The Truffe Diaries

10 janvier 2012

Le Protocole des Gogues

Ami lecteur, cette semaine je te reviens avec du croustillant, du lourd, de l’odorant même : du sujet de fond de slip de société comme jamais tu n’avais espéré en lire sur ce blog éducatif.

Je viens de toucher du doigt (avec un certain dégoût, je me suis lavé les mains après) un clivage homme / femme qui avait jusqu’alors échappé à mon esprit sagace.

En effet, je n’avais jamais intégré la différence fondamentale que je m’en vais t’expliquer.

 

Attention, *mise en situation* :

Un vendredi soir, à l’entreprise. Dernière ligne droite avant de mettre les bouts.
Je me retire dans le lieu d’aisance afin d’opérer un drainage discret. Je sors du lieu d’aisance, me lave les mains au lavabo conçu pour. A ce moment entre le fils du patron. A toutes fins utiles, je précise que dans ma PME, il y a une salle de toilettes par étage. Laquelle est composée, le détail va prendre son importance dans deux secondes, d’une stalle fermée (que j'utilise pour des raisons physiques manifestes) et d’une pissotière (que je n'utilise pas pour les mêmes raisons), laquelle est située juste à côté du lavabo. Il est convenu que la présence de la pissotière rend les toilettes sexuée, à l’usage des détenteurs d’un chromosome Y. A mon arrivée dans l’entreprise, lorsque j’ai découvert simultanément que j’étais la seule femme de mon bureau, et que les toilettes pour femmes se trouvaient au cinquième étage, soit deux étages plus haut, j’ai immédiatement demandé la permission d’utiliser l’équipement présent à mon étage en feignant hypocritement de craindre pour ma productivité. La permission me fut accordée, sous réserve, me dit-on, que ça ne me gêne pas d’utiliser les mêmes toilettes que les hommes. L’odeur ne risquait-elle pas de m’incommoder, me demanda-t-on avec sollicitude. Je répondis avec franchise que non, et l’affaire fut entendue.
Pour éviter à mes collègues masculins l’embarras de se faire surprendre le pantalon sur les chevilles, je mis en place un système simple mais rusé : électricité allumée = toilettes occupées. Retour à la case départ, ne touche pas la chasse d’eau. Electricité éteinte = la voie est libre, sus aux cagoinsses.
Grâce à cet expédient, je ne croisais jamais mes collègues dans les chiottes et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Jusqu’à ce vendredi soir fatidique, donc.

Le fils du patron entra. Me vit, se figea l’espace d’un instant, puis continua son chemin jusqu’à la pissotière à mon côté. Je pris cela pour une provocation car il me semble entendu que, lorsque des toilettes à une seule place sont manifestement en cours d’utilisation, il est de bon ton d’attendre dehors plutôt que de venir envahir l’espace personnel de l'utilisateur. Lorsque je signalai aimablement qu’il aurait été bien urbain d’attendre mon départ pour tomber le caleçon, il me fit remarquer avec une logique irréprochable que si ça ne me plaisait pas, je n’avais qu’à utiliser les toilettes des femmes.

C’est là que dans un éclair, j’entrevis la réalité.

Attention, *révélation* :

La femme fait pipi avec la porte fermée, les genoux serrés et le minimum de bruit possible. Le consensus social est qu’il ne fait pas que sa copine Maiwenn vienne lui parler à travers la porte pendant cette opération délicate, et qu’il faut feindre d’ignorer les bruits disgracieux.

L’homme s’égoutte l’outil tranquillement en parlant de la pluie, du beau temps et du baseball avec son copain Tanaka de la compta. Le consensus social se réduit à essayer de ne pas s’égoutter sur les chaussures de son voisin. Il n’est pas exclu qu’une salve gazeuse soit accueillie par quelques « hur hur hur » joviaux.

Je n'avais donc pas affaire à une déclaration de guerre, mais à un différence de perception radicale entre les hommes et les femmes.
Pour tester cette théorie audacieuse, je décidai de faire un mini-sondage.

La question a été la même pour tous les sondés : « quand tu es un homme et que tu sais qu’il y a UNE SEULE pissotière à disposition, si les toilettes sont occupées, tu rentres quand même ?
Je te livre les résultats.


Attention, *enquête sociale* :

ORIGAMI, Française (échantillon-témoin féminin)
« Sûrement pas, c’est de la provocation, il cherche à t’humilier. »
JANO, Français (pratique)
« ben oui, les hommes ça les gêne pas. Faut s’habituer si tu veux utiliser les mêmes toilettes qu’eux. »
DAS, Japonais (conventionnel)
«  ben oui, les hommes ça les gêne pas. Mais pourquoi tu utilises les toilettes des hommes, quelle drôle d’idée ? »
PAPA, Français (sociologue)
«  ben oui, les hommes ça les gêne pas. Tu sais à Rome, dans les toilettes publiques, hommes et femmes s’asseyaient côte à côte et discutaient le bout de gras pendant que ça se faisait. En même temps on peut comprendre qu’ils trouvaient le temps long, avec ce qu’ils bouffaient ils étaient sûrement constipés à mort. »
Merci pour cet interlude culturel, papa.

 

Attention, *conclusion* :

J’ai tiré la conclusion suivante de cet épisode navrant mais riche d’enseignements. (après avoir assisté au spectacle décrit ci-dessus, tu n’as plus envie de tirer rien d’autre).

Papa a raison : à Rome, faisons comme les Romains.

Si je veux me rebeller contre la ségrégation des chiottes qui m’oblige à gravir deux étages pour une miction socialement acceptable, je dois me plier aux us et coutumes locaux.
Ma seule excuse pour mon esclandre précédent était une sincère ignorance culturelle.
A partir de dorénavant, je continuerai donc tranquillement à me laver les mains aux côtés de Tanaka et consorts pendant qu’ils se secouent le pingouin. S’il le faut je leur parlerai de baseball.
Pour m’intégrer, je suis même prête à faire des plaisanteries sur la dernière goutte qui est toujours pour le pantalon.

Suite à ces tentatives d’intégration, je pense que j’ai de fortes chances de me voir rapidement exilée aux toilettes du cinquième par ma hiérarchie.

Mais que ce soit clair : si l’on m’interdit l’accès aux toilettes de notre étage, il faudra qu’il soit admis que c’est parce que ma présence gêne les hommes.
Je ne me laisserai pas chasser par des déballages génitaux outranciers et je ne permettrai pas un maquillage des vraies raisons de l’interdiction avec des arguments du type « c’est mieux pour ta sensibilité féminine. »
NON. Mon bannissement devra être assorti de la conclusion claire et reconnue : la gonzesse, c’est pas moi.

Ah mais. 


Amélie Nothomb avait raison : aller aux toilettes est un acte politique de nos jours.

 

Et comme la décence m'empêche d'ajouter une photo sur ce post, à la place je te mets une vidéo japonaise d'une grande importance sociologique :

 


How to Deal With Slow Walkers(480p_H.264-AAC)

 

Posté par MeryllB à 10:40 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,


06 janvier 2012

L’année (du Dragon) de tous les dangers

Bon alors ami lecteur, pour commencer je te souhaite la bonne année.

Et là j’aimerais avoir les capacités techniques de mettre un podcast de hautbois et musette parce que nom de Dieu, on n’est même pas le 15 Janvier et déjà je reposte !

Du jamais vu.
Du à peine croyable.
Est-elle dopée, se demande mon seul lecteur qui se trouve actuellement être la ville de Kyoto qui vient vérifier que je n’ai pas de revenus non déclarés.

J’en profite pour vous dire que j’ai bien reçu la facture complémentaire monsieur le Maire.
j’ai pleuré, un petit peu.
Puis j’ai vérifié si y avait pas confusion. Parce que la famille impériale, domiciliée château de, c’est bien la même ville mais c’est pas la même adresse.
Ca expliquerai la somme, c’est vrai qu’on n’a pas trop-trop les mêmes revenus.
Puis au final comme votre département charognards collecte m’a bien confirmé qu’on ne m’avait pas confondue avec la princesse impériale, j’ai imaginé toutes sortes de suggestions créatives sur l’endroit où et la manière dont vous pouviez vous fourrer cette facture, avec ou sans condiments.

Bien sûr je paierai quand même parce que je suis une immigrée dont le visa dépend directement de sa capacité à cracher au bassinet.

J’espère juste pour vous que votre nom ne sortira pas durant un énième scandale politico-financier découvert par les journalistes japonais, lesquels sont tellement blasés qu’ils en sont rendus à compter sur leur petit scandale hebdomadaire pour remplir leurs colonnes comme le serveur compte sur ses pourliches pour arrondir ses fins de mois.
Je dis ça parce que si c’est avec mes sous que vous êtes allés faire dédé la fanfreluche à Gion en compagnie de maiko à la cuisse légère, inutile de vous dire que ça va chier des grosses briques de pays dans leur mortier. 

Donc voilà ami lecteur, c’est l’année du Dragon alors FAIS ATTENTION.

Et te laisse pas avoir par l’intox de l’enemi qui tente de te vendre sur les cartes postales de bonne année de petits êtres mignons amis de Hello Kitty, s’il te plaît.

Le Dragon est, me souffle Wikipedia dans l’oreillette, l’animal qui a toujours raison et qui écrase la gueule de ses petits camarades pour arriver à son but.
Pour des raisons évidentes, c’est donc le signe favori des familles chinoises qui s’acharnent vigoureusement à fabriquer des mômes pendant cette année, à tel point que le Parti est obligé de faire des campagnes de stérilisation d’information pour leur expliquer que c’est pas une super bonne idée car la compétition à l’école sera encore plus féroce pour les petits Dragons.[1]
Mais puisqu’on t’a dit qu’ils aimaient ça. C’est tous des futurs cadres supérieurs du Parti on te dit.
D’ailleurs à ce sujet je voudrais passer un big coucou à tous ceux qui sont nés l’année du Clébard (dont moi) :

Les copains je vous préviens qu’on peut tout de suite numéroter nos abatis.

Les Dragons avec leur yeux pleins de rosée et leurs fleurs de cerisier, là, ben ils vont nous bouffer le cul en mayonnaise.

(Je te présente un portrait robot de l’enemi : Draco Vitiosus, le pire de tous. Il te fait pleurer avec ses yeux et après il t’encule)

 draco vitiosus

D’ailleurs je pense que la ville de Kyoto est du signe du Dragon.

BONNE ANNEE AMI LECTEUR



[1]Cette affirmation vient de sources complètement non vérifiées*

              *Elle est donc parfaitement valable

 

Posté par MeryllB à 01:26 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,
14 décembre 2011

Le Sempai Sympa

(ce titre aurait pu être le nom d’un restau français au Japon.)

(Et encore uniquement si le chef avait vécu en France.)

(Parce que quand le chef d’établissement n’a jamais eu qu’un unique rapport (hi) avec la langue de Molière -lors de son visionnage du douzième volet de la série « bite dure pour femme mûre »- et qu’il tente d’insérer du français dans le nom de son magasin, ça te donne des accomplissements majeurs du genre le salon de coiffure « Fierté des Bras ». Je suis toujours à la recherche d’une explication plausible : comment un type peut-il s’estimer crédible en vendeur de permanentes quand le nom de son rade implique que les coiffeuses sont toutes haltérophiles ? Peut-être que la spécialité de la maison est le bigoudi tiré avec force d’un coup sec , assurant une frisure maximale suivant la méthode « ruban de paquet de Noël ». Ou alors peut-être que le salon est géré par les yakuza et qu’on arrache les bigoudis aux malheureuses tenancières des gargottes avoisinantes jusqu’à ce qu’elles payent la taxe de protection) .

 

Ah tu as vu ami lecteur, j’ouvre direct la note par une parenthèse de 13 lignes, je tiens la forme aujourd’hui je te dis que ça.

Ca va encore être la fête à ton slip.

 

 

Donc aujourd’hui je vais à nouveau aborder un sujet sociétal de fond de culotte, vois comme je te gâte.

Aujourd’hui nous allons parler, enfin JE vais parler et tu vas m’écouter en te retenant de pisser, ou bien tu vas même zapper directement sur la page de rue 69, de la relation sempai-kohai.

Ah. Et là même le vendeur de la NHK qui tente désespérément de me faire payer une taxe sur la télé que je ne regarde jamais, arrête un instant d’essayer de coincer le bout de sa chaussure dans la porte pour tendre l’oreille. Car le vendeur de la NHK aussi sait ce que c’est que la relation sempai-kohai.

Dans la définition du dico, et ne compte pas sur moi pour te mettre un lien, le sempai est le détenteur de l’expérience et le kohai est le bleu-bite qui reçoit cette expérience. Le sempai prodigue son enseignement au kohai et éventuellement lui couvre le cul quand le kohai fait une connerie. Le kohai adule son sempai et va lui chercher du thé tout le temps.

Donc tu l’auras compris dans le cas de la NHK, le sempai boit le café (que le kohai est allé lui chercher) dans la camionette pendant que le kohai sonne à tous les interphones dans l’espoir vain de faire cracher des ronds aux usagers de la télévision.

Mais nous nous éloignons un peu du sujet.

Dans le cas qui nous préoccupe, j’ai eu l’occasion de me frotter à quelques reprises à la ruguosité de mes sempai. Y en a des plus rugueux que d’autres mais ils sont dans l’ensemble bienveillants quoiqu'avec une haleine un peu chargée. Sauf. SAUF. Le kacho manager d’équipe de la ville de Kyoto. Il a bien sûr l'haleine chargée lui aussi mais en revanche il est bienveillant comme une punaise dans un chausson. 
Sans doute dans un souci altruiste de parfaire mon expérience de la vie d’entreprise au Japon, il a donc décidé de m’apprendre le caniveau lors de notre première tournée de visites client.

 

J’ai eu le droit ami lecteur au traitement Kohai Premium.

 

Il m’a sorti tout le grand jeu, tout, le grand fou. Ainsi plus de quatre années après mon entrée dans la vie active, j’ai eu le privilège de prendre part à une reconstitution historique narrant la première journée en PME de seconde zone d’un jeune débutant japonais tout frais émoulu de son université de province.

Dès l’instant où je montai dans la camionette j’eus une mise en bouche : je me fis copieusement engueuler car Relou Kacho n’avait pas compris ce que j’étais venue faire à Kyoto. Une timide tentative de disculpation mettant en avant le fait que son boss le savait quant à lui depuis des semaines suivie d’un détournement de responsabilité sur la communication interne de son bureau fut balayée avec superbe d’un geste de la main lourd du poids de ses années d’expérience face auxquelles je n’avais qu’à moucher les chandelles de morveuse qui me pendaient au nez.

La suite de la journée fut dans le même esprit. Je portai les paquets de livraison alors que Relou Kacho taillait devant comme un petit cabris, me laissant perdue à une occasion sur un carrefour car la pile de cartons étant plus haute que ma ligne de vision, je n’avais pas été assez agile de la rétine pour repérer dans quelle petite allée il s’était faufilé.

Au bout d’un moment il avait chopé le coup de main et nous avions un rythme bien rodé : il rentre dans le restaurant en clamant notre arrivée. Tandis que je me prends la porte dans la gueule, il me présente au chef, en général avec un assortiment de commentaires humoristiques. Une fois que j’ai pu poser les cartons et que subséquemment le chef peut apercevoir mon visage, je me présente. Au bout de trois mots le chef, bon commercant, s’extasie sur mon niveau de jap. Là-dessus Relou Kacho embraye sur sa blague favorite qui sera son fonds de commerce pendant tout le reste de la journée : les Français sont des ânes et que c’est pas Dieu croyab d’en avoir trouvé une qui cause propre. Rires gras. Puis interlude de cinq minutes où il parle de la pluie et du beau temps avec le chef pendant que je fais tapisserie. Enfin, et uniquement si j’ai de la chance, j’ai le droit de baver en deux minutes chrono mon speech sur les nouveaux produits en import. Ensuite je récupère les cartons vides, on ressort, je me reprends la porte, on remonte dans la camionette et c’est reparti pour un tour.

Tout ca dans un nuage de fumée de clope car Relou Kacho fume à la chaîne et n’a pas découvert le fonctionnement magique de la poignée de la fenêtre qui permet de baisser la vitre de facon à ce qu’au moins une partie de la fumée se répande à l’extérieur et incommode les passants aussi au lieu d’étouffer uniquement le passager.

 

~Interlude publicitaire~

Annonce à l’attention de tous les aspirants Relou Kacho :

Vous ne savez pas quoi manger ? Ne vous posez plus la question, ce midi c’est ramen !

Le déjeuner sportif pour un sans-faute en bonne société !

Avec ce seul élément pluridisciplinaire, on peut :

-émettre des bruits porcins en aspirant ses nouilles

-projeter des gouttes de sauce grasse et brûlante sur le chemisier de son prochain[1]

-Emettre des rots parfumés toute la journée grâce au supplément d’ail gratuit

 ramen

L’essayer c’est l’adopter !

 

~fin de l’interlude~[2]

 

Après une dizaine de visites et un déjeuner roboratif, nous reprîmes la route dans un nuage de fumée de cigarette qui aurait pu faire craindre pour l’état du moteur à un spectateur non informé.

Une autre dizaine de visites plus tard je finis par informer Relou Kacho que mes cartes de visite s’épuisaient car je n’avais pas prévu un marathon de la livraison, vu que ma moyenne habituelle se rapprochait plus des cinq visites par jour. Le gai luron vit immédiatement le potentiel comique de la situation et ne se priva pas de faire savoir jovialement aux dix clients suivants que j’avais oublié mes cartes de visite mais qu’il ne fallait pas trop m’en demander car j’étais après tout débutante, Française et donc fontamentalement sans manières.

 

Tu comprendras donc ami lecteur qu’à la fin de cette fabuleuse journée j’ai beaucoup ressenti de sympathie pour tous les kohai du monde, un élan de solidarité dont la violence s’est encore accentuée quand mon boss, chez qui j’étais allée faire du chialing, éclata de rire et s’exclama avec bonhomie « ce sacré relou kacho, on le changera pas ».

 

Quand je pense qu’aux Etats-Unis y a des gens qui payent pour le plaisir de se faire arrêter dans la rue n’importe quand et emmener au commissariat dans la patrouilleuse histoire de vivre un moment un peu excitant.

Ceci est un appel aux amateurs, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes je vous arrange une journée de vente avec Relou Kacho. A la place des menottes et du viol collectif dans les douches je te propose des gros cartons de livraison et des blagues belges sur les Français.

Et si vous êtes prêts à hypothéquer un membre de votre famille[3], je vous rajoute le supplément ramen sauce grasse qui lui dégouline sur la chemise à midi.



[1] C’est moi

[2] Ce communiqué vous a été offer par mangerbouger.fr, section transit intestinal

[3]Mais pas la belle-mère

Posté par MeryllB à 06:14 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,
07 décembre 2011

Ca dépend ça dépasse, le retour de la vengeance

Ah-ha, ami lecteur .

Je vais enfin céder à la collusion de ta masse silencieuse et accepter de faire de la note de fond traitant d’un sujet sociétal, tout ça pour que tu puisses te la péter en soirée mondaine.
T’es prêt ?
Alors après les fadettes du Monde, je t’offre : 

*la boulette de la guitoune.*

Déjà rien que le titre déchire son aïeule, tu flaires direct le complot international et tu te réjouis d’être le premier au courant.
Comme tu vas te la raconter sur yahoo news avec ça.
Bon aller sans faire durer le suce-Spencer plus longtemps je précise ma pensée :

Je vais à nouveau taper sur la police japonaise parce que premièrement c’est vraiment facile, et deuxièmement ça soulage. 

Tu n’es peut-être pas sans te rappeler de notre*[1]note datée du 17/08/2009, où j’exposais comment je me suis retrouvée à rater un concert dont j’augurais prou, surtout en termes de ventilation de sous-vêtements, grâce à la digilente incompétence de mon commissariat de quartier.
En effet, ce jour, distraite que j’étais, je ne retrouvai plus mon vélo (j’avais oublié que je l’avais garé devant le combini, soit 50m plus bas que l’endroit où je m’obstinais à le chercher). J’allai donc déverser mes récriminations dans le vaste giron accueillant mais inefficace d’un jeune flic qui se faisait terroriser par son sempai flic jusqu’à s’emmêler les formulaires, me faisant perdre une heure de mon temps pour déclarer la perte d’un vélo à 5000 yen.

Eh ben crois-moi crois-moi pas, malgré deux longues années de sévices de la part du sempai, et je pense que les sévices ont été intenses vu l’état dans lequel il était quand je l’ai eu au téléphone, mon ami de la boite à flic près de la gare Hanshin Amagasaki a tenu le choc.
Et n’a pas lâché le dossier.
Tel Eva Joly et l’affaire des frégates de Taiwan, l’Affaire de la Bicyclette Volée a passionné notre Starsky de la guérite.
Y trouvant une bonne chance d’attirer l’attention de ses supérieur de de gagner de l’avancement, il a enquêté sans relâche pendant deux ans.
Il a suivi des traffiquants de solex. Il s’est acoquiné avec des hôtesses dont les maquereaux géraient des réseaux de prostitution des vélos mineurs vers le golfe persique.
Il a failli se faire voler son portefeuille deux fois, son arme de service une fois, choper la bléno trois fois, et une fois même il a perdu son fanion porte-bonheur des Hanshin Tigers qu’il gardait pourtant toujours accroché à la clef de son vélo de fonction.

Inutile de dire qu’il a payé de sa personne. Et tout ça dans le plus grand secret car son sempai abusif aurait raillé ses efforts au lieu de l’encourager.

Et voilà que deux ans d’acharnement finissent par payer et qu’il retrouve mon vélo à 5000 yen ! Rouillé, cabossé, dans un état piteux mais la plaque d’immatriculation encore visible ne laisse nulle place au doute, alleluia !
La grande affaire de sa carrière est résolue !
Bien évidemment, fourbu et rayonnant, il s’empresse de m’appeler. Il s’attend à une pluie de pétales de rose, des yeux mouillés d’émotion, un débarquement de ma part à sa guitoune avec une gerbe de fleurs dans les bras et peut-être même une petite pipe reconnaissante.

Malheureusement, le monde est mal fait car ignorant tout de ses souffrances, je coulais depuis deux ans une vie heureuse et tranquille.

J’avais retrouvé mon vélo devant le combini où il m’attendait sagement, j’avais fini mon année professionnelle avec, et à mon changement de travail je l’avais offert à un collègue.
Depuis j’avais refait ma vie avec un autre vélo et j’avais tout oublié de cette sombre affaire.
L’erreur fatale que j’avais commise tenait à ceci : lorsque j’avais retrouvé mon vélo, j’avais reculé devant la perpective d’en informer les flics et perdre à nouveau une heure de ma vie.
Mon collègue étant aussi mauvais citoyen que moi, lorsque lui aussi se bourra la gueule et oublia à son tour le vélo quelque part[2], il n’en informa pas davantage les forces bienveillantes de la police locale.
Tout ça se déroulait dans l’ignorance la plus complète de notre héros.

Ainsi, lorsqu’il m’appela pour m’annoncer avec hautbois, musettes et gamelles le retour du bicyle aimé, j’ai déjà eu du mal à situer le sujet.
La méfiance naturelle du ressortissant étranger qui recoit un appel téléphonique de la part d’un représentant de la police nationale fit place à l’incrédulité puis à une franche allégresse.
La conversation eut lieu comme suit :
-« Gendarmeurie nationaleu, elle est là la petiteu demoiselleu qu’a perdu un vélo à Amagasaki y a deux ans ? »

... Bon d’accord ça s’est pas passé exactement comme ça. 

LUI
Bonjour c’est le commissariat d’Amagasaki (une guérite donc, on le répétera jamais assez), vous nous avez déposé une déclaration de vol de vélo il y a deux ans, vous vous en souvenez ?
MOI
(par-devers moi : une heure de ma vie salopard, UNE HEURE pour prendre la déposition, tu penses si je m’en souviens !)
(à voix haute)
...Ui ?
LUI
(accents de triomphe)
Eh ben on a retrouvé votre vélo !!
MOI
(par-devers moi : oh non!) 
(à voix haute)
...Ah ?
LUI
Vous n’avez plus qu’à venir nous signer des papiers et il est à vous !
MOI
(par-devers moi : plutôt crever la bouche ouverte !!!)
(à voix haute)
... Il est plus à moi ce vélo, je l’ai donné à quelqu’un d’autre, je vous donne son numéro et vous voyez avec lui ok ?
Numéro donné, fin de la conversation. Je pense pouvoir retourner tranquillement à la lecture du roman de ma copine Oriane me curer le nez travailler, mais le désastre frappe toujours deux fois.
C’est donc l’Eva Joly de la subtilisation biroulée qui me rappelle de nouveau pour me dire d’un air désolé :
LUI
« Non mais comme vous avez fait la déclaration de vol, j’ai vérifié avec mon chef (le sempai sadique donc) et y faut que vous signiez les papiers vous-même sinon on peut pas rendre le vélo à quelqu’un d’autre.
MOI
« ben quand même merde alors, j’ai transféré le titre de propriété et tout, pourquoi vous l’empêcheriez de récupérer son bien ?
LUI
« Parce que vous avez pas signé les papiers comme quoi vous avez retrouvé le vélo avant qu’il soit reperdu ». CQFD.
J’étais à nouveau face à un cas splendide de « ça dépend ça dépasse ».
Je tentai avec l’énergie du désespoir et de façon complètement vaine de faire appel à sa logique :

MOI
« écoutez j’ai déménagé depuis et j’ai changé de travail, ça va me coûter un bras en tickets de train, en plus j’ai pas le temps.
Le vélo a un nouveau propriétaire qui accepte d’aller le chercher. C’est vraiment si important que ces papiers soient signés par moi et pas par lui pour un vélo à 5000 yen?
LUI (trépignant)
« Faut signer les papiers ! »
MOI (tentant une dernière fois le coup de la logique)
Imaginez une seconde si j’étais rentrée en France. Vous auriez fait comment ? Vous m’auriez faite revenir au Japon pour les signer les papiers ?
LUI
« ... Ben j’aurais été embêté... »
MOI (ferme)
Je n’ai pas l’intention de venir signer ces papiers. Si vous voulez bien me les envoyer par la poste, à la rigueur je les signe et je vous les renvoie.
LUI (petite voix)
Ouais mais je sais pas si on peut le faire ça...

 Je fus intraitable.

Non mais je sais bien où ça mène toutes ces histoires. 

Tout ça c’est pour que ce petit gourmand puisse avoir encore douze exemplaires de mes empreintes digitales sur le formulaire de retrouvage de vélo.
Merci bien, j’ai eu l’index bleu pendant des jours la dernière fois, alors ce coup-ci les formulaires il peut se les coller là où le soleil ne luit jamais.
Même si je sais que sans les empreintes digitales ça lui fait pas le même effet. 

....

Avec le recul, quand même, pour deux années d’efforts, je me dis que j’aurais pu être plus sympa et lui lâcher une petite empreinte digitale pour son plaisir personnel.

Ca aurait été ma bonne action 2011.[3] 

Bon OK père Noël on fait un deal (et fais pas l’innocent je sais que t’es là, tu continues à te faire gauler par les tags « Clara Morgane », et ça fait quand même désordre) : je veux bien lui offrir en cadeau de Noyel un formulaire complet. Le grand jeu, la signature, le tampon, les empreintes digitales, tout.

Mais en échange je veux mon permis moto. Ca marche ?



[1] Oui maintenant j’utilise le « nous » royal. C’est moi et le litron de chouchenn. Oui ben quand on n’a pas d’amis et qu’on veut s’inventer une équipe de rédaction on fait comme on peut, d’ailleurs c’est la miche de Schwarzbrot qui relit donc si tu vois des fautes d’orthographe, dis-lui à cette feignasse 

[2] le destin de ce vélo était de se faire utiliser et larguer sans cérémonie, ce qui est consistant avec le thème film noir de cette note : notre justicier de la circulation dans le rôle du détective, et mon vélo dans le rôle de la femme séduite et abandonnée

[3] ça et un don de 1000 yen à Wikipédia

Posté par MeryllB à 07:38 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
31 octobre 2011

Caleçon, Bonbon, Ducon

Cher ami lecteur

Tu as eu l’occasion d’observer que je continue à te délaisser, mais c’est pas trop grave comme de toutes façons tu ne sais déjà plus comment je m’appelle et que ceux qui l’ont su un jour ont déjà envoyé une couronne funéraire mangeable de aquarelle.com à ma maman en signe de condoléances à cause du tsunami.

Elle dit merci pour les haribo, elle ajoute que la prochaine fois qu’on me noye, elle mettra un faire-part sur Facebook mais qu’elle préférerait mieux les crocodiles verts plutôt que les rouges la prochaine fois, merci.

Bon.

Maintenant que je mène à nouveau une vie d’action et d’aventure derrière un bureau (sous le bureau par contre il ne se passe rien), je vais reprendre mon apostolat afin de te régaler de ces palpitantes intrigues de photocopieuse qui ont valu à ce blog son absence de renommée internationale dont le succès ne s’est jamais démenti.

J’en profite pour dire aux vautours de la ville de Kyoto qu’ils peuvent arrêter de me suivre, ayé je les ai crachés les deux mille euros d’impots locaux. J’ai plus rien. Laissez-moi crever en paix.

Mais avant de mourir je t’en raconte une petite dernière.

Je suis donc, comme expliqué au dernier épisode, maintenant part intégrante (soumise aux conditions du titre de séjour) des forces (pas très) vives d’une PME nippone, au sein (le mot est mal choisi tu vas voir) de la division import. Les membres de mon open space japonais (ici on appelle ça un open space mais en France on appelle ça de l’élevage sur caillebotis) marient deux intéressantes facultés qui au premier abord pourraient sembler disparates : 1. Une connaissance encyclopédique du caviar 2. La faculté d’émettre des rots musicaux. Sans se lasser. Beaucoup de fois par jour.

Pour résumer, ce sont des gourmets par profession et des vieux salingues par nature.

Tu comprendras donc que l’adolescent de 15 ans qui sommeille encore quelque part dans mon esprit de greluche de 30 ans a besoin d’être au niveau d’alerte maximal pour me permettre de survivre dans cette ambiance de chambrée militaire où les chefs de division agrémentent impunément leur écran de veille de photos de jeunes filles probablement mineures au moment des faits mais pleines d’une intelligence physique manifeste, laquelle est mise en valeur pas des dessous composés essentiellement de dentelle, laquelle est composée essentiellement de trous.

Quand j'ai flairé ce parfum de vieille clope et de caleçon pas très bien lavé, d’entrée de jeu on a posé les bases : je distribue pas les cookies, je fais pas le thé, et celui qui tente de me toucher les seins peut dire adieu à sa cloison nasale.

Cependant, nous ne sommes jamais à l’abri d’une rechute humoristique. Malgré mon sens de la blague dont la courbe naturelle suit celle du fond du ruisseau, malgré une permissivité culturelle qui, après le quatrième verre de saké, te permet de rigoler à des blagues du type « les bonnes femmes c’est un peu comme la bûche de Noël, passé le 25 c’est plus très frais » , ben des fois je sens que je perds un peu pied car on sort du pédiluve de la douce débilité où je m’ébats depuis ma tendre enfance afin d’entrer dans les grandes eaux de l’insondable connerie masculine.

En effet, un de mes collègues qui aime la déconnade a ramené des chocolats qu’il m’a enjointe à manger. Ma nature gloutonne et retardataire me fit tomber dans le piège : ma méfiance endormie car il s’agissait de manger et mes yeux accaparés par l’écran car j’avais trois rapports en retard, j’ai commencé par engloutir un chocolat sans lui accorder ne serais-ce qu’un regard une fois l’emballage arraché. Emballage qui présentait une illustration de champignon visant à leurrer le consommateur, ou devrais-je dire la consommatrice. Cependant, mes papilles gustatives jamais complètement au repos donnèrent l’alerte et me firent réaliser que l’objet avait une forme curieuse sur la langue ; cette grosse protubérance au milieu, à quelle étrange espèce de champignon pouvait-elle correspondre .. ? J’ai donc regardé de plus près le canditat à la déglutition suivant : mes soupçon s’avéraient fondés. Je tenais entre mes doigts une version simplifiée mais anatomiquement relativement correcte d’une sémillante bite en chocolat prête à l’emploi... Les collègues étaient tous ravis de ce trait d’esprit subtil, et si le perpétrateur n’avait pas autant été occupé à rigoler en poussant de joyeux "huur huur huur"  il m’aurait sûrement mis une grosse bourrade dans les côtes en m’appelant Jean-Pierre ou l’équivalent nippon.

 

 choco

Je te présente la cucurbitacée, une espèce de champignon méconnue qui se dévelope de préférence dans les environnements à PH basique. 

 

Je médite une vengeance.

Posté par MeryllB à 07:34 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]




27 juillet 2011

Stupeur, tout le tremblement

Alors en voyant le titre, ami lecteur, tu as dû te dire « enfin, du reportage presque à la pointe de l’actu avec de vibrants témoignages sur le tremblement de terre recueillis seulement quatre mois après les faits, ce qui pour ce blog est l’équivalent d’un flash prémonitoire »

Je t’annonce sans ménagement que te tu te goures, dans la longueur et bien profond.

Et ce pour plusieurs raisons :

Déjà pour commencer, je ne comprend pas que tu puisses encore t’imaginer que je vais à un moment donné de ta vie te servir à quelque chose, par exemple te permettre de briller en société avec du renseignement top secret. Se référer à la note précédente sur l’effacement coupable de l’historique de l’explorateur pour plus de précisions sur la correcte utilisation de ce blog.[1]

Ensuite, les limites de mon mauvais goût sont reculées mais tout de même existantes, avant de faire un jeu de mots j’aurais pensé aux morts, et surtout aux survivants des morts qui sont pas très ouachés en ce moment, j’aurais hésité pis finalement jme serais pas permis. Mais après avoir hésité quand même.

Enfin, je ne le répéterai jamais assez : ma vie est trépidante comme un film de Lars Von Trier coincé dans un lecteur DVD défectueux bloqué sur le mode ralenti. Si tu veux du récit d’aventures et d’action, va voir sur marmiton.org.

 

Ceci étant dit , je vais un peu te parler de pourquoi ma vie est palpitante en ce moment.

Je vais passer rapidement sur le tremblement de terre , le tsunami , l’explosion de la centrale de Fukushima et le boeuf radioactif distribué chez les quelques restaurateurs qui avaient réchappé à la faillite suite au scandale des 5 morts par E.colique après la consommation de boeuf cru E.colisé (et possiblement radioactif).

Et je vais en arriver directement au coeur de là qu’où-ce que ça se joue : j’ai changé de boulot.

Eh ouais, fini de faire tourner les containers de jambon. J’ai décidé de me rendre à la source de l’action et je fais désormais tourner le jambon directement. En quelque sorte, maintenant le jambon, c’est moi.

Je suis donc depuis peu incorporée aux forces pugnaces d’une compagnie japonaise importatrice de jambon dont le poids financier et le budget photocopieuse n’égalent certes pas la puissante entité internationale qui me payait mon bacon jusque récemment, mais ils sont drôlement plus teigneux. Juge plutôt : d’une moyenne horaire de travail de 9 à 21h qui me faisait hurler au scandale chez mon employeur précédent, les forces de vente de chez nous s’enquillent du petit 7 à 22h tous les jours et sans pleurer. Et là, tu vas pousser un cocorico approbateur en constatant qu’on peut vivre loin de sa mère patrie sans perdre ses beaux réflexes nationaux : j’ai d’entrée de jeu réussi à aller me planquer dans les bureaux de la division internationale où on finit à 17 :30 tous les jours.

Et me diras-tu ami lecteur, ou du moins ami vendeur de bons du trésor espagnols, j’en profite pour te signaler que je compterai les sous de l’héritage de mamie à mon retour en France et que si il en manque dans le pot parce que tu les as investis alors que j’avais dit non à ma banque ça va chier dans les ventilos. Je disais donc, tu me diras ami de passage car désormais le conseiller bancaire a quitté cette page et ne demeurent à lire ces lignes que les requêteurs google égarés : mais comment font-ils ?

Les Chinois ont attaqué les stocks de sel des supermarchés avec une violence digne d’une période de soldes à Shibuya, les Français veulent sodomiser avec des barres de Mox les grands responsables d’Areva, et même les lots de culottes usagées de collégiennes exportés à destination de sex shops parisiens sont désormais passés au compteur Geiger.

Cependant les Japonais, eux, continuent à avoir leurs meetings du lundi matin au garde à vous avec le petit discours hebdomadaire où un membre de l’entreprise doit baver sa vie. Cette semaine c’était la réceptioniste qui expliquait comment son quotidien est devenu palpitant maintenant que la télé japonaise passe au réseau numérique parce qu’elle a toujours un petit suspense quand elle l’allume des fois que ça marcherait plus.

Stupeur.

La semaine prochaine c’est moi.

Consternation.

N’oublions pas qu’en ce moment je suis surtout au courant que l’euro se casse la gueule, que ça crève de soif dans la corne de l’Afrique et que le boeuf radioactif gambade sur les étagères de supermarchés japonais avec le ministère de la santé qui leur court après le long de la chaîne de distribution et qui tackle les braves ménagères dans les allées lorsqu’elles sont repérées en train de sélectionner un steak fluorescent suspect.[2]

 

Qu’est-ce que je vais pouvoir leur raconter ?  

 

Jvais peut-être plutôt faire péter le karaoke et leur chanter une chanson en fait...

tout_va_tres_bien_madame_la_marquise01



[1]Ou alors, à la rigueur si tu n’es pas très écolo ou si tu as une vision très pragmatique du torchon littéraire, tu peux l’imprimer, le lire aux toilettes et lui faire rencontrer sa destinée finale dans une ultime bataille contre le produit de la paella du midi.

Pas contre si t’as une imprimante à jet d’encre, je te recommande de contenir ton impatience et de ne pas passer à la phase Q du plan tout de suite parce que sinon tu vas te retrouver avec la bannière de schwartzbrot et fleurs de cerisier décalquée sur les fesses, ce qui tu l’admettras compromet grandement tes chances de choper au fucking blueberry ce soir

[2]Ce qui ne m’empêche pas de continuer à consommer mes petits kirs hebdomadaire dans le clandé d’amis français qui tiennent un bar sans license en attendant l’éviction. S’y fallait s’arrêter de boire et de jouer au poker chaque fois que le monde est au bord de la catastrophe, Ricard aurait fait faillite depuis longtemps...

Posté par MeryllB à 08:20 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
17 juin 2011

la riposte du repost

 

Bon ami lecteur,

Comme je sais vivre je te souhaite joyeux Noël 2009 et bonne année 2010 et 2011.

Pour les jeunes alertés à l'état du monde que ça intéresserait réellement de savoir si je peux te baver du scoop à la envoyé spécial1 tout ça parce que le Japon s'est fait mettre à mal successivement par un tremblement de terre, un tsunami et un désastre atomique, eh ben je te préviens faudra d'abord attendre que j'aie fini de poster les notes qui étaient là avant et qui attendaient leur tour sagement au fond du disque dur car au Japon on est respectueux de l'ordre dans la queue sans lequel la civilisation et les transports en commun vont à vau-lvo. (pouet pouet) (oh ça va on peut bien encore rigoler hein) (je te signale qu'y en a, ben le sens de l'humour c'est la dernière chose qui leur reste) (ça et la robe de soirée à paillettes complètement inutile qu'ils ont récupérée par le biais de la collecte de vêtements de la Croix Rouge grâce à Ayumi Hamazaki qui a vidé son grenier)

Tu as vu c’est du régulier, c’est du sûr, maintenant je passe te voir avec la même fréquence que le père Noël.

Par contre, moi je me fous pas de ta gueule avec des cadeaux encombrants qui servent a rien comme le pullover tricoté par maman dont tu n’oses même pas te servir pour rembourrer le panier du chien de peur de te faire gauler par la SPA, et en plus mon cadeau à moi tu fermes l’explorateur, tu effaces l’historique et ouf, personne ne saura, pour peu que tu aies pu controler ta vessie et que t’aies pas eu de fuite sur le fauteuil de bureau c’est comme si tout ça ne s’était jamais passé. (alors que les photos de toi en train de chialer sur les genoux du père Noël continuent de trôner sur le manteau de la cheminée de tes parents y en a, et ceci malgré tes fréquentes menaces de cesser de comparaître aux diners familiaux en dépit de l’injonction maternelle tant que l’objet du litige n’aura pas disparu au fond de la poubelle à dechets combustibles).

(tu vois, j’ai pas perdu la main, une parenthèse de cinq lignes, ca faisait longtemps hein. Du coup j’espère que tes capacités en rétention urinaire n’ont pas diminué non plus sinon tu vas prendre cher, le fauteuil du bureau aussi).

 

Le père Noël, adoncques.

Parce que tu croyais que tous les petits enfants ils aiment le père Noël et que y avait que toi qui avais remarqué avec horreur sa perruque montée sur une base de plastique et enfarinée comme la couperose d'un gigolo sur le retour, même que ca dégringolait dans ton assiette de goûter à la maternelle quand il passait et que ton aversion pour le cake banana-kiwi date de cette époque?

Détrompe-toi, avec moi déjà tu vois on est deux. Même que moi qui avais découvert à la même époque l’existence des prothèses, je croyais que le père Noël avait une prothèse capilaire, et ca me filait les supermiquettes, donc tu peux arrêter d’avoir honte, t’es pas tout seul.

Regarde, avec ce moutard-la, on est même trois alors tu vois.

scared of santa

 

Et c’est là que tu cherches la chute mais cherche pas, y en aura pas. C’était pour te dire que je passais avec la fréquence du Pere Noël et que comme lui, je fais pleurer les enfants dans le métro, donc.

Bon tu le constates, à la pointe de l’actu comme toujours ce blog vient de t’offrir ta note de Noël 2009.

Et c’est là que attention, innovation : en général c’est à peu pres maintenant que le téléphone commence à sonner/que le container se radine (barrer mention inutile), et je te plante là, et je reviens jamais, et la note reste impostée.

Et moi l’imposture de note, ben j’aime pas ca. Faudrait pas que les sous1 que mon patron dépense afin que je puisse poster soient gaspillés quand meme.

Faut dire que la j’en ai une bonne demi-douzaine de notes impostées comme ca, et je peux quand même pas te faire le coup de la rétrospective 2007 avec les restes du repas de Noël tous les ans.

D’ou, pouet pouet innovation donc : maintenant je vais même plus me creuser la cucurbitacée à te trouver une conclusion digne de ce nom pendant que tu te retiens de pisser, et je vais tout balancer direct sur le ternet.

En conséquence, tu n’as même pas encore commencé a avoir la vessie qui te travaille que cette note se termine déjà. Ton urologue serait drôlement content s’il savait. (mais rapport aux détails de l’explorateur évoqués un peu plus tôt, quelque chose me dit qu’il n’entendra jamais parler de la restructuration de ce blog pour une miction plus confortable).

 

Par contre la suite arrive toutsuite-toutsuite, hein. Alors si tu veux aller pisser va-y maintenant parce qu’on s’arrête plus après.

1La réponse est non. Au milieu d'un conflit atomique et des hordes islamistes qui submergeraient la ville pour piller les jeunes filles, violer le palais impérial et brûler les coffres forts, la catastrophe la plus grave qui risque de m'arriver est la perte d'une chaussette arrachée de mes mains par le souffle d'une roquette alors que j'allais l'accrocher à la corde à linge sur le balcon

1 Oui enfin c’est pas tout a fait sa théorie à lui. Lui, il pense naïvement qu’il me paye pour trouver des gens que ca excite d’aller se rouler sur le revêtement anti poussière d’un entrepôt à température ambiante.

Posté par MeryllB à 07:25 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
17 août 2009

ça dépend ça dépasse

(j'ai failli te mettre un titre de type "le sexe et les formulaires assedic" et puis je me suis retenue, j'ai pensé à ton petit frère qui reprendra l'ordi après toi et qui risque de tomber sur ce site en googlant "secrétaire salope se fait prendre sur une pile de formulaires")

Bon ami lecteur je sais bien que je t’ai encore menti en te disant que j’allais revenir tout de suite avec du croustillant à te raconter.
Mais c’est un peu comme croire un alcoolique qui habite au-dessus d’un PMU et qui te promet d’arrêter le rouge, si tu le prends au sérieux après c’est quasiment de ta faute si t’y crois, aussi. Donc fais pas le déçu s’il te plaît, tu sais bien qu’il ne faut ajouter aucune foi à mes promesses.

Bon pour me faire pardonner je vais traiter d’un sujet de fond, par opposition aux sujets de fond de slip qui tapissent d’ordinaire ce blog comme les couches culottes usagées le fond d'un égout parisien.

Je vais te parler de la police nippone.

(aucun lien avec les couches culottes usagées)
(encore que, tu vas voir)
Il faut le savoir, sur un spectre de la police du monde, à l'un des extrêmes tu as les CRS francais en mission à la Coudraie. Et à l’autre extrême tu as la police japonaise.
C’est un peu comme dans Unbreakable, comme d’un côté tu as Bruce Willis qui chope jamais la grippe, de l’autre tu as forcément un gars qui la chope à sa place. TOUTES les fois. Et comme il est en colère contre le monde entier de se choper toutes les grippes de Bruce Willis, il fait sauter des trains pour se venger. Là aussi tu vas voir la connexion entre le rhume, le train qui saute et la police nippone dans pas longtemps.

Bon allez j'arrête de sucer-Spencer.
Les policiers japonais sont essentiellement des gens qui se sont présentés au concours de puériculteur, qui ont échoué et que l’administration a recyclés dans la police, mais on n’a pas encore osé leur dire.
Ils sont donc persuadés que l’arme qu’ils portent à leur hanche est un thermomètre et que leur mission consiste à remettre les enfants passants égarés dans le droit chemin (ça non plus on leur a pas encore expliqué, c’est pour ça qu’ils ont une espèce de mascotte-bisounours et qu'ils te parlent comme si tu n'étais pas très très vif, ils croient avoir affaire à une clientèle de moins de six ans). Le policier japonais frétille quand :

A/ tu fais mine de passer EN-DEHORS de l’itinéraire sécurisé entre les deux plots oranges, la pancarte clignotante et le collègue muni d'un bâton fluorescent qu'il agite sans compter sa peine, tout ça dans le but de s'assurer que tu ne te feras pas mal en t'empallant inopinement sur une pelle, ou en tombant dans le terrible précipice d'une profondeur de vingt centimètres ouvert par leurs copains des travaux publics. Ca leur donne l’occasion d’exercer leur apostolat pour te remettre dans le droit chemin, donc.

B/ il trouve un prétexte pour te faire remplir un formulaire. Surtout s’il faut prendre tes empreintes digitales, c’est là que leur génie se manifeste dans toute son envergure, qui est grande. J'avoue être encore à la recherche d'une explication defendable à ce sujet. J'hésite entre l'interprétation puériculturologique, qui implique que les désirs refoulés de peinture avec les doigts s'expriment de cette manière, ou bien l'interprétation plus classique qui résulte d'une simple observation des moeurs administratives nippones, lesquelles sont dirigées par le principe fondamental du plus ya de papier, mieux c'est.

Le policier japonais qui a découvert qu’il n’est PAS puericulteur apres tout, et qui subsequemment a une vengeance a prendre sur le monde, un peu comme le gars qui chope les rhumes à Bruce Willis si tu suis, frétille quant à lui lorsque :

A/ il repère un étranger à l’arrêt (sinon il faut courir pour l’arrêter c’est fatiguant). Dans ces cas-là, contrôle d’identité s’ensuit, avec vérification du titre de propriété du véhicule[1]

B/ l’étranger en question est en possession d’une arme blanche[2]

C/ Il faut prendre les empreintes digitales de l’étranger. Sur ce point il s’accorde avec son collègue qui se prend pour un puériculteur, sauf que son collègue c’est le côté ludique qui l’intéresse, c’est plus innocent.

Donc si jamais d’aventure tu perds ton vélo, ami lecteur. Si jamais d’aventure tu le perds a Amagasaki, bled perdu dans les replis malodorants de la banlieue d'Osaka et internationalement méconnu de tous sauf de Wikipedia qui se souvient de la catastrophe ferroviaire de 2005, donc.
Ben crois-moi, fais pas le con, ne va pas voir les flics.
N’y va pas je te dis. Tout ce que t’y gagneras à part des doigts tachés à l’encre, ta gueule fichée et un copain DJ qui fait la gueule, c’est très exactement rien du tout.

Je sens qu’il va falloir que j’explique, même Charlotte et le tresor public me croivent pas, et pourtant Charlotte le flic japonais, il connaît. C’est grace à eux qu’il a trouve nichome.
Donc je te donne la réponse avant la fin de l’exercice, c’est tricher mais je sais bien qu’avec tes problèmes de vessie chroniques, maintenant t’as plus la patience de lire jusqu’à la fin, tiens d’ailleurs j’ai bien reçu la lettre de ton avocat, dis-lui que ca m’a fait plaisir de recevoir du courrier, par contre s’il pouvait m’en renvoyer une avec les sous-titres sous les mots compliqués comme « énurésie induite par rétention », merci.

Donc oui si tu perds quelque chose, va voir direct les yakuza. Eux au moins ils te prendront pas tes empreintes digitales et ils sauront te dire tout de suite qui a tiré un vélo dans leur district, où, quand et combien ils se sont fait dessus. Bon suivant le cas, si tu t’en sors bien c’est le voleur qui y perd un doigt, sinon c’est toi qui risques d’y laisser une phalange. Par contre ils te balanceront pas aux flics et personne prendra l’empreinte de la phalange coupée, ils s’en foutent.
Cependant,ne sachant pas où se situait le QG du groupe yakuza local et surtout manquant de temps car déjà à la bourre pour le concert d’un DJ croisé dans un bar au cours d’une beuverie, j’optai pour la voie officielle. Et j'eus amplement le temps de m'en mordre les doigts, enfin avant qu'ils aillent foutre de l'encre dessus, parce qu'après je pouvais plus les mettre dans ma bouche.

Une heure après mon arrivée, le courageux fonctionnaire finissait d’établir avec une absolue clarté que je ne savais pas ou était mon vélo, et il avait inscrit mon adresse sur le formulaire, presque sans faire de faute.
Quinze minutes plus tard, l’encre avait fini de sécher sur mes doigts et sur le dessin qu’il avait fait pour illustrer la scène. Le dessins descriptif est une pièce incontournable de tout dossier destiné à siéger dans un commissariat japonais, comme je l’avais découvert lorsque papa au volant de sa mazda de location accrocha le cul de ce brave paysan du Hokkaido qui allait manger des ramen avec sa femme au festival du village.[3]
Je ne sais pas et ne saurai jamais ce que le flic a bien pu trouver à dessiner pour exprimer la perte de mon vélo. Sans doute un phare lançant des SOS en morse pendant qu’un malfaiteur masqué le traînait sur la rampe de chargement d’une camionette, sûrement afin de lui faire subir les derniers outrages dans une usine désaffectée, à l’abri des regards indiscrets.
Avec toutes ces conneries, je venais de perdre quasiment une heure et demie, le concert de mon pote était quasiment commencé, mais si jamais je chopais un train pour Kyoto dans les trois minutes, si jamais je me changeais pas, que je gardais mes vêtements de l’entrepôt qui puaient la sueur et ma coiffure à la pointe de la fashion si les ananas électrocutés t’excitent, si jamais j’enfourchais Tornado, mon fidèle velo de Kyoto, à la sortie du train, et que je faisais fumer la dynamo en ignorant les menus détails de type feu rouge et sens unique, je pouvais peut-être voir le dernier quart d’heure.[4]

Je pouvais le faire.

Je sortis du commissariat si vite que c'en était presque du délit de fuite, je bondis par-dessus la barrière, je déboulai sur le quai au moment où le train arrivait, je me croyais dans la bande annonce de GI Joe tellement le timing était calculé au quart de poil de cul, et au moment de plonger tete la premiere dans le wagon le plus proche, mon téléphone sonna. Comme une conne je répondis.
-« oui bonjour c’est le commissariat de Amagasaki. Vous pouvez revenir ?
-VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI ?
-Non. C’est très important.
-Vous me tenez la jambe depuis une heure et demie pour un vélo à 5000 yen, rien qu'en salaire vous avez deja coute plus cher a la ville, ET EN PLUS FAUT REVENIR?
-C’est très important. »
Bon je sors du train en jurant comme un GI Joe à qui on a tiré sa sucette, et je retourne au commissariat pour retrouver mon copain le flic qui m’attendait avec le formulaire de déclaration de perte, grand ouvert à la seule page où je n’avais pas mis d’empreinte digitale.
C’était donc très important.
Il l’avait déjà en douze exemplaire mais il la lui fallait sur cette feuille-là aussi, le gourmand.
Je pose donc mon doigt avec cérémonie en me retenant très fort de ne pas signer avec celui du milieu parce qu'après j'ai pas le temps pour le formulaire d'outrage à agent dans l'exercice de ses fonctions, et juste avant de sortir, quand même, je lui lance un regard assassin.
Et là ami lecteur, j’ai vu son expression alors qu’il caressait amoureusement son formulaire complété comme un gamin le cadeau qu’il vient de sortir de sous le sapin de Noël.

empreinte_digitale

(illustration de couverture de l'édition août 2009 du magazine "formulaires et plaisirs solitaires", une publication interdite aux moins de 18 ans)

Là je me suis dit, c’est quand même flatteur d’avoir pu prodiguer autant de plaisir simplement avec l’empreinte digitale de mon index gauche.
Je me suis donc éclipsée discrètement pour le laisser en toute intimité avec son formulaire, et j’ai bourré jusque chez moi, où j’ai quand même pris le temps de me débarrasser de l’ananas (j’ai encore ma fierté merde) avant de re-bourrer en selle de Tornado jusqu’au club, où j’avais bien entendu tout raté, sauf la vodka.

La soirée n’était donc pas complètement foutue.

[1] le velo agonisant de ta copine Peggy qui a passe trois des vingt-quatre derniers mois sous la pluie, et qui a tourne a travers toute la communaute francaise de Tokyo, y perdant toute sa vertu et une grande partie de sa réputation. Inutile de te dire que le titre de propriété tu l’as pas, car il s’est perdu entre le cinquieme et le sixieme proprietaire, et tu es le douzieme.

[2] Parmi les exemples les plus contondants, on peut noter le mini couteau suisse muni d’une lame inoxydable longue de un centimetre zero cinq. Demande a Asahi il t’expliquera.

[3] D’ailleurs le hurlement maternel “minou tu tires a gauche tu tires a gauche HA! T’AS TOUCHE !!! » me poursuit encore dans mes pires cauchemars

[4] Si un jour tu decharges des camions par 30 degres et un taux d’humidite qui fait quaisment flotter le plancton dans l’air, tu comprendras pourquoi ne pas avoir la sueur qui te coule dans les yeux c’est important, meme si avec ton bandeau sur le front t’as l’air d’un con et d’un ananas


Posté par MeryllB à 16:06 - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
16 avril 2009

courriel des lecteurs

Bon ami lecteurs,

J'ai décidé de te faire une note à pas cher. Rassurez-toi je te referai pas tous les jours le coup de la rétrospective 2008, une fois par 2009 ça va bien, même si des notes de fond de tiroir jamais parues il m'en reste BEAUCOUP BEAUCOUP.
Ma vie dans le train n'est pas très très trépidante donc j'ai rien d'autre à faire qu'à t'écrire, je rappelle à toutes fins utiles qu'à partir de la semaine prochaine j'habite à Kyoto, c'est à dire une heure et demie de transports jusqu'au taff, alors de la note de fond de tiroir avec des taches de jus d'orange et des papiers gras, tu vas en avoir. T'aouar la gueule de la rétrospective 2009 tiens, tu ne pourrez t'en plaindre qu'à la Japan Railway, qui s'en foutra car ils ont d'autre chats à fouetter avec les salarymen qui se suicident en se jetant sous leurs trains comme fleurs de cerisier pleuvant sur la Tamagawa au printemps.

Bon je vais pas te parler de mon boulot parce que ya pas trop de changement, je continuer à prérâper de la vachette en petits bouts, je subis toujours la tyrannie des oreilles décollées, et l'un de mes collègues m'a demandé si un jour je cuisinerais pour lui, ce qui dans ces régions reculées revient à une demande en mariage. Ou au moins les fiançailles. Le mariage c'est si j'accepte de cuisiner pour sa mère, mais je veux pas trop trop t'en parler parce que déjà j'essaye de pas y penser. Donc si tu veux savoir le dénouement de l'affaire, t'as qu'à guetter les gros titres des journaux, si tu vois en une du Mond (hi) un truc du genre '"incident diplomatique avec le Japon, une Française assassine une famille entière avec des crêpes de sarrasin" tu sauras que c'est moi, et que ma cuisine s'est pas trop trop améliorée.
Le premier salopiot qui ose insinuer que c'est pour ça que Kochan annulait tous nos dîners se fait inscrire sur la mailing list de soutien de Chasse, Pêche, Nature et Tradition, et quant à toi Charlotte, car je saurai bien que c'est toi qu'as craché le morceau, tu peux tout de suite dire adieu à tes contacts facebook, tu choperas plus jamais là-dessus avec ce que je vais y balancer comme photos.

Non je vais faire encore mieux que ça.
(relis, tu verras de quoi je parle)
Je vais te faire une note qui
a) n'a pas été écrite par moi
b) est en lien avec des faits qui datent de cinq ans.
Putain même Lou Béga n'a pas osé autant se repomper lui-même.

Bon je te mets en lien vers la note en question (je rappelle à toute fin utile que la déco était de moi, si ton furet apprivoisé qui lit par-dessus ton épaule fait une crise d'épilepsie, tu pourrez pas dire que t'avez pas été prévenus)
shazam

Voilà, t'as bien tout lu?

Bon maintenant, attention, arrive la grosse surprise, roulez tambours (sous la table, ivres morts) :
LE COURRIER DES LECTEURS.

Bon je sais que j'en ai pas.
JE te rassure, cet homme raffiné était sûrement un requêteur google égaré; j'en profite pour te signaler que le dernier requêteur google à avoir atteri chez moi avait axé sa recherche sur les mots "sodomie avec un cheval", je commence à m'inquiéter de l'influence sur les jeunes qu'a ce blog.

Je te mets donc ici son email :

****************************************************************************************
Cher Monsieur,
>
> J'ignore si vous lirez ce mail, mais je trouve votre article relatif à Lady Mond, pour le moins irrévérencieux et absolument dénaturé par cette dame que vous dénommez 'Fifine'.
>
> Elle semble, en effet, ne pas connaître ou en tout cas, survoler allègrement la vie de Marie-Louise le MANACH, dont vous dites descendre, non pas en ligne directe, puisqu'elle n'eut pas d'enfant, mais peut-être en ligne collatérale.
>
> Je me permet de vous faire observer que son premier mari, Simon GUGEMHEIM n'était absolument pas un aristocrate anglais, mais un juif de l'Est qui mourut à Londres et est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris.
>
> Si elle vécut ensuite avec le duc de Galliera, qui contrairement à ce que vous dites n'était en rien prétendant au trône d'Espagne, (même si sa mère et son épouse étaient infantes de ce pays) ce n'est pas à coup de 'tatanes' qu'elle se sépara de lui, mais à coups d'ombrelle.
>
> D'autre part, ce n'est pas à la commune de Belle-Isle-en-Terre, ni comme vous le suggérez à celle de Belle-Isle-en-Mer, que Lady Mond et son époux offrirent un canot de sauvetage, mais à la ville de Dinard où le couple avait acquis une propriété.
>
> Je pense, Cher Monsieur, que vous êtes bien jeune, avec le verbe bien haut et trop acéré, pour vous permettre de juger une femme qui dépensa sans compter pour les autres (même riche, rien ne l'obligeait à cela), et qui pourrait être votre arrière-arrière grand-mère. Un peu de respect pour cette lady (dans tous les sens du terme) qui encouragea les arts et la culture et qui fit tant de bien pour sa commune ne nuirait en rien à votre esprit persifleur et déplacé.
>
> J'ose esperer que cet 'article' que vous avez écris n'est en rien le reflet exact de votre personnalité.
>
> Après cette mise au point que je jugeais nécessaire, croyez, Cher Monsieur, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
>
> X ( arrière-petit-fils d'une cousine de Lady MOND
***********************************************************************

Et en bonus, pour ceux qui ne sont pas encore morts dans d'atroces convulsions à la suite d'une explosion de la vessie, je te mets la réponse.
Oui, c'était la première et la dernière fois qu'on nommait un des posts de ce blog "article", Charlotte a pas encore fini de ricaner d'ailleurs, ça méritait bien une réponse tout de même.

***********************************************************************

Cher lecteur et possible lointain cousin à la mode de Bretagne

Tout d'abord je tiens à vous remercier pour avoir lu cette note jusqu'au bout, ce qui est plus que ce que la majorité du lectorat a fait.
J'ai senti chez vous le souci du détail qui marque le biographe attentif et amoureux de son sujet.
Effectivement, quelques scandaleuses inexactitudes parsemèrent mes propos, je vous remercie de les avoir rectifiées, c'était la faute au vieil article truffé d'inexactitudes, la faute à la stella artois et peut-être un peu la faute à la mémoire à Fifine. Je pense également qu'une partie de la faute revient à l'andouille fumée.

Je tiens cependant à rectifier un détail d'importance, qui indique que si vous avez lu avec attention le moindre élément en rapport avec Lady Mond, vous fûtes un peu laxe sur le reste de la production, vous adressant à moi par un civil mais inadéquat "cher monsieur", quand vous eussiez fait preuve de davantage d'élégance en introduisant un neutre "cher auteur" ou bien "cher parent inconnu", voir un "chère mademoiselle" qui  eût été plus approprié.

Cependant, trouvant votre missive pleine de justes observations, je pense la publier sur mon nouveau journal, dans une rubrique qui sera baptisée, avec esprit, "courrier des lecteurs".
Je vous enverrai un courriel pour vous tenir au courant de la parution de ce courrier plein de mérites biographiques.

Cordialement Kenavo
***********************************************************

Lady Mond si tu nous regardes, PARDON.

Posté par MeryllB à 15:59 - Commentaires [9] - Rétroliens [0]
11 mars 2009

du pré-wrap à fromage

Bon ami lecteur, regarde-moi ça, ça fait même pas deux mois et JE REPOSTE.
(c'est la riposte)
(pouet pouet)
(se reporter à la note du 26 Avril 2008 pour plus de détails concernant l'usage du pouet pouet sur ce blog)

Diste-donc, à part Mogador, avec qui je suis liée quasi par les liens du sang si tu considères que grâce à nos activités conjointes ce qui nous coule dans les veines tend plus vers le gewurztraminer que vers les thrombocytes, (et là je peux te garantir que si jamais quelqu'un fait une recherche sous google avec les mots-clefs "gewürztraminer" et "thrombocyte", cette page sera la SEULE a apparaître), à part Mogador donc, on peut pas dire que ça se soit beaucoup piétiné au portillon pour laisser tes commentaires débiles habituels. Sauf Ailuro et Tarmine, car Ailuro et moi nourrissons sensiblement les mêmes rapports si tu penses chouchenn plus que gewurztraminer, et Tarmine reste et demeure la marraine à Chocolat, certains bienfaits sont certains de se voir récompensés dans l'autre monde, ou même dans celui-là, attend un peu que je rentre dans ma Bretagne, tu vas la voir la grosse bouteille de saké. (oui Ailuro toi aussi) (cette fois-ci essaye de pas avoir d'accident avec la pipette en tentant de vermifuger le chat) (si tu passes la soirée aux urgences à plat ventre avec un mec armé d'une pince derrière toi qui tente de récupérer l'objet le saké va te passer sous le nez)

Pour les autres, je vois je vois, il suffit que je prévienne que ya pas de buffet et tout le monde détale sur marmiton.org comme des petits lapins aux pruneaux, y reste plus personne sauf le Trésor Public, mais je te raconterai pas mes menus soucis de cotisation retraite, dis-toi juste qu'au Japon c'est pas le petit livre rouge, c'est le petit livret bleu qui contient la sagesse des générations précédentes (et surtout leur fric) et si tu l'as pas t'es foutu, FOUTU.

Adoncques.
Je te cache pas que mon boulot n'a pas changé, je suis toujours en train de faire la cariste à pied dans un entrepôt à température ambiante, si tu pars du principe que la température ambiante est la même dans la chambre froide d'un restaurant tartare. Je dis bien cariste à pied car j'arrive déjà à provoquer des accidents avec le chariot à bras normal, je voulais passer le permis chariot élévateur afin de nuire davantage mais on a pas voulu me laisser faire.
Car moi, je suis un peu le ben hurle du picking cart. Là où moi et mon chariot on passe, les orteils trépassent dans un bruit d'agonie et une odeur de caoutchouc fondu.

D'ailleurs c'est sûrement à ça que je dois la promotion qui vient de me choir dessus un peu comme la bonne nouvelle de type visite surprise de belle-maman : je suis maintenant manager du pre-wrap. Et là tout le monde, enfin Charlotte et le Trésor Public, de s'exprimer dans un bel ensemble : qu'est-ce que le pre-wrap? (imagine-le avec la voix de Van Damme sinon c'est pas drôle). Bon je commence tout de suite par dissiper un malentendu : le pré-wrap, ce n'est pas l'univers musical français d'avant NTM. Ca n'a même rien à voir avec la musique. Ou avec une quelconque forme d'expression artistique que ce soit. A moins d'être un réalisateur de cinéma de propagande soviétique, mais moi je te cache pas que mon équipe se rapproche plus du radeau de la méduse que du cuirassé potemkine. (là j'avais voulu te faire un jeu de mot sur "cuirassé potemkine", mais "cuit racé pote équine" ça devenait trop dur à replacer, je suis pas les fatals picards non plus)

Donc sans faire davantage durer le suce-Spencer, je te livre le secret du pré-rapping dans toute sa complexité : d'abord tu déballes le portefeuille en cuir de vachette. Puis tu ouvres le portefeuille en cuir de vachette. Tu extrais le mode d'emploi francophone du portefeuille en cuir de vachette. Tu ajoutes le mode d'emploi nipponophone. Tu remballes le portefeuille en cuir de vachette.[1] Tu recommences. Beaucoup, BEAUCOUP de fois.

Inutile de te dire qu'après avoir vu défiler des larfeuilles toute la sainte journée, tu te sens des envies un peu étranges, comme de mettre un CD de De Palmas et faire des trous en forme de louis vuitton dans la prochaine vachette que tu vois par exemple. Et moi je suis donc manager de cette opération fondamentale. En gros ça veut dire que tu es celui qui court au cul des collègues managers pour leur expliquer que non, prérapper trois mille pièces toute seule tu peux pas faire, zyva fais pas ta pute, prête-moi Jean-Pierre. (ou Tanaka dans le cas qui nous occupe).

L’autre avantage fondamental c’est que je participe aux réunions de managers. Oh le fun. Je rappelle à toutes fins utiles que je suis dans le trou du cul du fin fond du Kansai dans la banlieue d’Osaka, déjà il faut que j’arrive à comprendre ce que les collègues racontent, c’est pas gagné. Tu revois ta Taty Moustache auvergnate qui gâtouille à l’épiphanie ? Bon voilà, pareil. Mais en jap. Etant donné que les problèmes nous pleuvent dessus comme giboulée en Mars, ya moultes choses dont j’aimerais parler, mais pour ça il faudrait que les réunions aient lieu, et mes collègues ont une façon bien à eux de combattre l’erreur système et les défauts de formation des utilisateurs, laquelle consiste à aller fumer une clope dans la salle de pause, en comptant sur saint Marcelin patron des caristes pour arranger le coup pendant leur absence. La riposte face aux problèmes est aussi bien de chez eux : au lieu d’aller taquiner le système ou mettre en place un plan de formation pour que les gens apprennent à s’en servir, ce qui est une idée dangereusement proactive, on va faire venir tout le monde à 8h du mat, les faire bosser jusqu’à minuit, et leur sucrer leurs jours de congé. Ben oui tu comprends bien, on a pris du retard, c’est leur faute ils ont qu’à pas faire d’erreurs. Ca me donne des envies de monter une cellule locale de lutte ouvrière ça. Sauf que comme les syndicats au Japon servent à faire du contrôle qualité et non pas des grèves, au final on bosserait jusqu’à deux heures du mat et non plus minuit.

Il faut savoir qu’au Japon, tous les problèmes de management, d’organisation et autres incompétences ont une solution bien simple et universelle : faire bosser les gens plus, et plus longtemps. Etant donné que le salarié japonais de bas étage a) est payé au lance-pierre et n’a que les heures sup pour mettre du beurre dans les épinards b) fait des heures sup depuis l’école primaire et en a fait un style de vie, son way of liiiife (là tu imagines la voix de Franck Dubosc s'il te plaît) le système perdure et tout le monde est content. Je fais donc un peu mon Amélie Nothomb de l’entreposage en ce moment, j’ai même le manager vicieux en option, tout comme dans le bouquin, sauf que le mien y’est est pas très très agréable à regarder, je ne peux donc pas me perdre dans la contemplation de la beauté pendant qu’il déchaîne la colère des kamis sur ma tête, juste à la rigueur me venger en ayant des pensées mesquines sur ses oreilles décollées.

Jvais l’écrire mon putain de roman. « Stupeur et chargement », que ça s’appellera. Et pour m'assurer la masse du lectorat, y aura une scène de cul sur un chariot élévateur, et un buffet.

 


 

[1] Je n’ai jamais bien compris l’intérêt de cette opération. Mon emploi actuel repose sur un vaste malentendu qui donne à croire que les japonais ont besoin d’un mode d’emploi pour comprendre le fonctionnement de la fermeture éclair sur leur larfeuille. En même temps, s'ils avaient réellement des problèmes avec les fermetures éclair, ça expliquerait beaucoup de choses sur le taux de natalité japonais en chute libre si tu élargis le champ de réflection aux braguettes de pantalons.

Posté par MeryllB à 15:13 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]