qui pourrit lentement, planqué sous le divan Empire. Bref. Ca. Tout ça. Je croyais l’avoir jouée subtile et y avoir coupé une fois encore, puisque ca fait maintenant trois années consécutives que je passe Noël sous les éclairs de stroboscopes qui composent les illuminations de Ginza (sous lesquelles je ne danse pas le jerk, ça pèle un peu trop sa mère la Sibérie pour que je m’adonne à ce genre d’âneries).

HA. Naïve que je suis d’avoir pu croire m’en tirer à si bon compte. Ah mais que nenni ami lecteur, que nenni !

Car hier c’était, accroche-toi à la rampe, la Soirée de Fin d’Année de l’Entreprise. Déjà, rien que le nom ca renarde un peu. On sent venir soirée passée à manger des gâteaux apéritifs avec le comité d’entreprise, en écoutant l’ancien manager de la division Archives, celle qu’on a liquidée parce qu’elle ne sert à rien, te raconter son week-end de peche et de rami, et avec si on a du bol un CD de Shigeru qui tourne (le Julien Clerc japonais pour te resituer la chose). Ca ou alors l’isakaya et la franche ambiance « op-pai, op-pai » arrosée de la petite goutte qui défouraille.

Eh bien ce ne fut ni l’un ni l’autre, ami lecteur. C’eût été trop simple, car j’étais parée à ce genre d’éventualité. J’avais mis mon Tshirt Enki Bilal avec le bout du nichon de la nana qui dépasse un peu (pas le mien, celui de la nana sur le Tshirt, c’est ce qu’on appelle une mise en abîme, ou dans ce cas précis une mise en relief), parce qu’on m’avait bien dit « soirée relax », sauf que, je viens de le comprendre, les mots « soirée relax » ont été traîtreusement ajoutés au vocabulaire japonais uniquement dans le but de pas avoir de trou dans le dico francais/jap, car ce sont des mots qui ne servent A RIEN. Personne sait même ce que ca veut dire, je suis sûre. Je l’ai compris trop tard, lorsque j’ai constaté que tout le monde avait fait péter la choucroute, la robe à paillettes à côté de laquelle la guirlande clignotante du sapin fait un peu anémique, le costume 18 pièces avec l’épingle de cravate en perle de nacre véritable du cul de l’huitre (on y revient toujours à ces saloperies de bestioles des mers, où que tu ailles impossible de les fuir), et que moi j’ai eu l’air d’un oursin avec mon Tshirt et mon jean sur lequel il restait quelques taches de wasabi des sushis à midi. Je me sentais aussi à l’aise que la fois où j’ai eu des gaz dans la cathédrale de Brandenbourg en plein festival de musique baroque, si tu veux.

Déjà quand on arrive au restaurant, je flaire direct le traquenard : le restaurant a l’air cher. J’hésite à rebrousser chemin, mais poussée au cul par la vague des collègues comme le mouton à l’abattoir par ses congénères, j’entre avec appréhension. Et effectivement j’avais pas tort : a l’entrée je suis prise en tenailles par deux serveurs à la solde de l’ennemi, tout sémillants dans leurs costumes de bistrotier parisien, sauf que eux contrairement au serveur de bistrot qui tire traditionnellement la gueule (c’est à ça qu’on reconnaît les vrais de bon sang) ils sont souriants et chauds comme une baraque à frites. Il ne m’en faut pas plus pour me laisser dépouiller de mon manteau et de mon amour-propre et me laisser pousser sans résistance vers l’entrée où y a une table avec deux collègues qui, faisant fi de cinq mois passés a lutter sous les mêmes couleurs, participent au complot général qui vise à me faire passer pour un oursin davantage encore, en m’ordonnant de tirer une carte d’un paquet. Et, ça ne surprendra personne, je tire LA DAME DE PIQUE. La dame de pique, je te le donne en mille Emile parce que tu vas voir que ça va tomber au trivial poursuit du prochain rallye à St Léger en Yvelines, la Dame de Pique donc c’est un peu la loseuse qui n’a pas une vie sexuelle très très debridee. Et quelque part ami lecteur t’as encore de la chance dans ton malheur de tirer la dame de pique, parce que vu la conjoncture actuelle de vénus en troisième maison dans ton cul c’est bien la seule chose que tu sois en mesure de tirer en ce moment. D’ailleurs pour prouver que je ne mens pas, je tape « signification dame de pique » sous GlouGlou et je trouve  : « délaissement ou veuvage. » Putain même les cartes s’y mettent, même plus moyen de taper le carton tranquillement ! Hisashi, c’est toi ? Surtout qu’après GlouGlou insiste : « La douleur que cette carte indique s'effacera difficilement ; toutefois on doit se garder de l'impiété, car les secours de la religion sont les seuls efficaces dans cette circonstance ». Ventre-Saint-Gris ! C’est pourtant pas en entrant au couvent que je vais baiser plus ! Ou alors si peut-être, mais pour l’instant l’exploration des diverses utilisations du cierge en compagnie de Soeur Marie-Moustache, c’est pas encore ce qui me botte le plus ami lecteur. Je suis pas désespérée à ce point non plus.  

Avant que j’aie le temps d’exorciser ma copine Mari de la division produits technique qui semble possédée par l’esprit frappeur de ce sacré petit farceur de Hisashi, je suis poussée dans la salle de dîner. Et là le coup de grace : des lustres ! Qui font scintiller les paillettes dans les fleurs dans les cheveux des filles, et les paillettes dans les épingles de cravate des autres ! Ai-je besoin de le préciser, la seule chose qu’ils ont fait scintiller chez moi c’était très exactement rien du tout. Les Tshirts Enki Bilal et les jeans, ca scintille pas.

 

Bon je te raconte la fin en vitesse en répondant aux questions que tu te poses sûrement tous à ce stage, si tu n’as pas été tripoter les canapés malgré mes mises en garde et que maintenant tu es en train de te répandre :

Q : est-ce que j’ai été bourrée ? R : oui, mais uniquement par une bouteille de champagne. Pour le reste, se reporter à la remarque sur la dame de pique.

Q : est-ce que j’ai vomi ? R : tu m’emmerdes avec tes questions jme rappelle plus… Ca doit vouloir dire oui.

Q : est-ce que j’ai montré mon cul ? R : là aussi je me rappelle pas mais comme j’ai pu retourner travailler quatre jours plus tard à la fin des congés de Nouel sans qu'on m'ait signifié mon renvoi entre-temps, je pense pas. Remarque à la réflexion c’est vrai qu’ils m’ont pas gardée, devait y avoir une raison.

Q : le moment le plus marquant de la soirée ? R : tu veux dire pire que la Dame de Pique et les taches de wasabi scintillantes sous les lustres ? Putain t’y vas fort. Attend je cherche. Ah si. Y avait le vieux débris président du bureau de Taiwan, à qui on n’avait réussi à dissimuler la date de la fête, qui a fait le discours d’ouverture. Jusque-là tu t’en fous car tu penses qu’il nous as parlé de la croissance de l’entreprise, du merveilleux business que nous faisions tous ensemble, et de nos capitaux qui s’adonnaient à une vaste partouze quelque part sur un compte en Suisse, et qui croissaient et multipliaient à une émouvante vitesse grâce à notre travail à tous, et que là il aurait serré les genoux pour tenter de dissimuler une embarrassante érection.

Que nenni ami lecteur. Ca aurait été trop simple. Non lui il nous a parlé de son hernie discale. Pendant TOUTE la demi-heure. Et crois-moi une demi-heure de hernie discale quand t’es au sein d’un groupe de 120 personnes qui n’attendent que la mort du héros de l’histoire pour se jeter sur les canapés au saumon fumé, ben c’est long.

 

Voilà t’as eu ta spéciale Rétrospective Nouel 2006.

Là avec la longuer de cette note, d’ici que tu reviennes d’avoir été pisser y en a pour un moment.

Je vais te dire j'ose même pas me relire. Je crois que j'oserai même JAMAIS regarder cette page si d'aventure je fais un tour sur mes archives. Je détournerai le regard en imaginant ta vessie boursouflée, et j'aurai mal pour toi.

 

 

 

 


 

[1] Bon allez d’accord pour faire plaisir à tout le monde je dis où : dans mon cul. Vu que dans le tien ce sera pas pratique-pratique pour écrire avec la distance, ou alors faut vraiment que t’arrêtes le beurre, quand Taty Annick te disait que t’avait grossi c’était pas QUE pour t’empêcher de finir le Kouign Amann.

 

[2] Si j’arrive à bouger les mains suffisamment. Si je suis coincée entre un vieux salary man qui refoule le curry de tripes de porc et une connasse qui a eu un accident de parfum et qui me hache les doigts de pieds avec ses talons pour charger à travers tout le wagon et se jeter sur la place assise à l’autre bout convoitée par 17 personnes, c’est pas garanti que j’y arrive

 

[3] J’avais la flemme

 

[4] Pas sur le mien *

* Par contre des photos de Takeshi Kaneshiro et de Brad Pitt a poil, J’AI. Et je fais tourner moyennant finance.

 

[5] Lesquels comportent beaucoup de variations, mais dans le cas de papa elles sont toutes construites sur la base “sacrrrre nom de Diaooooeuuu” et après un grand râle

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08 septembre 2007

lapine duracell (de chouval)*

Cher ami lecteur,
 

A la demande insistante de mes fans…

De mon fan…

Enfin, de Charlotte qu’est venue juste pour le buffet, c’est presque pareil, ET BOUFFE PAS TOUS LES CANAPES AU SAUMON s’il te plait….
 

Je reposte.

Voilà.

Sache que je t’avais commencé une merveilleuse note qui parlait de culture, d’articles de journaux intellectuels, et avant que la salle se vide complètement, du patron à Techno Boy qu’est un yakuza et qui le bat à coups de cendriers en verre quand il faut une connerie au boulot. Ah je vois que tous ceux qui se dirigeaient vers la sortie sont revenus à la mention des mots « yakuza » et « battre », laissez-moi des canapés au saumon s’il vous plait.

Bon donc je t’avais commencé une belle note comme ça, et ça faut maintenant un mois que je te la garde au chaud dans « mes documents » au bureau, astucieusement planquée dans le fichier « manuel de documentation à l’import » où je suis sûre que même le mec un peu bizarre des IT qui aime bien investir à distance le PC des demoiselles sans leur demander afin de leur secouer le curseur sous le nez alors qu’elles luttent pour reprendre le contrôle de la souris, doit y avoir un truc un peu exhibo là-dessous du genre ah tu le vois bien mon gros curseur sssssalope, même ce mec-là donc je suis sûre qu’il ira pas regarder dedans.

Et comme figure-toi que maintenant au boulot je travaille POUR DE VRAI, j’ai pu trop-trop le temps de t’écrire la fin. Je te signale au passage que maintenant ça déconne plus, j’ai rendu la Malaisie et Singapour (mais je garde le Luxembourg par nostalgie, crois-moi crois-moi pas maintenant j’en vois passer TOUS LES JOURS des chargements, et c’est même pas des nains de jardin) et que maintenant en plus je fais LA FRANCE. Donc essentiellement du pinard.

J’ai diplomatiquement repris la communication origine France –destination Japon après que ma collègue japonaise jusqu’alors en charge d’emailer aux envoyeurs pour leur expliquer que c’était des boulets et qu’ils avaient rien compris se soit permis un « ils sont cons ces français, ils peuvent pas bosser correctement ». Tu penses bien que mon sang n’a fait qu’un tour, car en bonne française, en plus de bâcler le travail, je suis bien entendu de mauvaise foi. Quoi, qu’ouï-je ? Qu’ouissai-je ? Qu’oyai-je ? Voire qu’oyje ? (barre la mention inutile, ça te fera des devoirs de vacances, pour une fois que maman avait oublié le cahier de français et que tu pouvais profiter de La Bourboule tranquillement). On se gaussait de la qualité internationalement reconnue du travail français, laquelle avait enfanté une administration que le monde entier nous envie, enfin surtout les spécialistes de la torture d’Al Qaida qu’on envoie régulièrement en stage chez les guichetiers des P et T et de la sécu ? Tu penses bien que j’aillais pas laisser passer ça ami lecteur. Du coup j’ai repris tout ça en main, et maintenant j’insulte l’origine aussi, mais en français, comme ça on reste entre soi. Et gracieusement en plus je te ferai remarquer. Et je vais même te dire, pour l’instant j’ai pas encore sorti un seule « enculeurs de mamans », je trouve que je m’en tire avec une certaine classe.

Donc voilà, je fais circuler à tour de bras des containers réfrigérés pleins de pinard, donc j’ai pas trop trop le temps de te raconter ma life, en même temps je sais bien que de toutes façons la majorité d’entre toi s’en fout et ne vient que pour les canapés au saumon.

Ah si, hier un jeune homme complètement bourré et qui crois-le crois-le pas s’appelle Yasu, j’envisage de commencer une collection, est venu s’échouer sur le bord de mon bureau et, dans une élocution qui rendait toute tentative de communication hasardeuse, donc je te dis ça mais en fait peut-être qu’il me faisait remarquer qu’il venait de croiser Sigourney Weaver à poil dans le couloir avec un collier de nouilles, il m’a proposé de joindre son groupe car il avait besoin d’un batteur vu que le précédent « était trop bon », j’en déduis qu’il s’est barré parce que les autres ne l’étaient pas assez. J’en ai également déduit qu’il était soit vraiment désespéré, car sortie du lapin duracell que j’imite à merveille je touche pas un rond question tambour, soit complètement bourré, hypothèse aussi très envisageable car il avait une paire d’oreilles de lapin rose en velours sur la tête. Comme des gens ivres gisaient un peu partout, j’avoue que j’ai pas prêté une attention extrême au propos et que j’ai surtout dit « d’accord, mais donne-moi de l’avance pour répéter », une réponse qui a l’avantage de pouvoir s’adapter aux deux remarque, qu’il s’agisse de Sigourney Weaver ou de groupe de rock.

Je crois qu’il fait du métal.

Je vais m’entraîner A MORT, et lors de la première répétition, lorsqu’il voudra jouer du Korn, je lui ferai l’exercice du lapin duracell que j’aurai bossé à fond toute la semaine.

 

Il sera content, content.


canap_s_au_saumon

(ça c'est pour être sûre que tu reviennes la prochaine fois)**


* tu peux te foutre de ma gueule, moi j'en suis drôlement fière de ce jeu de mot. Avec on peut faire pine de choual et selle de choual, et pine de choual, c'est drôle. Ben si je te le dis.

** Si t'as cru une seconde que c'est moi qu'a fait les canapés, tu te fourres le doigt dans l'oeil jusque là où le soleil jamais ne luit mon gros. Ca vient de là :

http://questcequonmange.blogspot.com/2006/11/joli-buffet-ensoleill-et-carte-postale.html

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30 juillet 2007

Joaquin Phenix ta mère [1]

 

(Le titre de cette note n’a rien a voir avec son contenu, je crois plus honnete de le dire avant que tu ne te mettres a fretiller en t’attendant a un listing des sites de milf[2] preferes de Joaquin Phenix) 

Ami lecteur, tu vas me trouver bien prolixe en ce moment de te refaire deja une note alors que tu reviens a peine des toilettes après avoir lu la precedente, mais fait dire aussi que a) t’y as mis le temps, on sent bien que ca faisait longtemps que tu te retenais et b) le Luxembourg n’est toujours pas un acteur majeur dans les echanges maritimes mondiaux, et ce malgre mes ardentes prieres conjuguees a saint Nicolas et a saint Elme, respectivement saint patrons des commercants et des marins, c’est la que question SAV on voit bien tout de suite qu’on a affaire a la France, parce qu’on peut pas vraiment dire qu’ils se mettent en quatre pour me satisfaire ces cons-la, j’en ai pas vraiment eu pour mon argent depense en cierges a l’eglise catholique coreenne pour le moment je leur ferai dire. Je crois d’ailleurs fermement que Saint Nicolas est le saint patron privilegie de la Fnac, a qui il a fallu plus de trois mois de mails vengeurs et de coups de fils incendiaires de ma part vers leur antenne rennaise[3] avant qu’ils se decident a se sortir les doigts et a me remplacer un disque dur externe que leur politique SAV placardee partout sur les murs clamait mensongerement etre en mesure d’echanger sous trois semaines. Ou alors il s’est passé un truc, je sais pas Elme et Nicolas ont du s’engueuler la derniere fois qu’ils ont joue a la belotte, parce qu’ils ont pas l’air trop-trop decides a cooperer ensemble pour le moment les deux loustics[4].

Quoi qu’il en soit, les imports en provenance du Luxembourg, pour le moment j’en ai pas vu passer trop-trop, meme pas des nains de jardin, et pourtant inutile de te dire que JE LES GUETTE. Singapour et la Malaisie, y en a deja plus, mais bon on peut pas vraiment dire que ce soit un flot irrepressible non plus. En plus ces cons de chargement ont autant d’esprit d’initiative qu’une groupe de pom pom girls issues de la meme sororite pour equipe de football americain : ils arrivent tous ensemble, au meme moment, sur le meme bateau souvent, et ils font la meme chose, toujours. Ca doit etre des chargements de blondes, c’est pas possible autrement. Evidemment les chargements de ton sempai sont pas plus futes et ils arrivent le meme jour aussi, et comme il a ete decide a l’unanimite moins une voix (la tienne) que tu serais l’assistante officieuse du sempai, ces jours-la quand t’as fini ton boulot et une infime partie du sien tu rentres chez toi vers les 21h30, en general pour decouvrir que Yumika a encore cuisine a l’ail et que ta chambre est desormais impregnee de cette bonne odeur, car la loi de Murphy est un peu farceuse comme ca. Par contre les jours ou les chargement arrivent PAS, connasses de blondasses, le sempai lui il trouve toujours a s’occuper jusqu’a 22h30 a l’aise, mais toi une fois passe l’etape du classement et le taquinage de donnees sur le site de armateurs, juste pour le fun et pour voir si saint Elme est pas en train de te preparer un coup de pute et de te foutre une semaine de retard non prevue du planning au cul du chargement du client qui pete les couilles du sempai depuis une semaine pour avoir ses tables a café Ikea, une fois donc ces rapides verifications effectuees, tu te rends compte que t’as pas grand-chose a bouiner. Echanger des mails d’insultes avec les branches americaines de ta boite au sujet de qui s’est plante en transmettant les donnees outre Pacifique, ca va bien deux minutes, mais tu finis par t’en lasser quand meme, et eux aussi d’ailleurs, ils repondent plus trop-trop, meme ceux de San Francisco qui sont pourtant une valeur sure quand il s’agit de monter au taquet et de s’engueuler un peu pour passer le temps.

Du coup, je me cultive un peu sur l’equivalent local de mappy.com, ca m’evite les questions embarrassantes comme la semaine derniere :

MOI : Chief Big Bear, qui s’occupe des Maldives?

LE CHEF : Suzuki-san.

MOI : Mais je croyais qu’elle faisait l’Asie du Sud?

LE CHEF : c’est precisement la raison pour laquelle elle fait les Maldives.

MOI : …

Et c’est la que tu realises, avec le meme sentiment de trahison que le jour ou lors d’un expose de geographie devant ta classe de seconde tu as decouvert qu’on ne disait pas succsurale mais succursale, c’est dans ces circonstances humiliantes donc que tu apprends que les Maldives et les Bahamas, ca n’a rien a voir.

Donc voila, je glande un peu sur l’ami glouglou, et maintenant ca deconne plus, je saiste placer Fos-Sur-Mer sur une carte de

Marseilles dis-donc. Vendredi dernier si tu veux tout savoir, quand j’ai commence a te parler de saint Nicolas et saint Elme (oui parce que mes notes des fois je les ecris sur plusieurs jours, tout ca pour que tu aies a te retenir de faire pipi encore plus longtemps, je me donne du mal pour toi quand meme), hier donc j’ai meme fait de la saint-thaumaturgie sur wikipedia, ah ca te la coupe hein? Maintenant je peux te dire que quand t’as la chiasse il faut mettre un cierge a sainte Barbe, et quand je dis lui mettre un cierge je ne veux pas dire dans son cul, hein, sinon pour le coup tu chopes le cholera direct.

Tiens au fait, cette parenthese sur les Maldives, ca me fait penser : je t’ai cause du sempai, mais pas encore de Chief Big Bear. Il faut savoir que mon chef, toujours celui qu’est assis a cote de moi hein, le meme qui le voit instantanement si d’aventure je vais trainer sur des blogs douteux comme celui de Max, fertiles en photos de nanas a poil et de photocopieuses lascives[5], eh ben son nom c’est Oh-kuma, ce qui veut dire en bon japonais des ecoles, Gros Ours. Ah ca claque hein. Quand le premier jour on te que ton patron s’appelle monsieur Gros Ours et que tu vas etre assise a cote de lui, inutile de te dire que tu prends TOUT DE SUITE de bonnes resolutions, a savoir 1)ne jamais oublier de mettre les chargements de nutella dans la pile a Yoshida, JAMAIS 2) ne pas te mettre les doigts dans le nez en sa presence.

Sauf qu’une fois que j’ai rencontre mon chef, je me suis rendu compte que la traduction la plus appropriee pour son nom serait sans doute non pas Gros Ours mais plutot Gros Nounours. J’ai jamais vu moins offensif comme chef, a vrai dire c’est une curiosite locale, les gens de la boite traverse des etages entiers pour venir le voir : malgre treize heures de travail quotidiennes et un chef de division allemand qui dechaine la fureur de Thor sur tout le batiment a la moindre erreur de calcul (il faut dire que la moindre erreur de calcul a ce niveau se solde par des pertes de milliers d’euros, et que les moindres erreurs de calcul ont tendance a se glisser un peu souvent dans le travail de monsieur Gros Ours), monsieur Gros Ours donc est capable de perdre passer 30 minutes a t’expliquer pourquoi alors que tu cliques sur le mulot de toutes tes forces t’arrives pas a ouvrir les donnees de ce putain de chargement de nutella en provenance de Singapour (j’espere que tu te rends compte que j’invente, et que tu n’imagines par serieusement que le Nutella est produit a Singapour. Tout le monde sait bien que c’est en Corse que le nutella est produit, ce qui explique la bataille d’interets politiques qui dechire ce pays depuis trop longtemps). En plus monsieur Gros Ours te donne des chewing-gums pour s’excuser de te faire rester tard quand il te refourgue une partie de son travail a faire. Inutile de te dire qu’il cesse rapidement de te faire peur, et que son nom ne parvient pas a faire illusion tres longtemps.

Ce qui est la raison pour laquelle “Monsieur Gros Ours” a assez rapidement degenere en “Chief Big Bear”, je crois d’ailleurs sincerement que je pourrais l’appeler ‘salut ma couille’ sans que cela n’elicite la moindre protestation. Mais j’ai pas de couille, et ‘salut mon ovaire’ je saispas le dire en japonais.  Nous avons donc echappe au pire.

Ah oui autrement, un truc auquel je pensais en me levant ce matin : avec le nom de Joaquin Phenix, on peut faire Joaquin Phenix ta mere. Mais je suppose que ca ne fait rire que moi.

Et pour conclure avec un peu d'érotisme (à cette heure-ci, on peut) :

photocopieuse

 


 

[1] Ou Joaquin Phenix ta photocopieuse, pour  ceux qui preferent, ca marche aussi

 

[2] Quoi tu n’as jamais entendu cette expression? T’as bien de la chance, ca veut dire que le Plume-Pudding ne fait pas partie de tes contacts MSN. Tu peux lui demander directement, il se fera une joie de t’expliquer. Lui ou l’ami glouglou.

 

[3] Centre Coulommiers, meme. Ah ben ouais je balance hein. Le SAV de la gnac de Coulommiers, c’est rien que des enculeurs de mamans, n’y va PAS ami lecteur.

 

[4] SI ce mot existe. C’est du breton, traite-moi de bouseuse si tu veux, j’m’en fous, t’es qu’un pokes dén d'abord.

 

[5] La photocopieuse c’etait une blague car je sais que ca t’excite, ami lecteur, c’etait pour faire de l’audimat, ou du lectomat si tu veux, chez Max. Comme je suis honnete, tu vois, je te le dis. Mais comme tu es encore plus pervers que je suis honnete, je suis sure que t’as direct clique sur le lien sans meme lire ma note jusqu’au bout, salaud d’ingrat. (Par contre pour les bonnes femmes a poil, c’est vrai. Ah ben y a plus personne… T’es parti ou, tous?)

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27 juillet 2007

soirée pétasse en solitaire

J'ai décidé d'en faire une toute seule ce soir sur mon blog, si je veux j'ai le droit, d'ailleurs Yumika s'est barrée à la version locale des vieilles charrues en laissant de la bière au frigo, j'ai loué deux épisodes de Prison Break avec plein de mâles en bleu de travail qui font des trous dans des murs et des cochonneries dans des galleries derrière des lavabos, j'ai le rimmel qui coule et mon pantalon de pyjama avec des trous sur les fesses pour se gratter sans effort, j'estime donc être dans l'état d'esprit optimal.
Par contre pour te faire partager ce grand moment, amie lectrice, j'avais pas le calendrier du 15 de France sous la main, alors je fais au mieux avec les moyens du bord.
Tu m'excuse mais mes moyens du bord c'est le photos de vacances de Charlotte, alors voilà.

hakone_pervers

Si tu te dis que j'ai vraiment des moyens de pauvre, déjà je te réponds direct que c'est pas très gentil pour Charlotte, mais autrement tu peux toujours m'envoyer le calendrier des dieux du stade, hein. Je le mettrai au-dessus de l'interphone, à côté de Chuin Chuin le panda qui se gratte les couilles et de Prince Edward, élu officiellement le chien le plus moche dans tout le RU, pour lequel on doit rendre grâce au goût très sûr de Milou.

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24 juillet 2007

débat de société

Ami lecteur, tu n’es pas sans savoir que quand les filles se rencontrent, elles causent de trucs de filles. Et dans les trucs de filles figurent paradoxalement les mecs.  En fait, les soirées pétasse servent parfois essentiellement a rhabiller pour l’hiver quelques mâles bien choisis, et si vous pensiez messieurs que parce que les filles font les niaises devant vous lorsque vous faites vos achats ensemble dans le but sournois de vous faire croire à leur fragilité et leur faiblesse de façon a vous faire porter les sacs, les filles sont incapables de se raconter les saloperies les plus dégueulasses, vous vous fourrez le doigt dans l’oeil jusqu’au trou de balle.

En effet, on fait difficilement pire qu’une nana avec le brushing qui se casse la gueule, le blush de travers, la cuiller pleine de glace haagen dasz dans une main et le verre de cocktail dans l’autre, le bord duquel verre lui a d’ailleurs bien étalé le gloss cerise conseillé par 20ans Magazine sur la figure, tout ça parce que Jeanine, qui reçoit, a lu dans Cosmopolitain qu’il fallait mettre du sucre sur le rebord des verres. Maintenant toutes les filles présentes ont la bouche encroûtée au Beghin Say, mais passé la cinquième Piña Colada t’en as plus rien à foutre, surtout que Jeanine a pas mis des doses de pédé question rhum. Et donc Jean-Pierre si tu croyais que par loyauté Mathilde n’allait pas raconter à ses copines que tu es un éjaculateur précoce, ce qui l’oblige à entretenir une relation coupable avec le pommeau de la douche, détrompe-toi. D’ailleurs de ton côté tu ne t’es pas privé pour faire savoir à tous tes copains a toi qu’elle ne suce pas très bien, alors bon.

Bref. C’était pour planter le décor pour ceux d’entre toi qui sont munis d’un pénis et n’ont jamais vraiment participé a une soirée pétasse (tu peux ne pas te sentir concerné, Charlotte), ça t’aidera à comprendre mieux certaines choses et notamment pourquoi la question qui revient systématiquement dès l’instant où je me trouve en présence d’une personne féminine ou approchant de nationalité non japonaise, et non résidente de ce pays, est la suivante :

Les mecs japonais, comparés aux mecs français, ils sont comment?

 
Oui bon je sais bien que le sexe c’est pas le sujet qui t’intéresse le plus, mais on ne peut pas non plus parler QUE de photocopies tout le temps, je te trouve un peu pervers, ami lecteur.

Adoncques.

En général cette question m’oblige tout d’abord à une embarrassante confession, bon on se connaît un peu, je m’en fous je le dis : je n’ai jamais entretenu de relation avec le moindre Francais me rendant apte à une comparaison de cette nature. Oui, ou dit différemment, je baise pas francophone, si tu veux. De ma vie. JAMAIS. Donc pour les Francais je sais pas trop. Par contre, PAR CONTRE, le Japonais, je connais. Mine de rien ca commence, hein.
Bon pour bien expliquer quelle est la différence, tu nous vois déjà bien partis, vu que je connais que 50% de l’équation, et encore. Alors plutôt que de confesser mon ignorance, car j’ai quand même ma fierté bordel de merde, je crois que je vais simplement te raconter une soirée romantique japonaise, et brièvement ses conséquences etalées sur les jours suivants.

Imagine-toi un samedi soir d’été, il est prévu d’aller à la fête d’anniversaire d’un ami, qui le fête sous les ponts d’un parc comme un clodo. Tu t’es donc enroulé dans ton plus beau Tshirt taché et dans ton jean qui craint le moins, et tu te sens sexy jusqu’au bout des ongles, que tu as sales d’ailleurs parce que tu as rempoté Salope avant de venir (elle va mieux d’ailleurs, elle a l’air d’aimer la nouvelle terre, c’est gentil de prendre des nouvelles).

19h10 : rv annoncé. J’arrive avec 15mn de retard et une fièvre de choual, je trouve que je me suis plutôt bien démerdée. J’attends donc au lieu de rendez-vous choisi avec soin pour sa vue imprenable sur la route à circulation en double file en face. Les effluves de graillon qui émanent du fast food pas loin ajoutent à la poésie de la scène, et pour allier le mélodieux au capiteux, une paire de Shibuya Pétasses qui se trouvent un peu loin de leur habitat naturel, car nous sommes a Ikebukuro Est, sont en train de se raconteur leur vie dans le dialecte qui est propre a cet échantillon spécifique de la population nippone – à savoir deux octaves plus haut que n’importe quelle femme normalement constituée, et avec un volume sonore à peu près équivalent au décollage d’une fusée ariane. On regrettait par ailleurs que leur puissant parfum ne parvienne hélas pas à masquer les relents de friture. En tous cas leurs piaillements te font immédiatement dégainer l’Ipod, et de désespoir, tu t’endors contre ton pilier avec Marilyn Manson a fond dans les oreilles, ce qui montre que, quand même, tu tiens pas la méga forme.

19h40 : Tu es réveillé par une main qui te fourrage dans les cheveux, et merde, ton brushing. Car oui Yasu vient d’arriver, et il faut savoir que Yasu appartient a la catégorie des hommes “kakkoi”. Kakkoi, au japon, ce n’est pas seulement un style; c’est une philosophie de vie. L’homme kakkoi a certes la mèche ébouriffée comme il faut, la chemise élégante mettant en valeur un torse élancé, la taille haute et la démarche nonchalante, mais ce n’est pas QUE ça. Non, être kakkoi ami lecteur, c’est avoir fait le choix des winners. Ca veut dire que tout te sourit, que les filles tombent devant toi comme mouches soumises à une attaque de gaz insecticide, que tu es un fils modèle, que tu as de bonnes notes à l’école, que tu as effectué minimum un an d’études aux US ou en Angleterre (l’Australie ça va aussi mais moins), et que tu es promis à un brillant avenir, de préférence dans une compagnie de finance internationale. Tu l’auras compris, la kakkoi attitude, si tu l’as tu l’as, et lui là il l’a (toutoudou toutoudou). Une traduction en francais du terme kakkoi (littéralement “de bon goût”) donnerait un Mec Cool, mais c’est réducteur[1]. Le Mec Cool, donc, ne t’embrasse pas dans la rue, il ne t’enlace pas non plus, c’est vulgaire. Le compromis s’avère être une espèce de flattage entre les oreilles qui n’est pas sans rappeler la récompense que les entraîneurs pour chien recommandent souvent de prodiguer a un cocker réceptif au principe du Pas Pipi sur le Paillasson.
Bon, t’en as vu d’autres, t’as bien remarqué que globalement au Japon les couples dans la rue ressemblent plus à un cortège funéraire qu’à une paire de joyeux lurons venant de baiser comme des lapins de garenne dans le love hotel le plus proche, tu relèves pas. Il est peut-être timide.
La conversation qui suit a lieu dans le train qui vous amène au parc Yoyogi :
LUI : ce soir le Japon joue contre l’Australie.
MOI : ils jouent à quoi?
LUI : à la coupe d’Asie.
MOI : La coupe d’Asie de quoi, de belotte?
LUI : Mais de foot, t’es pas au courant?
MOI : Non.
LUI : D’ailleurs regarde, on peut voir le match sur mon téléphone portable.
MOI : Donc tu vas regarder le match de ce soir pendant la fete d’anniversaire à Mi-kun?
LUI : Mais LE JAPON JOUE, je peux pas faire autrement!
(le Japon joue, il peut pas faire autrement. En tant que citoyen japonais, son devoir moral est de soutenir le Japon, d’ailleurs s’il ne regarde pas le match et qu’ils perdent, ce sera DE SA FAUTE. S’ils perdent alors qu’il regarde, ce sera de sa faute aussi. C’est sans doute qu’il n’a pas voulu qu’ils gagnent assez fort.) 

Nous arrivons ensuite au parc Yoyogi, dans lequel nous attend la joyeuse troupe de Mi-kun, une bande d’alcooliques effrénés composée essentiellement de gros tatoués tellement inoffensifs qu’ils se laisseraient braquer par une petite grand-mère armée d’ un sac à main en tapisserie. Il faut savoir que quand je dis gros, c’est le tatouage qui est gros. Le bonhomme lui question dimensions il se rapproche plus d’un poulet fraîchement plumé que de Schwarzie dans sa période Connard le Barbant. Ceux qui pour une raison étrange n’étaient pas tatoués s’étaient tous mis des trucs bizarres dans les oreilles, notamment l’ami Kai qui avait carrément pillé le garage de son grand-père cordonnier pour trouver des oeillères en métal. Tu l’auras compris, comme ça se trouvait, tout le groupe de l’autre jour avec les musiciens enculeurs de guitare avait ramené des copains. 

21h : debut des festivités. On démarre avec une espèce d’immonde schnaps de pêche à 50 degres qui n’est pas sans me rappeler simultanément le produit avec lequel on nettoie les pinceaux pleins de peinture à l’huile et mes pires moments de débauche en Allemagne.

21h10 : tout le monde est bourré.

21h15 : L’Australie marque. Yasu, qui se tenait en retrait dans un coin, pousse un hurlement comparable en douleur et en angoisse au cri de l’enfant qui se coince le zigouigoui dans le clapet de la cuvette des chiottes lors d’une première tentative de pipi en solo. 
Le dialogue suivant a lieu alors qu’en arrière-plan Mi-kun décide qu’est venu le moment idéal de tenter la culbute qu’il n’a jamais réussie pendant ses cours de gym du collégien, tout ça avec 5 grammes dans chaque bras.
YASU : Je comprends même pas pourquoi ils participent à la coupe d’Asie!
Ils ont même pas l’air asiatique ces cons, regarde!
MOI : Ben et alors? Moi non plus je suis pas asiatique et je vis au Japon je te signale.
LUI : Ouais mais toi tu joues pas au foot!
MOI : T’es un gros raciste Yasu.
LUI : Merci.
(c’est à peu près à ce moment que Mi-kun effectue une sorte de roulé-boulé-pané qui le laisse momentanément sans vie sur l’asphalte, événement qui coupe court au débat) 

22h : Tout le monde est bourré. J’apprends que Kai est un peu designer sur les bords et que IL SAIT COUDRE DES ROBES. Evidemment toi qu’as un penis, un mec qui sait coudre des robes ca te fait pas bander. Mais quand, comme moi, ca fait deux ans que tu te fais envoyer des soutiens-gorges de France par ta maman parce que ta taille n’existe pas au Japon, ou alors uniquement pour les infortunées atteintes d’obésité morbide, je te garantis que la perspective d’enfin arrêter de te rouler dans un rideau pour aller aux soirées mondaines te fait mouiller ta culotte.

22h15 : Tu réussis à extorquer à un Kai trop bourré pour s’en rendre compte la promesse qu’il te fera une robe. Bon, tu jettes un coup d’oeil à sa mise, les oeillères de métal dans les oreilles, les cheveux oxygénés, la chemise hawaïenne, le pantalon moulant qui laisse dépasser avec élégance une large mesure de caleçon vert fluo, et tu te dis qu’il va quand même falloir l’encadrer sérieusement si tu ne veux pas regretter ton rideau. Mais bon ça fait un moment que tu traînes avec Techno Boy, il en faut plus pour t’effrayer maintenant.

22h20 : Le Japon marque. Tu le sais car le même hurlement que précédemment retentit, mais avec une nuance plus joyeuse. Immédiatement après, Yasu arrive alors que tu es en train de promettre à Kai un dîner dans un bon restaurant français afin de le convaincre de te faire cette putain de robe. Kai a l’air tout à fait convaincu. C’est là que Yasu dans sa joie délirante en oublie un peu sa retenue de Mec Cool et te pelotte. La surprise et la bouteille de vin que tu tiens à la main sont deux facteurs handicapants qui t’empêchent de réagir.

22h20:05 : Kai te prend la bouteille de vin des mains et s’éloigne à grand pas à la poursuite d’une paire de sémillantes demoiselles qui passaient par là. Je ne sais pas si c’est le caleçon vert fluo ou le pinard, mais son charme n’a pas l’air de laisser les deux semillantes demoiselles de marbre, et ni lui ni la bouteille de vin ne réapparaîtront pendant les deux heures qui suivent.

22h30 : Tout le monde est bourré. Kouta, le batteur du groupe, est revenu avec un djembé qu’il te colle entre les… qu’il te colle. C’est là que tu te rends compte que ça a l’air d’un instrument de con le djembé, mais que finalement, tous ces jeunes désoeuvrés à qui il faudrait une bonne guerre et qui en attendant que ça arrive traînent avec leurs dreads dégueulasses et leurs espèces de parka pour l’été tissées main avec un motif afro mais en moche, ces jeunes dégénérés donc, ils ont un gros avantage sur toi : ils savent taper sur le djembé avec LES DEUX MAINS A LA FOIS. Cette révélation te consterne, et Kouta récupère rapidement l’instrument pour épargner les nerfs de tout le monde et ce qui te reste de fierté.

22h40 : LE JAPON A GAGNE, essentiellement grâce aux conditions climatiques de l’été vietnamien, extrêmement lourd et humide, et difficilement supportables pour l’équipe australienne. Qu’importe. La terre d’Asie a protégé ses vrais représentants. Yasu est euphorique. Il décide de fêter l’événement en rentrant chez lui.

22h42 : Tout le monde est bourré. J’explique à Yasu que décidément faut quand même pas pousser mémé dans les orties, et que pompon sur la Garonne, tout est fini entre nous, même si y avait pas grand-chose de commencé.

 22h43 : Yasu m’explique qu’il donne son maximum pour moi. Ca me fait rigoler, alors il démontre son point de vue ; tiens par exemple, ce soir il est venu pour moi, pour me voir, ALORS QUE LE JAPON JOUAIT. La conversation qui suit prend alors place, avec pour arrière-plan Ami, la bonne copine de Yasu, qui victime de l’effet pernicieux du schnaps tente de vomir ses tripes dans le bassin au-dessus de ces connes de carpes japonaises obèses qui se massent la bouche grande ouverte, confiantes en la bienveillance des promeneurs qui d’habitude leur donnent de bonnes choses a manger au lieu de leur vomir sur la tête. Ca donnait à peu près ça :

truites_bouche_ouverte

YASU (l’incompréhension du mâle face à la difficulté de la psychologie féminine) : mais on s’amuse bien ensemble non ?
MOI : Quand on se voit. Deux fois par mois. Ce qui est une honorable moyenne était donné qu’on est voisins et que tu es en dernière année de fac
[2].
LUI : Mais on se parle sur MSN!
MOI : Donc si je comprends bien se raconter des blagues de cul deux fois par semaine sur MSN correspond à l'idée que tu te fais de la satisfaction féminine.
AMI : Beuuuurgl
MOI : Ami ça va?
AMI : Roirk
MOI : Attend t’as pas l’air bien là, viens on t’emmène aux chiottes
AMI : chpeux pas marcheeeer….
MOI : Monte sur mon dos!
(chargement pénible d’Ami sur mes reins moyennement musclés) Yasu casse-toi casse-toi elle va me vomir dessus! (Yasu s’écarte, s’ensuit une course effrénée jusqu’aux toilettes. Je descends Ami dans une stalle et la laisse à quatre pattes, émerveillée devant la propreté toute relative de ce qui est pourtant un siège de chiottes de parc public. C’est à ce moment-la que Yasu arrive avec une bouteille de thé pour sa copine. La conversation suivant a donc lieu avec en arrière-plan le spectacle enchanteur des toilettes publiques du parc Yoyogi, et en bande sonore les remontées gazeuses d’Ami qui se force consciencieusement à vomir tout ce qu’elle a ingurgité la semaine passée).
MOI : Non mais j’en ai marre, pis c’est tout.
LUI : On en reparle lundi?
MOI : quoi lundi? Et pourquoi lundi, qu’est ce qui va changer lundi?
AMI : J’y arrive paaaaas
MOI : Allez courage, c’est bien comme ca Ami, continue, colle-toi deux doigts dans la gorge si ca remonte pas!
YASU : Non mais pas ici devant tout le monde
MOI : Mais elle est dans ses chiottes qu’est-ce que tu racontes
YASU : non NOUS on va pas parler de ça ici devant tout le monde!
MOI :  Mais personne ne nous entend, d’ailleurs tout le monde est bourré!
AMI : Ca sort vraiment pas!
YASU : Tu veux du thé?
MOI : LES DOIGTS AMI LES DOIGTS BON DIEU! Pourquoi lundi? 

23h00 : Yasu et moi cherchons à nous occuper en attendant Ami. Nous nous rendons rapidement compte qu’a part s’engueuler, solution déjà largement exploitée, et un scrabble, qu’aucun de nous deux n’a pensé à apporter, il n’y a qu’une seule autre solution.

23h15 : Ami, dans un triomphant borborygme final qui n’est pas sans rappeler les plus grands moments d’un opéra de Wagner, signifie a la planète entière son bonheur d’avoir enfin désencombré son corps des substances nocives ingurgitées auparavant, surtout l’alcool à brûler. Il s’agit maintenant de prendre l’air innocent quand elle sortira de là. Tu te rends rapidement compte que c’était complètement pas la peine, rien qu’a voir son regard glauque, il paraît évident que la vue du prince Charles en train de se taper une statue équestre de la garde républicaine n’aurait probablement même pas allumé une lueur de surprise concupiscente dans son oeil atone.

23h30 : tu finis par jeter Ami et Yasu dans un taxi et par te jeter à leur suite afin d’effectuer un regroupement autour d’un seau chez toi, et de passer une agréable soirée gerbe/doliprane. Par la lunette arrière tu aperçois Kai qui te fait des gestes de bras confus qui peuvent signifier, au choix “je t’appelle” ou “ta mère en string devant le prisu”.

00:15 : Ami est au lit (TON lit) avec un seau disposé dans le périmètre de sécurité réglementaire, il te paraît donc raisonnable d’espérer qu’elle n’aura pas vomi partout quand tu seras sorti de la douche, et tu t’offres donc un décrassage bien mérité. La même idée étant venue à Yasu au même moment, une recontre fortuite s'ensuit. Mais avant que tu commences à t'imaginer la scène, je te dis tout de suite que ma salle de bains est de dimensions japonaises avec un miroir sale, du savon pour pieds secs, un seau en plastique et des culottes-parachutes qui sèchent au-dessus de la baignoire.

01h15 : La fièvre de choual du début se fait a nouveau pernicieusement sentir, et tu t’évanouis sur ton plumard dans les secondes qui suivent ta sortie de la salle de bains.

11h le lendemain matin : Réveil pénible, tu te sens fraîche comme une tartine de rillettes bordeau chesnel oubliée trois jours sous la véranda en août. Ami n’a pas gerbé, ce qui est une bonne nouvelle. Par contre tu aurais aimé ne pas être accueilli lors de ton retour au monde des vivants par la vision de son entrejambe, généreusement exposé par une minijupe troussée et une culotte bizarrement conçue dont le tissu semble recouvrir tous les endroits que la pudeur recommande de cacher à l’aide de ce type de vêtement, sauf CET ENDROIT LA précisément, que le sens commun désignerait pourtant comme la top priorite. Tu détournes le regard, ce qui te fait embrasser la pièce et découvrir du même coup que Yasu a profité de la nuit pour se barrer. Y paraît qu’il t’a réveillée pour t’en avertir mais avec tes cinq grammes dans chaque bras et ta poignée de degrés en trop dans le mercure, t’as du mal à t’en rappeler. 

20h30, le lundi suivant : fin des explications amorcées sans aucune classe main dans le slip derrière les chiottes du parc Yoyogi. Yasu est quand même drôlement surpris que malgré sa kakkoi attitude, la discussion soit menée a son terme. Lui il devait croire que tu disais ça pour rigoler. 

En conclusion donc Mesdames et demoiselles, en réponse a la question “quelle est la principale différence entre un Japonais et un Francais” : absolument rien.

 


 

[1] Dans certaines circonstances, la traduction Minet à la Mèche s’avère plus proche du sens d’origine

 

[2] Au Japon, la derniere annee de fac correspond a ce qui est connu sous l’appellation “annee sabbatique” en
France. Les profs sont emerveilles quand d’aventure un etudiant se fourvoie dans une salle de cours alors qu’un cours y a lieu, et d’une maniere generale les etudiants, qui ont trouve un travail pour l’annee suivante et voient donc leur avenir assure, s’adonnent avec passion a la seule activite qui leur semble digne d’interet a ce moment de leur vie : boire.

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11 juillet 2007

De la Politique du photocopieur

(Amelie Nothomb aurait pu penser à ce titre, ça déchire son cousin l'archevêque de se dire ça quand même : AMELIE NOTHOMB ET MOI ON AURAIT PU AVOIR LA MEME IDEE. Ben puisque je te le dis.)

En ce moment dans ma vie ami lecteur y se passe pas grand-chose à part des cuites memorables en compagnie de gens agréable de ramage tout autant que de plumage, dans des bars au décor de mille et une nuits dont même un petit balcon, tout ça au-dessus d’une ruelle typique nippone enguirlandée de fleurs pour célébrer le Festival des Etoiles[1].

Mais je sens bien que ce n’est pas ce qui t’intéresse, ami lecteur. Si je te parle des live houses du Shinjuku interlope, là ou je vais regarder de jeunes éphèbes Rock’n’Roll se déhancher derrière une guitare qui aimerait sûrement avoir la parole pour dénoncer des abus sexuels manifestes, je sens que tout ça va t’ennuyer. Du coup je vais pas non plus rentrer dans les détails des beuveries qui s’ensuivent dans la live house jusqu’ à des heures indues en compagnie des éphèbes susmentionnés, là aussi je sais bien que tu vas te faire chier.

Très bien, puisque c’est comme ça, je vais te parler de ce qui te fait frétiller.
Je vais te parler de photocopies.[2] 
Parce que faut pas croire, ami lecteur, mais c’est une vraie responsabilité politico-culturelle cette connerie. Chez nous, les Maitres de l’Univers du homard canadien surgelé et du container en plate-forme qui se charge par le dessus, un acte aussi anodin que le classage d’une photocopie peut générer un conflit politique. Car oui, dans mon nouveau boulot j’évolue dans les hautes spheres du pouvoir.
AH.
Je sens le doute qui ta bite. Très bien je sens qu'il va falloir un exemple, je donne donc un exemple :
Ce matin encore, j’ai fait de la politique européenne. SI C'EST VRAI. Parce que figure-toi que lorsque je trie en faisant clac clac, je me base sur une liste de gens et de pays pour attributer sa tâche quotidienne à chacun. Exemple : Yamada c’est la Suisse, SAUF LE NUTELLA CA C’EST YOSHIDA, si tu te plantes ta carrière est foutue, on t’a bien dit, fais gaffe un peu merde. Eh ben ce matin on a un chargement qu'est arrivé de Turquie, je savais même pas qu'ils exportaient ces cons-là. Comme il s'agissait d'un cas de jurisprudence, je savais pas très bien à qui attribuer le pays. Eh ben tac, ça n'a fait ni une ni deusse, je te m'ai collé la Turquie dans le tas du mec qui fait les imports de l’UE, ouais comme ca. Comme je te parle, la, eh ben je viens de poser un acte politique.

Enfin n’y vois pas non plus une prise de position catégorique, ami lecteur, mais plutôt un rapport direct de cause à effet entre la longueur de mon bras et la disposition de mon bureau. Je vais te dire, le tas de l’Europe était plus près que celui du Proche-Orient, je crois en l’effort minimum et c’est le seul credo que je sois en mesure d’invoquer pour justifier ce choix audacieux.

Quand on voit à quoi ce genre de décision tient, ca fait réfléchir ami lecteur. Si ça se trouve à Bruxelles ils ont les bras un peu courts. Enfin j'dis ça j'dis rien.

Tiens un autre exemple de mon influence rampante qui m’amènera un jour à la croquette du monde : on se rappelle tous qu’il était question que je gère la doc d’importation de UN pays pour moi toute seule. Eh ben mon cochon, j’en ai eu trois. Eh ouais. TROIS. (3). (III), même. Et pas des pays de pédé attend, tu vas voir un peu. Allez je fais pas durer le suce-Spencer plus longtemps, je vais te donner le noms des vainqueurs : (nous allons faire appel à Annie Poirel pour agrémenter l'interlude qui suit)

annie_poirel
Toudoudoum toudoudoum toudoudoum

Le Luxembourg!

Toudoudoum Toudoudoum Toudoudoum

La Malaisie!

Et notre concurrent complémentaire :

Toudoudoum… Bon ok arrête ça Annie tu fatigues tout le monde

Singapour!

Bon c’est vrai que du coup l’argument de la coke et du café marche plus trop, je sens que pour tenir Mogador ca va devenir nettement plus dur. Par contre si t’as une collection de nains de jardins, FAIS GAFFE A TA BOUCHE parce que SI JE VEUX, jamais tu termineras la famille des sept nains avec Blanche Neige qui prend son pied en astiquant la bassinoire dans la verrière au fond du potager t’entends?

Voilà. A part ca mes collègues bossent jusqu’à 21h tous les jours, y paraît que bientôt ce sera mon tour. Enfin pour le moment c’est surtout de grandes plages d’ennui entre de brèves sessions de claquage de document avec du latex sur le doigt… Mais on a déjà causé du douloureux problème des stations de travail à la japonaise, inutile donc de répondre a ceux d’entre toi qui me demandent ce que je branle au lieu d’en profiter pour aller faire grimper leurs statistiques lectoriales (c’est un mot si je veux) que si je fais ca, et je pense surtout à ceux d’entre toi qui postent des photos de fesses, de strings et de femmes à la vertu de dimension comparable au mini-maillot de bain qui fait semblant de leur cacher les tetons et ce que nous amis allemands nomment pudiquement la Bikini-Zone, eh ben si j’ouvre ce genre de page web, mon chef le voit tout de suite, et mon sempai une micro-seconde après vu qu’à peu près tout le bureau a une vue imprenable sur mon écran. Tiens là pour écrire par exemple j’ai pris une police minuscule et je suis en train de faire semblant de prendre des notes sur ce que le sempai m’a expliqué dans la journée, pour toi donc ami lecteur, pour TOI je suis en train de a) me faire saigner les yeux et b) passer pour une demeurée qui a besoin prendre des notes pour se rappeler du moindre truc, et qui se colle probablement un post-it sur le poignet avec un plan pour retrouver le chemin des chiottes.

Voilà je cherche un truc intelligent à dire pour terminer là, mais je trouve pas.

Je crois que c’était tout pour aujourd’hui.

 

Ah si : mangez des pommmmmmes.


 

[1] Le festival est a la culture du travail japonaise ce que la greve est a la culture du travail francaise. Nos amis nippons totalisent le plus grand nombre de jours feries au monde, durant lesquels on est suppose ne pas se rendre au bureau afin de consacrer la journee a rendre un homage bien merite a la divinite Shinto du jour. Mon prefere : le festival des plantes. C’est tout. Ya un jour ferie c’est le festival des plantes, point barre. Le jour du festival des Plantes si t’as envie t’as toute la journee pour exprimer ta reconnaissance sans bornes a Gaspard le Geranium qui te procure oxygene et agrement sur ton balcon. J’attends le jour du Vert pour astiquer les feuilles de Salope, la plante de compagnie que Charlotte m’a confiee a son depart. Les granules dans le pot de Salope commencent a moisir d’ailleurs, c’est normal ca Charlotte? Faut les enlever? Je crois que la moisissure commence a gagner le pied de ta copine donc je m’inquiete un peu.

 

[2] Je t’ai drolement bien cerne quand meme non.

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28 juin 2007

Pendant ce temps-la. a Veracruz…

(Voila je l’ai faite, maintenant on n’en parle plus)

 

Alors la ami lecteur, je tiens a signaler immediatement a ceux d’entre toi qui me prennent pour une salope d’ingrate que je suis en train de RISQUER MON BOULOT pour toi. 

Oui parce que mine de rien, la c’est de ma station a mon nouveau taff que j’ai que j’ecris ces mots qui defilent a present sous tes yeux humides de reconnaissance, de conjonctivite, on simplement de gueule de bois pour ceux d’entre toi qui ont encore ete picoler au PMU du coin en sortant du boulot hier, meme que leur cheval a perdu, faut dire aussi, pour parier sur un bourrin qui s”appelle Mouillette de la Pampa, faut etre un peu con, si tu me permettez.

Adoncques.

Mon nouveau taff que j’ai est situe dans une boite qu’elle est grosse, laquelle boite ne m’aurait probablement jamais engagee s’ils ne s’etaient pas trouves en pleine expansion et contraints de prendre ce qui se presentait, en l’occurence moi, qui n’etais pourtant pas le choix le plus evident car a) je touche pas une bille rayon logistique et b) je suis a peine en mesure de dechiffrer peniblement le titre des manuels en japonais prevus a l’effet des gens qui ne touchent pas une bille comme moi, car je le rappelle pour ceux qui ne suivent pas, JE PARLE LE JAPONAIS MAIS JE NE LE LIS PAS. Bon sauf a la rigueur le blog a Kochan, qui est d’une rafraichissante simplicite puisque la note moyenne chez lui ne depasse pas  les trois lignes, suivies en general d’une photo de panda, ou alors quand il s’agit de se raconter des blagues de cul sur MSN avec Yasu, la bizarrement je maitrise a fond les kanjis, mais connaitre 4 mots differents pour dire “bite” ne m’apporte qu’une aide mitigee dans le domaine professionnel -du moins dans celui que j’ambitionne. J’entends donc deja les plus devoyes d’entre toi dire que si je touche pas une bille en logistique et qu’on m’a engagee quand meme, c’est surement parce que j’ai en revanche un peu touché celles du directeur. Je t’arrete tout de suite : j’ai garde ma culotte a tous les entretiens,. TOUS que je te dis. Et avec mes mains je prenais des notes, alors range ca.

Pour te situer le theatre des operations, deja mon taff de maintenant la boite elle a PLUSIEURS ETAGES. Han. Je rencontre des gens dans l’escalier tous les jours, je sais jamais d’ou ils viennent  ni ou ils vont, ils entrent et sortent de ma vie comme ca, c’est l’aventure a chaque detour de couloir. Pour l’instant je guette Takeshi Kaneshiro mais je l’ai pas encore vu, je te tiens au courant, on sait jamais.

Dans le 4eme des plusieurs etages de ma boite, ya le department ou c’est que je bosse. Evidemment les stations de travail japonaises t’offrant le meme niveau d’intimite qu’un sauna de piscine nudiste en Allemagne de l’Est, inutile de te dire que si t’avais contracte la mauvaise habitude de te gratter le cul ou de te curer le nez au boulot, t’as interet a desapprendre TOUT DE SUITE, parce que mine de rien t’as une periode d’essai de 6 mois et que t’as pas envie de te faire virer avec sur ta lettre de recommandation le motif “etale les bacteries issues de sa flore intestinale sur les documents de la division”. Je suis assise en face de mon chef, la cloison qui nous separe est de l’epaisseur du string de Paris Hilton, et malgre le fait qu’au niveau taille je suis naturellement petite et lui naturellement japonais, la hauteur de ladite cloison est si ridicule qu’on peut quand meme se faire les yeux doux par-dessus. Nul besoin des lors de te preciser que la pensee qui me tourne en boucle dans la tete a longueur de journee est DECONNE PAS METS PAS TES DOIGTS DANS TON NEZ. J’aurais du ecouter maman quand j’etais petite et prendre cette bonne habitude des le depart.

Pour le moment ca fait une semaine que je travaille, et je decouvre les aspects les plus excitants de la vie de salary man.

Le premier aspect excitant du matin, je te le donne en mille ami lecteur, c’est ca :[1]

train_bonde

Tu enleves les gens, le trajet jusqu’a la boite prend 30 mn, porte a porte.

Tu remets les gens, t’en as pour 50 mn, vu que tu peux jamais monter dans le premier train sans risquer de provoquer la mort par asphyxie de la pauvre fille pressee contre la vitre de l’autre cote de la rame, ou bien de perir toi-meme dans un horrible accident de nez coince dans la porte, voire de bite coincee dans la porte si t’es un homme. A ce sujet, quand t’es une fille t’as dla chance dans ton malheur parce que t’as le droit de monter dans les wagons *pour les filles* ou les pervers ne peuvent pas te toucher le cul, ou alors c’est qu’il s’agit de ta copine Simone alors ca va. Et crois-moi crois-moi pas, les wagons mixtes sont deux fois plus bondes. Je suppose que les mecs montent dans les filets a bagages, ou alors qu’on commence a les installer en couches horizontals, un peu comme le tiramisu.

Ma journee demarre donc avec un leger parfum de deportation qui me fait toujours guetter les noms de gares avec apprehension, des fois que ca commencerait a prendre des consonnances germaniques. 

Y a encore tout plein d’aspects sympa dans la matinee comme la sacro-sainte etape du classage de documents, mon sempai Fukumoto m’a montre comment faire avec une nonchalance et une classe qui denotent d’une grande familiarite avec le sujet, il s’est mis un bout de latex sur le doigt qui faisait clac clac lors qu’il faisait defiler les feuilles a la vitesse de la lumiere, ca laisse un peu reveuse je te le cache pas, maintenant du coup je m’en mets aussi pour voir si ca fait le meme effet.

Dans le cadre de ces nouvelles fonctions, quand tu arrives le matin et que tu vois 300 feuilles de documents de transport qui te guettent narquoisement tapies dans le tiroir de sortie de la photocopieuse, tu sais deja que tu vas passer la matinee a repartir ces documents en petites piles nominatives avant de les remettres aux collegues qui eux savant quoi faire avec (toi tu es le dernier arrive, donc tu sais pas, pour l’instant tes competences se limitent a faire des petites piles de documents, et a la rigueur a les photocopier). Mais sempai Fukumoto m’a dument chapitree : lui aussi il est passé par cette etape, c’est vital pour apprendre le boulot. VITAL on te dit. Si tu saispas que Yamada-san gere toute la documentation en provenance de Suisse sauf le nutella, ca c’est Yoshida-san, t’es grille dans le milieu de la logistique. A VIE. Donc tu l'as compris, je trie de toutes mes forces.

D’ailleurs je t’annonce que je commence a maitriser le sujet et que maintenant je suis passee a DEUX bouts de latex, un sur chaque main. Ca y est, j’ai moi aussi la classe et le glamour de sempai Fukumoto, sauf que j’arrive moins bien a faire clac clac, mais bon il a 4 mois d’entrainement de plus que moi, aussi (oui parce qu’on a refile la supervision de ma formation au dernier arrive, qui n’a pas ose protester quand on lui a dit “Fukumoto, a partir de maintenant c’est toi qui te tape d’expliquer les details comme le coup du container plat avec des bords qui se remplit par le toit a la nouvelle”. Ca fait que quand je lui pose une question, en general l’information emprunte le chemin suivant : question de moi a Fukumoto, temps de reflexion, question de Fukumoto au chef, reponse du chef a Fukumoto, reponse de Fukumoto a moi. Ceci est une representation du concept de gain de temps visualise a la nippone). Enfin bref revenons a nos bouts de latex, tout ca c’est pour te dire que je suis quand meme passee au niveau superieur, et que je cherche toujours la porte secrete qui te fait directement acceder au niveau 5 (la sortie du monde “classage”), si je la trouve je te tiens au courant, y a un boss devant je crois alors c’est pas gagne.

Parlant de boss, celui de ma division (import maritime, ce qui explique ma tournee des offices de douanes du Tokyo interlope avec mon collegue Nama-chan, celui qui cause pas mais qu’est gentil, on reviendra plus tard sur nos aventures portulaires si ca te fait rien parce que la moitie d’entre toi s’est deja cassee ou alors a fini par se faire pipi dessus a force de se retenir, je vais pas te garder beaucoup plus longtemps parce que je sais bien qu’avec ta capacite de concentration de poisson rouge t’as eu le temps de faire le tour du bocal trois fois depuis le debut de cette note et que t’as deja oublie de quoi ca parlait au depart, et de toutes facons qu’est-ce que tu foutais sur cette page web deja? Ah oui tu as fait une recherche dans la section ‘brico jardin’ pour trouver des idees pour le mausolee de ta perruche), le boss de ma division donc (je te jure, remonte au debut de la phrase tu verras qu”elle a un sens) est allemand. Je sais pas, ca fait mon troisieme, je suis placee sous le signe de l’autorite allemande on dirait. Ca en plus du train bonde le matin, ca finit par me donner de vagues apprehensions. En tous cas, en attendant le jour ou on me proposera une douche et ou je commencerai franchement a me mefier, l’autorite allemande me sauve : comme entre gaijins on est solidaires tels les doigts fraichement sortis du cul, il a un peu remonte les bretelles de mon boss (les chefs allemands adorent remonter les bretelles des boss japonais) en lui expliquant que plutot que de me faire trier en esperant que la science se transfuse des documents a moi par contact cutane[2], ce serait mieux de me confier les imports d’un petit pays a gerer pour que j’apprenne toute seule. Un petit pays on a dit, surement en Amerique Centrale ou du Sud, va pas non plus m’imaginer en train de m’occuper de tes baskets nike qui transitent par Hong Kong. Je t’informe quand meme que maintenant ca suffit de charier et de se moquer de ma banniere ami lecteur, parce que bientot je gererai la documentation des imports en provenance d’un Etat tout entier pour moi toute seule, et que SI JE VEUX T’AURAS PLUS JAMAIS NI DE CAFÉ NI DE COKE.
Alors poupougne.
Enfin bon ne t’emballe pas quand meme hein, je te vois déjà en train de m'imaginer en tailleur qui boudine pas, sautant dans l’avion pour aller negocier directement les affaires a Veracruz. N’oublie pas quand même que mon job c’est de classer, d’ailleurs je parle pas le Spingouin je te ferai dire, et les tailleurs qui boudinent pas ça existe pas sauf si tu fais du 36, et là j'appelle ça de la triche. 
Non je prefere prevenir parce que j’en voyais deja certains qui commencaient a avoir une erection en imaginant toutes les blagues a base de “pendant ce temps-la, a
Veracruz…”.
Parce que ca se trouve ce sera pas le Mexique non plus, hein.
PETIT on a dit le pays. Et alors le temps que je prenne du galon faudra que tu trouves autre chose pour faire le mariole, comme les histoires de billes par exemple. C’est bien ca les histoires de billes non. 


 

[1] La photo est pas de moi, je l’ai chopée sur le ternet je sais plus où, j’espère que son propriétaire voudra pas me faire un procès. Non je sais pas pour toi ami lecteur, mais moi j’ai pas les couilles de prendre narquoisement et sous leur nez la photo de gens avec lesquels je vais passer les 15 minutes suivantes dans une promiscuité confinant à l’asphyxie. Un accident est vite arrivé, et dans les galleries du métro personne ne t’entend crier je te signale.

 

[2] Je tiens a preciser que je suis d’une mauvaise foi absolue en tenant ces propos, car sempai Fukumoto fait bien plus que d’esperer que la science m’infuse en passant par mes doigts et le bout de latex. En effet, il se casse honnetement la binette tous les jours a me faire un cours sur les incoterms et autres joyeusetes, EN JAPONAIS parce qu’il ne parle que ca, et il me fait plein de petits dessins pour que je comprenne vu que bizarrement master bill of lading et ses equivalents nippons ne font pas trop partie des expressions japonaises que je maitrise afin de les replacer dans un cocktail mondain. Mais bon l’image du contact cutane me faisait bien rire, je t’imaginais deja te torcher avec tes cours en periode de partiels dans le farouche espoir que le transfert s’opere plus rapidement en cas d’application directe sur les muqueuses.

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21 juin 2007

Je suis pas mort

Ce premier constat étant posé, j'imagine que tout le monde est rassuré, surtout ceux d'entre toi à qui je dois de l'argent.
Pour la suite, il faudra attendre que :
1- dans mon nouveau taff que j'ai, on arrête de m'envoyer faire la tournée des entrepôts du port avec le seul mec du bureau qu'est aussi causant qu'une huitre morte. En plus même pas on s'arrête pour faire un bistrot ou deux entre deux ordres de livraison, quand on a du temps en rab IL RETOURNE A L'ENTREPOT VERIFIER LA DOC, ce con.
2 - La loose sentimentale (attiré par les étoiles les voiles) qui se déchaîne autour de moi comme fliquette sur fuego garée en double file un jour de marché (Charlotte, si tu nous regardes), c'est à dire que mes amis arrêtent un peu de se plaquer les uns les autres, de rencontrer d'anciennes amours dans le métro et de s'imaginer immédiatement enceintes par la vertu de leurs regards croisés, que mes ex arrêtent de se remaquer alors que je suis TOUJOURS SEULE, un peu de décence bordel de merde, et que les homme japonais soient un peu plus prévoyants et arrêtent de quitter deux semaine avant le départ annoncé leur copine française qui a tout plaqué pour venir étudier au Japon et être près d'eux, parce que quand la copine elle débarque à Tokyo, c'est pas le copain qui s'en lave les mimines qui la récupère en paquet sanglottant sur l'épaule je leur ferais dire, mais là je crois que j'en demande un peu trop à l'homme japonais.

En plus je viens de me rendre compte qu'il faut que je passe l'aspirateur derrière la machine à laver parce que y a des tas de trucs bizarres là-derrière.
Un jour je te mettrai une photo de ma machine à laver, tu vas rigoler. Pour te mettre en bouche, je te dis que c'est Yumika qui l'a achetée avant que j'arrive et que l'empêche de commerttre l'irréparable. Notre machine est d'un esthétisme novateur, elle te chante la chanson du sakura en fleur, essore en 25 langues, elle fait tout sauf laver bien sûr, une fonction qu'elle prétend remplir à l'eau froide, même que sous le programme le plus violent  ("programme un peu ferme" dans le texte) tu pourrais mettre un chaton avec cinq kilos de briques dans la machine, et récupérer l'animal sans une égratignure mais un peu noyé si tu n'as pas pensé au masque de plongée et à la bouteille d'oxygène.

Donc je m'excuse ami lecteur, j'ai du bordel qu'il faut que je m'en occupe. Ensuite je ferai un sort au 55 commentaires qui attendent dans la note d'avant.

Et pis j'ai failli oublier la photo qu'a rien à voir dis-donc.

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Les japonais sont remarquablement décomplexés quand il s'agit d'écrire en anglais.

Posté par MeryllB à 16:24 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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