Mother of the Year
Je suis dans l’groove, ami lecteur.
Le coup de la brève de comptoir c’était une illumination du Saint-Esprit.
A quelques jours de distance, EU’J’REPOSTE.
(oui parfois pour ne pas oublier la belle pluralité de notre culture française, je te fais des petits accents locaux. La c’était mon interprétation du Pas-De-Calais).
A partir de maintenant, tu vas te faire spammer le RSS comme si c’était ton vieux blog sur 20six , j’te préviens.[1]
Alors hier j’étais comme d’ordinaire dans mon rade favori du bas de la rue, en train de vider des godets et de tenter d’enseigner trois pas de danse bretonne à la compagnie, malheureusement en vain. Au passage je te raconte pas comment va craindre du cul le premier fest deiz d’Osaka qui a lieu ce dimanche, j’ai des bonnes chances de me faire étrangler par ceux à qui on avait vendu du rêve et de la geisha à poil dans ses boutoucoats une fois qu’ils se seront rendus compte de la supercherie malhonnête en m’apercevant seule dans ma marinière, serrant sur mon coeur mes CDs des Sonerien Du.
(ah tu le saviez pas, hein, que j’aimais les danses bretonnes. Et qu’en plus j’avais décidé d’élargir le cercle de ma nuisance sur Osaka. T’inquiète j’ai encore plein de vices cachés comme ça, on a beau se connaître depuis huit ans on s’est pas encore tout dit).
Donc voilà, on était en train de mettre des coups de pieds dans les meubles quand soudain...
Soudain débarque une nouvelle habituée que je ne connaissais pas, et pourtant vu que je suis devant, derrière et parfois sous ce zinc presque tous les jours que Saint Pampalon[2] fait, je te garantis que je les connais toutes, et même parfois la couleur de la culotte de celles qui tombent de leur tabouret.
Donc cette jeune personne arrive en traînant derrière elle une autre jeune personne mais plus jeune et de moins d’1m50.
Il nous faut à tous un moment pour tirer la conclusion logique des informations rapportées par nos yeux incrédules : une enfant. Dans ce bar. Avec des Français qui cavalent en mettant des coups de coude dans les fumeurs installés au comptoir et occupés à lever leurs coudes à eux, tout en écoutant le barman raconter une histoire de cul.
Hot damn.
On arrête les coups de pieds, les coups de coudes et même l’âpre compétition de lever de coude au bar est interrompue car on essaye de trouver un tabouret pas trop sale pour la mouflette qui nous regarde placidement.
Il s’avère que la jeune personne est une maman de 42 ans et que son enfant en a 9. C’est trompeur l’âge chez les Japonaises.
Elle vient nous voir avec sa progéniture car la progéniture n’a pas de babysitter et elle, elle a un mec français. La connection ne me paraît pas flagrante.
Une heure plus loin, la connexion ne me paraît toujours pas évidente mais ce qui est certain, c’est qu’il est 23 :30, que la morveuse en a rien à carrer que je sache faire l’ombre d’un lapin sur le mur avec mes doigts, qu’elle a fini son verre de guernadine et qu’elle se fait chier comme un rat mort. Assise sur son petit tabouret, écrasant avec sa paille les quelques gouttes qui traînent encore au fond de son verre, elle raconte pas grand-chose si ce n’est, sur sollicitation, qu’elle est moyennement ouachée par le lumineux projet maternel qui consiste à les exiler à Paris.
Je peux comprendre qu’à 9 ans on ait peur de partir à l’étranger, et apparemment elle est particulièrement traumatisée par le fait qu’on la fera dormir dans une chambre à part et non plus avec maman. Je préfère ne pas lui expliquer qu’elle sera encore plus traumatisée si elle continue à dormir dans le même lit que maman.
Bref, cette maman responsable qui est en train de descendre son énième verre m’explique que son mec a un bon boulot à Paris mais qu’elle est pas trop-trop sûre de son plan car dit-elle, il se plaint de ses cheveux noirs par terre dans la salle de bains et de ce qu’elle utilise trop de PQ.
Inutile de te dire qu’en entendant ces propos, je flaire instantanément le mari et beau-père modèle.
Notre cliente n’a pas l’air de partager le sixième sens féminin qui se met en alerte chez toutes les usagères au comptoir alors que nous tentons de lui insinuer délicatement que son projet est daubé du cul.
Du coup pour me prouver que j’ai bien tort, elle l’appelle et me colle son téléphone dans l’oreille. Je reprécise à toutes fins utiles que jusqu’à ya une heure je n’avais jamais vu cette greluche de ma vie. Tout ce que je déduis d’une conversation de deux minutes avec un mec aussi ahuri que moi c’est qu’ aucun de nous deux n’a vraiment compris ce que l’autre venait foutre au bout de la ligne.
Je tente l’argument de la dernière chance : oui mais et la gamine, elle va aller à l’école ou bien ? Ce sera pas trop dur pour elle de quitter tous ses repères ? La mère répond avec philosophie que de toutes façons elle est incapable de lire le japonais et que donc elle ne pourra qu’être plus heureuse en France.
Bon.
Pour regarder le côté positif des choses, on peut se dire qu’au moins à Paris la mioche aura moins de chances de manger des légumes radioactifs.
Par contre elle risque de se faire tirer son passeport à Châtelet et après elle sera sans papiers et il ne lui restera plus qu’à intégrer une fabrique de gyoza illégale dans le quartier chinois où elle travaillera misérablement jusqu'à la fin de ses jours. Et quand elle sera trop vieille pour travailler elle sera mise dans un charter à destination de Kaboul parce que les mecs de l'immigration ils ont pas des très bons yeux.
[1] Et c’est là que les requêteurs google égarés qui pensaient naïvement trouver des photos de cul mettant en scène des bigoudènes et la mule du curé de Camaret, ce qui les trahit comme ayant moins de quinze ans ou plus de soixante-quinze ans, se demandent tous ce qu’est 20six.
[2] Bon je t’explique plus, tu sais comment on fait : tu regardes sous glouglou, tu comprends que comme d’habitude je t’ai raconté des conneries, tu rigoles un peu s’il te plaît, et puis pour finir tu remercies Google de t’avoir empêché de passer pour un oursin dans la bonne société de ton village.
Mimi la Fouine
Bon alors ami lecteur, depuis que je bosse dans une boîte 100% jap, j'ai à peu près une illumination sociologique majeure par jour.
En général accompagnée d'une envie pressante d'étrangler mon prochain.
Heureusement pour mon casier judiciaire, celle-ci est aussi impérieuse que passagère, un peu comme l'envie de pisser après un thé au jasmin. Je n'ai donc pas (encore) cédé à mes pulsions.
Par contre j'ai souvent du bon gros rigolo sous le coude, je me dis "faut en faire une note", pis j'oublie, ou bien je pense aux cinq autres notes qui traînent sur mon disque dur dont l'interview rigolotte de l'activiste politique réac que je dois te sous-titrer depuis six mois, et pis du coup je fais jamais.
Donc là j'ai décidé de te mettre des notes type brève du café du commerce. Comme ça tout le monde en profite, et j'ai moins envie d'étrangler mon prochain.
Bon. Allez je me lance, on s'accoude au zinc, ayé t'as le pouce bien calé dans l'anse de ta chopine de bière, un oeil sur les résultats du tiercé qui passent à la télé au-dessus du comptoir? bon on y va.
Découverte majeure : finalement, quel que soit le pays dans lequel on travaille, les mêmes personnages se retrouvent un peu.
Explication de texte :
Chez nous on a une secrétaire que j’ai affectueusement surnommée par-devers moi « Mimi la Fouine ».
Toujours au taquet question ragot, Mimi ne laisse rien échapper à son oeil d’aigle. Si j’arrive en boîtant, on est certain de la voir débouler à notre étage sous un prétexte fallacieux pour savoir ce qui s’est passé. (ça t'intéressera d'apprendre que quand je prend un cours de conduite, j'ai tendance à mettre la moto dans le mur)
Si mon collègue chinois est absent de son poste, elle va s’installer à son bureau et passer en revue les photos de son sous-main en faisant des commentaires sur celle de sa copine.
Si notre service déménage d’un étage à un autre, elle va venir quatre fois dans la matinée pour s’imprimer de la nouvelle atmosphère et de la nouvelle répartition des meubles, ce qui est probablement un bouleversement sans précédent car ça fait dix ans qu'elle voit les mêmes tronches assises aux mêmes bureaux. Tout ça avec des commentaires pénétrés du type « maintenant que Relou Kacho est plus là, c’est plus calme non » ?
Par contre quand la petite sous-secrétaire traverse les bureaux en sanglottant pour aller s’enfermer dans le réduit à vaisselle, là bizarrement c’est pas Mimi la Fouine qui va la chercher pour lui tenir la main pendant dix minutes pendant qu’elle morve sur ton pull.
Car Mimi La Fouine a une vision inflexible de ses fonctions de centrale du renseignement : c'est un peu une envoyée spéciale à la photocopieuse. Sa mission est d'observer et d'informer. Elle est donc tenue par le principe de la non-intervention.
Le résultat c'est que la chef de secrétaires peut donc défoncer sa mouille à la sous-secrétaire, Mimi c'est pas son problème.
J'ai checké, apparemment la sous-secrétaire nous fait le coup tous les trois mois. Mes collègues haussent philosophiquement les épaules.
Conclusion et corollaire à la découverte majeure :
On peut parcourir autant de kilomètres qu'on veut, finalement on s'éloigne jamais trop de son PMU de quartier.
A la Saint Valentin, peu de chance au tapin
Cette note date de la St Val-de-Marne, simplement je t'ai fait le même coup qu'à chaque fois : j'avais une autre note en cours et j'ai voulu attendre de l'avoir finie avant de poster celle-là parce que sinon c'est la porte ouverte à toutes les anarchies, et je ne mange pas de ce pinpin-là. (ou alors uniquement s'il s'appelle Brad Pitt).
Et vu comme l'autre note nécessite la mise en place de moyens techniques situés très au-dessus de mes moyens intellectuels, je sens que si j'attends de m'être sorti les doigts pour avoir sous-titré la vidéo que je voulais te mettre, eh ben on sera tous ménopausés, même la note, qui sera donc ménopausée mais non postée.
Donc je somme Bobby Lapointe de sortir de ce corps et je lui rappelle que j'ai maintenant 30 ans et que c'est plus de mon âge ces conneries, et je continue.
Pour cette note au coeur de l'imaginaire, je te demande de suspendre le scepticisme, de faire un effort d'imagination et de te transporter au 14 février. Oui je sais que tu avais ta culotte en dentelle autour des oreilles ce soir-là, ben fais un effort pour décoller un genou t'entendras mieux.
C'est la St Valentin, donc par conséquence et suivant une tradition annuelle désormais fermement établie, je suis chez moi avec une bouteille de pinard ( à la St Valentin / tête à tête boute-en-train / avec un verre de vin).
Et là tu t'imagines la déchéance de la trentenaire Bridget Jones alcoolique en train de beugler all by myself en pyjama dans son salon. Et je te dis : tout est vrai. Si tu remplaces Céline Dion par Skunk Anansie. Pour bien que tu t'imagines j'ajouterai que j'ai des chaussettes en pilou rose qui tire-bouchent, mais par contre le pinard c'est du bon parce que j'ai encore des gens qui pensent à moi le jour de mon anniversaire.
Donc voilà on est trois, le pinard, France Inter et moi, avec les chaussettes en pilou et la bouillotte. Allongée sur le canapé avec la bouillotte sous le cul car après plein d'essais stratégiques, j'ai remarqué que c'est sous le cul qu'elle chauffe le mieux, je sirote mon pinard en essayant de pas tacher mon pyjama en pilou et je fais une petite rétrospective des St Val de toute ma vie car après tout la dizaine c'est l'âge pour ce genre de conneries.
Je vais pas toutes te les raconter et je te fais un résumé de l'épisode : y a toujours eu de l'alcool et en général du vin, consommé en solitaire ou en gros groupes débauchés, mais jamais à groupe de deux. Donc au final ça a pas systématiquement baisé, par contre ça a systématiquement bu et même des fois ça a vomi.
Et pourtant cette année figure-toi qu'on l'a échappée belle, j'ai failli pas être là pour te raconter des conneries. Mais je suis là quand même au final et je vais t'expliquer pourquoi.
Je vais te résumer plusieurs épisodes de loose de la culotte à l'aune d'un étalon révélateur (tu te rendras compte très vite que l'étalon est l'épisode, pas le jeune homme en question).
Mise en place des protagonistes :
LUI
Salaryman de la connaissance d'un de mes clients qui a obtenu le numéro de mon portable professionnel par le simple expédient de me demander ma carte de visite (à la St Valentin il te lâche pas le bouzin), et qui depuis fait du draguing.
Si Jacques Martin lui avait demandé ce qu'il aimait dans la vie, il aurait répondu la moto, les fringues de marque, le shopping et éventuellement les équipements Sony. Et aussi commander des bouteilles de vin hors de prix dans des restaurants qui coûtent la peau, sachant que je suis impliquée à hauteur de 50% dans le règlement de ses méfaits. Inutile de te dire que mes projets de trecking de l'extrême à dos de bourrin en Mongolie cet été ont un peu fait la gueule quand le patron, qui lui par contre était ravi, est venu nous présenter la note.
MOI
On se présente plus, on se connaît. J'ajouterai juste que depuis la dernière fois qu'on s'est un peu raconté nos vies, j'ai fait du MMA et de la capoeira. Je commence donc à développer des épaules de déménageur d'Europe de l'Est, et je suis par conséquent au zénith de ma féminité.
C'est donc à l'occasion de ce premier rendez-vous dans un restau français que je pus apprendre qu'il fait de la moto.Tu me connais, romantique et sensible comme je suis, j'ai instantanément rapproché cette info avec le fait ma moto a besoin d'être montée (à la St Valentin un dimanche matin avec ma catin... Bon tu connais le reste de la chanson). Je t'arrête tout de suite cependant, il faut trop froid pour aller faire des saloperies derrière les poubelles du restau où on se serait encore une fois mis à poil après une balade en moto. l'excursion doublecyclée n'est pas prétexte à d'autres enfourchages. Si tu te demandes pourquoi, je te précise qu'à part sa passion pour le shopping qui n'éveille qu'un intérêt modéré de mon côté, il a autant de conversation qu'un grille-pain bloqué sur le mode « mollet ».
Cependant, un petit tour dans Osaka sur cet engin dont je suis la fière propriétaire à 50% malgré un feu arrière qui marche pas et un pot d'échappement qui fait plus de boucan de troupeau de buffles en rut (à la St Valentin tu crains de l'arrière-train), ça aurait pu être sympa-sympa, surtout que des potes qui causent pas mais que t'aimes bien quand même tout le monde en a, j'étais donc disposée à tenter.
Ajoutant à cela le fait que je n'ai toujours pas le permis mais que Gudrun (c'est son nom) se morfond dans le hangar depuis six mois, j'ai dit banco on vend la caravane et j'ai invité ce jeune salaryman qui proposait, l'innocent, un rendez-vous, à faire un petit tour sur Gudrun. Enfin si tu suis tu auras vu que je l'ai invité à conduire pendant que je prendrais la place du mort derrière.
Premier constat pré-enfourchage : la batterie est morte. Deuxième constat, ce dernier arrivant malheureusement après que j'aie poussé Gudrun en soufflant comme un phoque asthmatique jusqu'à la station essence du bout de la rue : la station est fermée le dimanche (à la St Valentin, pour ta batterie tu f'ras tintin).
Bon. Je commence par jurer, et ensuite on cherche une solution. On a le réflexe conditionné par la bite génération et dans un bel ensemble on fait péter le smartphone. Il le fait jaillir avec aisance de la poche de son pantalon de moto moulant, tandis que je l'extrais avec un peu plus de difficulté de la doublure qui colle de ma moumoute déchirée. Le sien est rutilant avec des tas de pixels. Le mien est certes un iPhone mais il a eu des jours meilleurs, très exactement tous les jours jusqu'à ce que je l'achète il y a trois mois. Je peux posséder n'importe quel objet à la pointe de la technologie et en deux mois lui donner l'air d'une serpillière qui a servi à éponger le vomi de tout le département de ventes d'une PME du Shikoku profond après le pot de départ du PDG. C'est un talent.
Donc bref on dégaine. Le jeune homme a l'air de savoir ce qu'il fait. Il garde cet air au visage suffisamment longtemps pour que je comprenne qu'il va falloir que je prenne les choses en main, et vu que je lis toujours très mal le japonais, plutôt que de me battre avec yahoo.co.jp pendant une demi-heure pour trouver la liste des stations services ouvertes le dimanche dans les environs, j'ai recours au simple expédient qui consiste à coller Gudrun entre ses pattes manucurées et je franchis la route au péril de ma vie pour aller demander conseil au combini du coin. Le combini sait TOUT,TOUT (même sur le zizi, mais je leur ai pas demandé). Le combini est l'équivalent de la pythie des temps modernes, c'est l'oracle de la dernière chance qu'on va voir en temps de désespoir. Il rassemble pour le quartier reconnaissant les fonctions de renseignements, toilettes de gare, sex shop, fast food, pharmacie et, pour le très bourré ou le très seul, confesseur. Le combini est un univers magique donc le staff est spécialement entraîné à répondre aux questions les plus débiles et les plus improbables. Le jeune homme du combini, plus vif que mon pote salaryman, m'informe donc qu'à 20 minutes de poussette il y a une station essence ouverte H24. Bon. Je me roule les manches, je fais appel à mon éducation en établissement catholique pour faire remonter à la surface les pires blasphèmes de mon répertoire, et je pousse en jurant le nom de Dieu, Marie et Joseph et en ahanant sur deux kilomètres. Le jeune homme sait se rendre utile en portant les casques et en suivant mollement derrière. A un moment, il soutient même de sa main racée un des poignées de Gudrun le temps que je change de côté pour pas flinguer toujours le même bras. Bon. On arrive à la seconde station, qui avait choisi la semaine précédente pour changer ses horaires de travail et commencer à fermer à 18:00. La pute. (à la St Valentin tout part en eau de boudin). Je continue à pousser Gudrun jusqu'au restau d'un pote en espérant qu'il pourra m'aider ou au moins me laisser pleurer un petit peu sur son comptoir, mais bien sûr le restau est fermé. Bon. Je te passe les détails sur le poussage de Gudrun jusque de retour chez moi. Sache juste qu'il y a des chances pour que l'inquisition soit remise en activité juste pour moi et pour qu'une fois qu'ils en ont fini avec moi j'aille direc en enfer. Pendant ce passage difficile, ce jeune homme décidément plein d'avenir sait s'attirer mes faveurs en portant mon sac à main en plus des casques et en continuant à suivre derrière. Je t'épargne aussi le dîner au ramen du coin où, pour voir, je l'ai fermée deux minutes.
C'était un test. Je ne m'étais pas trompée. Il n'y avait bien que moi à causer tout ce temps.
Pour te faire une analogie simple mais révélatrice, c'est un peu comme les jouets à bascule. Si tu ne fournis aucun effort initial, l'objet ne bouge pas, et même après que tu l'aies lancé, rapidement le mouvement se ralentit, s'essouffle et finit par cesser, alourdi par le cul en plomb de l'objet. Sauf que là c'est la conversation qui est plombée. Il faut donc une sollicitation continuelle de ta part, et un peu comme les poussah quand t'avais 5 ans, ça a beau être joli et coloré, au bout d'un moment ça lasse. En des termes plus simples : si je pose pas de questions, l'initiative vocale ne se manifeste pas de l'autre côté. Arrive donc le point cruel et fatal où t'en peux plus de sa tronche, qui est à peu près le point où tu réalises que tes efforts de communication ne sont QUE couronnés par des réponses du type "aujourd'hui j'ai été acheter un baladeur Sony. C'était bien." Donc même pour lui dire merci d'avoir porté le sac à main et les casques, c'est sûr, je vais pas pouvoir rester assise en face une heure de plus, même avec une bouteille pour aider.
Il est donc clairement établi que l'itinéraire de retour part du restau et rejoint la station de métro en ligne droite, ne passez pas par l'appart, ne touchez pas au vin blanc. (à la St Valentin, si t'es pas ouaché guedin tu rentres sans muffin).
De son côté, il a pu essentiellement m'admirer pendant que j'étais créative avec des mots à base de foutre-quelque chose, et il a pu constater en me suivant dans le froid que je peux pousser une bécane sur approximativement trois kilomètres, talent sexy et féminin s'il en est. Du coup il a pas non plus trop-trop insisté pour l'avoir, son dernier verre de la dernière chance.
Pour garer un aspect social à la chose, on a vaguement prévu qu'il revienne donner un coup d'oeil à Gudrun ce soir mais on s'est bien dit, pas si y pleut. Y pleut plus mais il a plu toute la journée, on considère tous les deux que ça compte quand même.
Du coup pas de plan Gudrun ce soir.
Finalement dès que j'ai fini de t'écrire ça je vais aller me prendre un godet dans le bar – PMU - rendez-vous des alcooliques anonymes – cellule de crise nucléaire – karaoke sauvage – restau insalubre les vendredi soirs de mon pote Jano.
Parce que finalement le proverbe le plus fiable reste « A la St Valentin, sois bourré comme un coing avec tes copains ».
Le Protocole des Gogues
Ami lecteur, cette semaine je te reviens avec du croustillant, du lourd, de l’odorant même : du sujet de fond de slip de société comme jamais tu n’avais espéré en lire sur ce blog éducatif.
Je viens de toucher du doigt (avec un certain dégoût, je me suis lavé les mains après) un clivage homme / femme qui avait jusqu’alors échappé à mon esprit sagace.
En effet, je n’avais jamais intégré la différence fondamentale que je m’en vais t’expliquer.
Attention, *mise en situation* :
Un vendredi soir, à l’entreprise. Dernière ligne droite avant de mettre les bouts.
Je me retire dans le lieu d’aisance afin d’opérer un drainage discret. Je sors du lieu d’aisance, me lave les mains au lavabo conçu pour. A ce moment entre le fils du patron. A toutes fins utiles, je précise que dans ma PME, il y a une salle de toilettes par étage. Laquelle est composée, le détail va prendre son importance dans deux secondes, d’une stalle fermée (que j'utilise pour des raisons physiques manifestes) et d’une pissotière (que je n'utilise pas pour les mêmes raisons), laquelle est située juste à côté du lavabo. Il est convenu que la présence de la pissotière rend les toilettes sexuée, à l’usage des détenteurs d’un chromosome Y. A mon arrivée dans l’entreprise, lorsque j’ai découvert simultanément que j’étais la seule femme de mon bureau, et que les toilettes pour femmes se trouvaient au cinquième étage, soit deux étages plus haut, j’ai immédiatement demandé la permission d’utiliser l’équipement présent à mon étage en feignant hypocritement de craindre pour ma productivité. La permission me fut accordée, sous réserve, me dit-on, que ça ne me gêne pas d’utiliser les mêmes toilettes que les hommes. L’odeur ne risquait-elle pas de m’incommoder, me demanda-t-on avec sollicitude. Je répondis avec franchise que non, et l’affaire fut entendue.
Pour éviter à mes collègues masculins l’embarras de se faire surprendre le pantalon sur les chevilles, je mis en place un système simple mais rusé : électricité allumée = toilettes occupées. Retour à la case départ, ne touche pas la chasse d’eau. Electricité éteinte = la voie est libre, sus aux cagoinsses.
Grâce à cet expédient, je ne croisais jamais mes collègues dans les chiottes et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Jusqu’à ce vendredi soir fatidique, donc.
Le fils du patron entra. Me vit, se figea l’espace d’un instant, puis continua son chemin jusqu’à la pissotière à mon côté. Je pris cela pour une provocation car il me semble entendu que, lorsque des toilettes à une seule place sont manifestement en cours d’utilisation, il est de bon ton d’attendre dehors plutôt que de venir envahir l’espace personnel de l'utilisateur. Lorsque je signalai aimablement qu’il aurait été bien urbain d’attendre mon départ pour tomber le caleçon, il me fit remarquer avec une logique irréprochable que si ça ne me plaisait pas, je n’avais qu’à utiliser les toilettes des femmes.
C’est là que dans un éclair, j’entrevis la réalité.
Attention, *révélation* :
La femme fait pipi avec la porte fermée, les genoux serrés et le minimum de bruit possible. Le consensus social est qu’il ne fait pas que sa copine Maiwenn vienne lui parler à travers la porte pendant cette opération délicate, et qu’il faut feindre d’ignorer les bruits disgracieux.
L’homme s’égoutte l’outil tranquillement en parlant de la pluie, du beau temps et du baseball avec son copain Tanaka de la compta. Le consensus social se réduit à essayer de ne pas s’égoutter sur les chaussures de son voisin. Il n’est pas exclu qu’une salve gazeuse soit accueillie par quelques « hur hur hur » joviaux.
Je n'avais donc pas affaire à une déclaration de guerre, mais à un différence de perception radicale entre les hommes et les femmes.
Pour tester cette théorie audacieuse, je décidai de faire un mini-sondage.
La question a été la même pour tous les sondés : « quand tu es un homme et que tu sais qu’il y a UNE SEULE pissotière à disposition, si les toilettes sont occupées, tu rentres quand même ?
Je te livre les résultats.
Attention, *enquête sociale* :
ORIGAMI, Française (échantillon-témoin féminin)
« Sûrement pas, c’est de la provocation, il cherche à t’humilier. »
JANO, Français (pratique)
« ben oui, les hommes ça les gêne pas. Faut s’habituer si tu veux utiliser les mêmes toilettes qu’eux. »
DAS, Japonais (conventionnel)
« ben oui, les hommes ça les gêne pas. Mais pourquoi tu utilises les toilettes des hommes, quelle drôle d’idée ? »
PAPA, Français (sociologue)
« ben oui, les hommes ça les gêne pas. Tu sais à Rome, dans les toilettes publiques, hommes et femmes s’asseyaient côte à côte et discutaient le bout de gras pendant que ça se faisait. En même temps on peut comprendre qu’ils trouvaient le temps long, avec ce qu’ils bouffaient ils étaient sûrement constipés à mort. »
Merci pour cet interlude culturel, papa.
Attention, *conclusion* :
J’ai tiré la conclusion suivante de cet épisode navrant mais riche d’enseignements. (après avoir assisté au spectacle décrit ci-dessus, tu n’as plus envie de tirer rien d’autre).
Papa a raison : à Rome, faisons comme les Romains.
Si je veux me rebeller contre la ségrégation des chiottes qui m’oblige à gravir deux étages pour une miction socialement acceptable, je dois me plier aux us et coutumes locaux.
Ma seule excuse pour mon esclandre précédent était une sincère ignorance culturelle.
A partir de dorénavant, je continuerai donc tranquillement à me laver les mains aux côtés de Tanaka et consorts pendant qu’ils se secouent le pingouin. S’il le faut je leur parlerai de baseball.
Pour m’intégrer, je suis même prête à faire des plaisanteries sur la dernière goutte qui est toujours pour le pantalon.
Suite à ces tentatives d’intégration, je pense que j’ai de fortes chances de me voir rapidement exilée aux toilettes du cinquième par ma hiérarchie.
Mais que ce soit clair : si l’on m’interdit l’accès aux toilettes de notre étage, il faudra qu’il soit admis que c’est parce que ma présence gêne les hommes.
Je ne me laisserai pas chasser par des déballages génitaux outranciers et je ne permettrai pas un maquillage des vraies raisons de l’interdiction avec des arguments du type « c’est mieux pour ta sensibilité féminine. »
NON. Mon bannissement devra être assorti de la conclusion claire et reconnue : la gonzesse, c’est pas moi.
Ah mais.
Amélie Nothomb avait raison : aller aux toilettes est un acte politique de nos jours.
Et comme la décence m'empêche d'ajouter une photo sur ce post, à la place je te mets une vidéo japonaise d'une grande importance sociologique :
How to Deal With Slow Walkers(480p_H.264-AAC)
L’année (du Dragon) de tous les dangers
Bon alors ami lecteur, pour commencer je te souhaite la bonne année.
Et là j’aimerais avoir les capacités techniques de mettre un podcast de hautbois et musette parce que nom de Dieu, on n’est même pas le 15 Janvier et déjà je reposte !
Du jamais vu.
Du à peine croyable.
Est-elle dopée, se demande mon seul lecteur qui se trouve actuellement être la ville de Kyoto qui vient vérifier que je n’ai pas de revenus non déclarés.
J’en profite pour vous dire que j’ai bien reçu la facture complémentaire monsieur le Maire.
j’ai pleuré, un petit peu.
Puis j’ai vérifié si y avait pas confusion. Parce que la famille impériale, domiciliée château de, c’est bien la même ville mais c’est pas la même adresse.
Ca expliquerai la somme, c’est vrai qu’on n’a pas trop-trop les mêmes revenus.
Puis au final comme votre département charognards collecte m’a bien confirmé qu’on ne m’avait pas confondue avec la princesse impériale, j’ai imaginé toutes sortes de suggestions créatives sur l’endroit où et la manière dont vous pouviez vous fourrer cette facture, avec ou sans condiments.
Bien sûr je paierai quand même parce que je suis une immigrée dont le visa dépend directement de sa capacité à cracher au bassinet.
J’espère juste pour vous que votre nom ne sortira pas durant un énième scandale politico-financier découvert par les journalistes japonais, lesquels sont tellement blasés qu’ils en sont rendus à compter sur leur petit scandale hebdomadaire pour remplir leurs colonnes comme le serveur compte sur ses pourliches pour arrondir ses fins de mois.
Je dis ça parce que si c’est avec mes sous que vous êtes allés faire dédé la fanfreluche à Gion en compagnie de maiko à la cuisse légère, inutile de vous dire que ça va chier des grosses briques de pays dans leur mortier.
Donc voilà ami lecteur, c’est l’année du Dragon alors FAIS ATTENTION.
Et te laisse pas avoir par l’intox de l’enemi qui tente de te vendre sur les cartes postales de bonne année de petits êtres mignons amis de Hello Kitty, s’il te plaît.
Le Dragon est, me souffle Wikipedia dans l’oreillette, l’animal qui a toujours raison et qui écrase la gueule de ses petits camarades pour arriver à son but.
Pour des raisons évidentes, c’est donc le signe favori des familles chinoises qui s’acharnent vigoureusement à fabriquer des mômes pendant cette année, à tel point que le Parti est obligé de faire des campagnes de stérilisation d’information pour leur expliquer que c’est pas une super bonne idée car la compétition à l’école sera encore plus féroce pour les petits Dragons.[1]
Mais puisqu’on t’a dit qu’ils aimaient ça. C’est tous des futurs cadres supérieurs du Parti on te dit.
D’ailleurs à ce sujet je voudrais passer un big coucou à tous ceux qui sont nés l’année du Clébard (dont moi) :
Les copains je vous préviens qu’on peut tout de suite numéroter nos abatis.
Les Dragons avec leur yeux pleins de rosée et leurs fleurs de cerisier, là, ben ils vont nous bouffer le cul en mayonnaise.
(Je te présente un portrait robot de l’enemi : Draco Vitiosus, le pire de tous. Il te fait pleurer avec ses yeux et après il t’encule)

D’ailleurs je pense que la ville de Kyoto est du signe du Dragon.
BONNE ANNEE AMI LECTEUR
[1]Cette affirmation vient de sources complètement non vérifiées*
*Elle est donc parfaitement valable
Le Sempai Sympa
(ce titre aurait pu être le nom d’un restau français au Japon.)
(Et encore uniquement si le chef avait vécu en France.)
(Parce que quand le chef d’établissement n’a jamais eu qu’un unique rapport (hi) avec la langue de Molière -lors de son visionnage du douzième volet de la série « bite dure pour femme mûre »- et qu’il tente d’insérer du français dans le nom de son magasin, ça te donne des accomplissements majeurs du genre le salon de coiffure « Fierté des Bras ». Je suis toujours à la recherche d’une explication plausible : comment un type peut-il s’estimer crédible en vendeur de permanentes quand le nom de son rade implique que les coiffeuses sont toutes haltérophiles ? Peut-être que la spécialité de la maison est le bigoudi tiré avec force d’un coup sec , assurant une frisure maximale suivant la méthode « ruban de paquet de Noël ». Ou alors peut-être que le salon est géré par les yakuza et qu’on arrache les bigoudis aux malheureuses tenancières des gargottes avoisinantes jusqu’à ce qu’elles payent la taxe de protection) .
Ah tu as vu ami lecteur, j’ouvre direct la note par une parenthèse de 13 lignes, je tiens la forme aujourd’hui je te dis que ça.
Ca va encore être la fête à ton slip.
Donc aujourd’hui je vais à nouveau aborder un sujet sociétal de fond de culotte, vois comme je te gâte.
Aujourd’hui nous allons parler, enfin JE vais parler et tu vas m’écouter en te retenant de pisser, ou bien tu vas même zapper directement sur la page de rue 69, de la relation sempai-kohai.
Ah. Et là même le vendeur de la NHK qui tente désespérément de me faire payer une taxe sur la télé que je ne regarde jamais, arrête un instant d’essayer de coincer le bout de sa chaussure dans la porte pour tendre l’oreille. Car le vendeur de la NHK aussi sait ce que c’est que la relation sempai-kohai.
Dans la définition du dico, et ne compte pas sur moi pour te mettre un lien, le sempai est le détenteur de l’expérience et le kohai est le bleu-bite qui reçoit cette expérience. Le sempai prodigue son enseignement au kohai et éventuellement lui couvre le cul quand le kohai fait une connerie. Le kohai adule son sempai et va lui chercher du thé tout le temps.
Donc tu l’auras compris dans le cas de la NHK, le sempai boit le café (que le kohai est allé lui chercher) dans la camionette pendant que le kohai sonne à tous les interphones dans l’espoir vain de faire cracher des ronds aux usagers de la télévision.
Mais nous nous éloignons un peu du sujet.
Dans le cas qui nous préoccupe, j’ai eu l’occasion de me frotter à quelques reprises à la ruguosité de mes sempai. Y en a des plus rugueux que d’autres mais ils sont dans l’ensemble bienveillants quoiqu'avec une haleine un peu chargée. Sauf. SAUF. Le kacho manager d’équipe de la ville de Kyoto. Il a bien sûr l'haleine chargée lui aussi mais en revanche il est bienveillant comme une punaise dans un chausson.
Sans doute dans un souci altruiste de parfaire mon expérience de la vie d’entreprise au Japon, il a donc décidé de m’apprendre le caniveau lors de notre première tournée de visites client.
J’ai eu le droit ami lecteur au traitement Kohai Premium.
Il m’a sorti tout le grand jeu, tout, le grand fou. Ainsi plus de quatre années après mon entrée dans la vie active, j’ai eu le privilège de prendre part à une reconstitution historique narrant la première journée en PME de seconde zone d’un jeune débutant japonais tout frais émoulu de son université de province.
Dès l’instant où je montai dans la camionette j’eus une mise en bouche : je me fis copieusement engueuler car Relou Kacho n’avait pas compris ce que j’étais venue faire à Kyoto. Une timide tentative de disculpation mettant en avant le fait que son boss le savait quant à lui depuis des semaines suivie d’un détournement de responsabilité sur la communication interne de son bureau fut balayée avec superbe d’un geste de la main lourd du poids de ses années d’expérience face auxquelles je n’avais qu’à moucher les chandelles de morveuse qui me pendaient au nez.
La suite de la journée fut dans le même esprit. Je portai les paquets de livraison alors que Relou Kacho taillait devant comme un petit cabris, me laissant perdue à une occasion sur un carrefour car la pile de cartons étant plus haute que ma ligne de vision, je n’avais pas été assez agile de la rétine pour repérer dans quelle petite allée il s’était faufilé.
Au bout d’un moment il avait chopé le coup de main et nous avions un rythme bien rodé : il rentre dans le restaurant en clamant notre arrivée. Tandis que je me prends la porte dans la gueule, il me présente au chef, en général avec un assortiment de commentaires humoristiques. Une fois que j’ai pu poser les cartons et que subséquemment le chef peut apercevoir mon visage, je me présente. Au bout de trois mots le chef, bon commercant, s’extasie sur mon niveau de jap. Là-dessus Relou Kacho embraye sur sa blague favorite qui sera son fonds de commerce pendant tout le reste de la journée : les Français sont des ânes et que c’est pas Dieu croyab d’en avoir trouvé une qui cause propre. Rires gras. Puis interlude de cinq minutes où il parle de la pluie et du beau temps avec le chef pendant que je fais tapisserie. Enfin, et uniquement si j’ai de la chance, j’ai le droit de baver en deux minutes chrono mon speech sur les nouveaux produits en import. Ensuite je récupère les cartons vides, on ressort, je me reprends la porte, on remonte dans la camionette et c’est reparti pour un tour.
Tout ca dans un nuage de fumée de clope car Relou Kacho fume à la chaîne et n’a pas découvert le fonctionnement magique de la poignée de la fenêtre qui permet de baisser la vitre de facon à ce qu’au moins une partie de la fumée se répande à l’extérieur et incommode les passants aussi au lieu d’étouffer uniquement le passager.
~Interlude publicitaire~
Annonce à l’attention de tous les aspirants Relou Kacho :
Vous ne savez pas quoi manger ? Ne vous posez plus la question, ce midi c’est ramen !
Le déjeuner sportif pour un sans-faute en bonne société !
Avec ce seul élément pluridisciplinaire, on peut :
-émettre des bruits porcins en aspirant ses nouilles
-projeter des gouttes de sauce grasse et brûlante sur le chemisier de son prochain[1]
-Emettre des rots parfumés toute la journée grâce au supplément d’ail gratuit
L’essayer c’est l’adopter !
~fin de l’interlude~[2]
Après une dizaine de visites et un déjeuner roboratif, nous reprîmes la route dans un nuage de fumée de cigarette qui aurait pu faire craindre pour l’état du moteur à un spectateur non informé.
Une autre dizaine de visites plus tard je finis par informer Relou Kacho que mes cartes de visite s’épuisaient car je n’avais pas prévu un marathon de la livraison, vu que ma moyenne habituelle se rapprochait plus des cinq visites par jour. Le gai luron vit immédiatement le potentiel comique de la situation et ne se priva pas de faire savoir jovialement aux dix clients suivants que j’avais oublié mes cartes de visite mais qu’il ne fallait pas trop m’en demander car j’étais après tout débutante, Française et donc fontamentalement sans manières.
Tu comprendras donc ami lecteur qu’à la fin de cette fabuleuse journée j’ai beaucoup ressenti de sympathie pour tous les kohai du monde, un élan de solidarité dont la violence s’est encore accentuée quand mon boss, chez qui j’étais allée faire du chialing, éclata de rire et s’exclama avec bonhomie « ce sacré relou kacho, on le changera pas ».
Quand je pense qu’aux Etats-Unis y a des gens qui payent pour le plaisir de se faire arrêter dans la rue n’importe quand et emmener au commissariat dans la patrouilleuse histoire de vivre un moment un peu excitant.
Ceci est un appel aux amateurs, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes je vous arrange une journée de vente avec Relou Kacho. A la place des menottes et du viol collectif dans les douches je te propose des gros cartons de livraison et des blagues belges sur les Français.
Et si vous êtes prêts à hypothéquer un membre de votre famille[3], je vous rajoute le supplément ramen sauce grasse qui lui dégouline sur la chemise à midi.
[1] C’est moi
[2] Ce communiqué vous a été offer par mangerbouger.fr, section transit intestinal
[3]Mais pas la belle-mère
Ca dépend ça dépasse, le retour de la vengeance
Ah-ha, ami lecteur .
Je vais enfin céder à la collusion de ta masse silencieuse et accepter de faire de la note de fond traitant d’un sujet sociétal, tout ça pour que tu puisses te la péter en soirée mondaine.
T’es prêt ?
Alors après les fadettes du Monde, je t’offre :
*la boulette de la guitoune.*
Déjà rien que le titre déchire son aïeule, tu flaires direct le complot international et tu te réjouis d’être le premier au courant.
Comme tu vas te la raconter sur yahoo news avec ça.
Bon aller sans faire durer le suce-Spencer plus longtemps je précise ma pensée :
Je vais à nouveau taper sur la police japonaise parce que premièrement c’est vraiment facile, et deuxièmement ça soulage.
Tu n’es peut-être pas sans te rappeler de notre*[1]note datée du 17/08/2009, où j’exposais comment je me suis retrouvée à rater un concert dont j’augurais prou, surtout en termes de ventilation de sous-vêtements, grâce à la digilente incompétence de mon commissariat de quartier.
En effet, ce jour, distraite que j’étais, je ne retrouvai plus mon vélo (j’avais oublié que je l’avais garé devant le combini, soit 50m plus bas que l’endroit où je m’obstinais à le chercher). J’allai donc déverser mes récriminations dans le vaste giron accueillant mais inefficace d’un jeune flic qui se faisait terroriser par son sempai flic jusqu’à s’emmêler les formulaires, me faisant perdre une heure de mon temps pour déclarer la perte d’un vélo à 5000 yen.
Eh ben crois-moi crois-moi pas, malgré deux longues années de sévices de la part du sempai, et je pense que les sévices ont été intenses vu l’état dans lequel il était quand je l’ai eu au téléphone, mon ami de la boite à flic près de la gare Hanshin Amagasaki a tenu le choc.
Et n’a pas lâché le dossier.
Tel Eva Joly et l’affaire des frégates de Taiwan, l’Affaire de la Bicyclette Volée a passionné notre Starsky de la guérite.
Y trouvant une bonne chance d’attirer l’attention de ses supérieur de de gagner de l’avancement, il a enquêté sans relâche pendant deux ans.
Il a suivi des traffiquants de solex. Il s’est acoquiné avec des hôtesses dont les maquereaux géraient des réseaux de prostitution des vélos mineurs vers le golfe persique.
Il a failli se faire voler son portefeuille deux fois, son arme de service une fois, choper la bléno trois fois, et une fois même il a perdu son fanion porte-bonheur des Hanshin Tigers qu’il gardait pourtant toujours accroché à la clef de son vélo de fonction.
Inutile de dire qu’il a payé de sa personne. Et tout ça dans le plus grand secret car son sempai abusif aurait raillé ses efforts au lieu de l’encourager.
Et voilà que deux ans d’acharnement finissent par payer et qu’il retrouve mon vélo à 5000 yen ! Rouillé, cabossé, dans un état piteux mais la plaque d’immatriculation encore visible ne laisse nulle place au doute, alleluia !
La grande affaire de sa carrière est résolue !
Bien évidemment, fourbu et rayonnant, il s’empresse de m’appeler. Il s’attend à une pluie de pétales de rose, des yeux mouillés d’émotion, un débarquement de ma part à sa guitoune avec une gerbe de fleurs dans les bras et peut-être même une petite pipe reconnaissante.
Malheureusement, le monde est mal fait car ignorant tout de ses souffrances, je coulais depuis deux ans une vie heureuse et tranquille.
J’avais retrouvé mon vélo devant le combini où il m’attendait sagement, j’avais fini mon année professionnelle avec, et à mon changement de travail je l’avais offert à un collègue.
Depuis j’avais refait ma vie avec un autre vélo et j’avais tout oublié de cette sombre affaire.
L’erreur fatale que j’avais commise tenait à ceci : lorsque j’avais retrouvé mon vélo, j’avais reculé devant la perpective d’en informer les flics et perdre à nouveau une heure de ma vie.
Mon collègue étant aussi mauvais citoyen que moi, lorsque lui aussi se bourra la gueule et oublia à son tour le vélo quelque part[2], il n’en informa pas davantage les forces bienveillantes de la police locale.
Tout ça se déroulait dans l’ignorance la plus complète de notre héros.
Ainsi, lorsqu’il m’appela pour m’annoncer avec hautbois, musettes et gamelles le retour du bicyle aimé, j’ai déjà eu du mal à situer le sujet.
La méfiance naturelle du ressortissant étranger qui recoit un appel téléphonique de la part d’un représentant de la police nationale fit place à l’incrédulité puis à une franche allégresse.
La conversation eut lieu comme suit :
-« Gendarmeurie nationaleu, elle est là la petiteu demoiselleu qu’a perdu un vélo à Amagasaki y a deux ans ? »
... Bon d’accord ça s’est pas passé exactement comme ça.
LUI
Bonjour c’est le commissariat d’Amagasaki (une guérite donc, on le répétera jamais assez), vous nous avez déposé une déclaration de vol de vélo il y a deux ans, vous vous en souvenez ?
MOI
(par-devers moi : une heure de ma vie salopard, UNE HEURE pour prendre la déposition, tu penses si je m’en souviens !)
(à voix haute)
...Ui ?
LUI
(accents de triomphe)
Eh ben on a retrouvé votre vélo !!
MOI
(par-devers moi : oh non!)
(à voix haute)
...Ah ?
LUI
Vous n’avez plus qu’à venir nous signer des papiers et il est à vous !
MOI
(par-devers moi : plutôt crever la bouche ouverte !!!)
(à voix haute)
... Il est plus à moi ce vélo, je l’ai donné à quelqu’un d’autre, je vous donne son numéro et vous voyez avec lui ok ?
Numéro donné, fin de la conversation. Je pense pouvoir retourner tranquillement à la lecture du roman de ma copine Oriane me curer le nez travailler, mais le désastre frappe toujours deux fois.
C’est donc l’Eva Joly de la subtilisation biroulée qui me rappelle de nouveau pour me dire d’un air désolé :
LUI
« Non mais comme vous avez fait la déclaration de vol, j’ai vérifié avec mon chef (le sempai sadique donc) et y faut que vous signiez les papiers vous-même sinon on peut pas rendre le vélo à quelqu’un d’autre.
MOI
« ben quand même merde alors, j’ai transféré le titre de propriété et tout, pourquoi vous l’empêcheriez de récupérer son bien ?
LUI
« Parce que vous avez pas signé les papiers comme quoi vous avez retrouvé le vélo avant qu’il soit reperdu ». CQFD.
J’étais à nouveau face à un cas splendide de « ça dépend ça dépasse ».
Je tentai avec l’énergie du désespoir et de façon complètement vaine de faire appel à sa logique :
MOI
« écoutez j’ai déménagé depuis et j’ai changé de travail, ça va me coûter un bras en tickets de train, en plus j’ai pas le temps.
Le vélo a un nouveau propriétaire qui accepte d’aller le chercher. C’est vraiment si important que ces papiers soient signés par moi et pas par lui pour un vélo à 5000 yen?
LUI (trépignant)
« Faut signer les papiers ! »
MOI (tentant une dernière fois le coup de la logique)
Imaginez une seconde si j’étais rentrée en France. Vous auriez fait comment ? Vous m’auriez faite revenir au Japon pour les signer les papiers ?
LUI
« ... Ben j’aurais été embêté... »
MOI (ferme)
Je n’ai pas l’intention de venir signer ces papiers. Si vous voulez bien me les envoyer par la poste, à la rigueur je les signe et je vous les renvoie.
LUI (petite voix)
Ouais mais je sais pas si on peut le faire ça...
Je fus intraitable.
Non mais je sais bien où ça mène toutes ces histoires.
Tout ça c’est pour que ce petit gourmand puisse avoir encore douze exemplaires de mes empreintes digitales sur le formulaire de retrouvage de vélo.
Merci bien, j’ai eu l’index bleu pendant des jours la dernière fois, alors ce coup-ci les formulaires il peut se les coller là où le soleil ne luit jamais.
Même si je sais que sans les empreintes digitales ça lui fait pas le même effet.
....
Avec le recul, quand même, pour deux années d’efforts, je me dis que j’aurais pu être plus sympa et lui lâcher une petite empreinte digitale pour son plaisir personnel.
Ca aurait été ma bonne action 2011.[3]
Bon OK père Noël on fait un deal (et fais pas l’innocent je sais que t’es là, tu continues à te faire gauler par les tags « Clara Morgane », et ça fait quand même désordre) : je veux bien lui offrir en cadeau de Noyel un formulaire complet. Le grand jeu, la signature, le tampon, les empreintes digitales, tout.
Mais en échange je veux mon permis moto. Ca marche ?
[1] Oui maintenant j’utilise le « nous » royal. C’est moi et le litron de chouchenn. Oui ben quand on n’a pas d’amis et qu’on veut s’inventer une équipe de rédaction on fait comme on peut, d’ailleurs c’est la miche de Schwarzbrot qui relit donc si tu vois des fautes d’orthographe, dis-lui à cette feignasse
[2] le destin de ce vélo était de se faire utiliser et larguer sans cérémonie, ce qui est consistant avec le thème film noir de cette note : notre justicier de la circulation dans le rôle du détective, et mon vélo dans le rôle de la femme séduite et abandonnée
[3] ça et un don de 1000 yen à Wikipédia
Caleçon, Bonbon, Ducon
Cher ami lecteur
Tu as eu l’occasion d’observer que je continue à te délaisser, mais c’est pas trop grave comme de toutes façons tu ne sais déjà plus comment je m’appelle et que ceux qui l’ont su un jour ont déjà envoyé une couronne funéraire mangeable de aquarelle.com à ma maman en signe de condoléances à cause du tsunami.
Elle dit merci pour les haribo, elle ajoute que la prochaine fois qu’on me noye, elle mettra un faire-part sur Facebook mais qu’elle préférerait mieux les crocodiles verts plutôt que les rouges la prochaine fois, merci.
Bon.
Maintenant que je mène à nouveau une vie d’action et d’aventure derrière un bureau (sous le bureau par contre il ne se passe rien), je vais reprendre mon apostolat afin de te régaler de ces palpitantes intrigues de photocopieuse qui ont valu à ce blog son absence de renommée internationale dont le succès ne s’est jamais démenti.
J’en profite pour dire aux vautours de la ville de Kyoto qu’ils peuvent arrêter de me suivre, ayé je les ai crachés les deux mille euros d’impots locaux. J’ai plus rien. Laissez-moi crever en paix.
Mais avant de mourir je t’en raconte une petite dernière.
Je suis donc, comme expliqué au dernier épisode, maintenant part intégrante (soumise aux conditions du titre de séjour) des forces (pas très) vives d’une PME nippone, au sein (le mot est mal choisi tu vas voir) de la division import. Les membres de mon open space japonais (ici on appelle ça un open space mais en France on appelle ça de l’élevage sur caillebotis) marient deux intéressantes facultés qui au premier abord pourraient sembler disparates : 1. Une connaissance encyclopédique du caviar 2. La faculté d’émettre des rots musicaux. Sans se lasser. Beaucoup de fois par jour.
Pour résumer, ce sont des gourmets par profession et des vieux salingues par nature.
Tu comprendras donc que l’adolescent de 15 ans qui sommeille encore quelque part dans mon esprit de greluche de 30 ans a besoin d’être au niveau d’alerte maximal pour me permettre de survivre dans cette ambiance de chambrée militaire où les chefs de division agrémentent impunément leur écran de veille de photos de jeunes filles probablement mineures au moment des faits mais pleines d’une intelligence physique manifeste, laquelle est mise en valeur pas des dessous composés essentiellement de dentelle, laquelle est composée essentiellement de trous.
Quand j'ai flairé ce parfum de vieille clope et de caleçon pas très bien lavé, d’entrée de jeu on a posé les bases : je distribue pas les cookies, je fais pas le thé, et celui qui tente de me toucher les seins peut dire adieu à sa cloison nasale.
Cependant, nous ne sommes jamais à l’abri d’une rechute humoristique. Malgré mon sens de la blague dont la courbe naturelle suit celle du fond du ruisseau, malgré une permissivité culturelle qui, après le quatrième verre de saké, te permet de rigoler à des blagues du type « les bonnes femmes c’est un peu comme la bûche de Noël, passé le 25 c’est plus très frais » , ben des fois je sens que je perds un peu pied car on sort du pédiluve de la douce débilité où je m’ébats depuis ma tendre enfance afin d’entrer dans les grandes eaux de l’insondable connerie masculine.
En effet, un de mes collègues qui aime la déconnade a ramené des chocolats qu’il m’a enjointe à manger. Ma nature gloutonne et retardataire me fit tomber dans le piège : ma méfiance endormie car il s’agissait de manger et mes yeux accaparés par l’écran car j’avais trois rapports en retard, j’ai commencé par engloutir un chocolat sans lui accorder ne serais-ce qu’un regard une fois l’emballage arraché. Emballage qui présentait une illustration de champignon visant à leurrer le consommateur, ou devrais-je dire la consommatrice. Cependant, mes papilles gustatives jamais complètement au repos donnèrent l’alerte et me firent réaliser que l’objet avait une forme curieuse sur la langue ; cette grosse protubérance au milieu, à quelle étrange espèce de champignon pouvait-elle correspondre .. ? J’ai donc regardé de plus près le canditat à la déglutition suivant : mes soupçon s’avéraient fondés. Je tenais entre mes doigts une version simplifiée mais anatomiquement relativement correcte d’une sémillante bite en chocolat prête à l’emploi... Les collègues étaient tous ravis de ce trait d’esprit subtil, et si le perpétrateur n’avait pas autant été occupé à rigoler en poussant de joyeux "huur huur huur" il m’aurait sûrement mis une grosse bourrade dans les côtes en m’appelant Jean-Pierre ou l’équivalent nippon.

Je te présente la cucurbitacée, une espèce de champignon méconnue qui se dévelope de préférence dans les environnements à PH basique.
Je médite une vengeance.
Stupeur, tout le tremblement
Alors en voyant le titre, ami lecteur, tu as dû te dire « enfin, du reportage presque à la pointe de l’actu avec de vibrants témoignages sur le tremblement de terre recueillis seulement quatre mois après les faits, ce qui pour ce blog est l’équivalent d’un flash prémonitoire »
Je t’annonce sans ménagement que te tu te goures, dans la longueur et bien profond.
Et ce pour plusieurs raisons :
Déjà pour commencer, je ne comprend pas que tu puisses encore t’imaginer que je vais à un moment donné de ta vie te servir à quelque chose, par exemple te permettre de briller en société avec du renseignement top secret. Se référer à la note précédente sur l’effacement coupable de l’historique de l’explorateur pour plus de précisions sur la correcte utilisation de ce blog.[1]
Ensuite, les limites de mon mauvais goût sont reculées mais tout de même existantes, avant de faire un jeu de mots j’aurais pensé aux morts, et surtout aux survivants des morts qui sont pas très ouachés en ce moment, j’aurais hésité pis finalement jme serais pas permis. Mais après avoir hésité quand même.
Enfin, je ne le répéterai jamais assez : ma vie est trépidante comme un film de Lars Von Trier coincé dans un lecteur DVD défectueux bloqué sur le mode ralenti. Si tu veux du récit d’aventures et d’action, va voir sur marmiton.org.
Ceci étant dit , je vais un peu te parler de pourquoi ma vie est palpitante en ce moment.
Je vais passer rapidement sur le tremblement de terre , le tsunami , l’explosion de la centrale de Fukushima et le boeuf radioactif distribué chez les quelques restaurateurs qui avaient réchappé à la faillite suite au scandale des 5 morts par E.colique après la consommation de boeuf cru E.colisé (et possiblement radioactif).
Et je vais en arriver directement au coeur de là qu’où-ce que ça se joue : j’ai changé de boulot.
Eh ouais, fini de faire tourner les containers de jambon. J’ai décidé de me rendre à la source de l’action et je fais désormais tourner le jambon directement. En quelque sorte, maintenant le jambon, c’est moi.
Je suis donc depuis peu incorporée aux forces pugnaces d’une compagnie japonaise importatrice de jambon dont le poids financier et le budget photocopieuse n’égalent certes pas la puissante entité internationale qui me payait mon bacon jusque récemment, mais ils sont drôlement plus teigneux. Juge plutôt : d’une moyenne horaire de travail de 9 à 21h qui me faisait hurler au scandale chez mon employeur précédent, les forces de vente de chez nous s’enquillent du petit 7 à 22h tous les jours et sans pleurer. Et là, tu vas pousser un cocorico approbateur en constatant qu’on peut vivre loin de sa mère patrie sans perdre ses beaux réflexes nationaux : j’ai d’entrée de jeu réussi à aller me planquer dans les bureaux de la division internationale où on finit à 17 :30 tous les jours.
Et me diras-tu ami lecteur, ou du moins ami vendeur de bons du trésor espagnols, j’en profite pour te signaler que je compterai les sous de l’héritage de mamie à mon retour en France et que si il en manque dans le pot parce que tu les as investis alors que j’avais dit non à ma banque ça va chier dans les ventilos. Je disais donc, tu me diras ami de passage car désormais le conseiller bancaire a quitté cette page et ne demeurent à lire ces lignes que les requêteurs google égarés : mais comment font-ils ?
Les Chinois ont attaqué les stocks de sel des supermarchés avec une violence digne d’une période de soldes à Shibuya, les Français veulent sodomiser avec des barres de Mox les grands responsables d’Areva, et même les lots de culottes usagées de collégiennes exportés à destination de sex shops parisiens sont désormais passés au compteur Geiger.
Cependant les Japonais, eux, continuent à avoir leurs meetings du lundi matin au garde à vous avec le petit discours hebdomadaire où un membre de l’entreprise doit baver sa vie. Cette semaine c’était la réceptioniste qui expliquait comment son quotidien est devenu palpitant maintenant que la télé japonaise passe au réseau numérique parce qu’elle a toujours un petit suspense quand elle l’allume des fois que ça marcherait plus.
Stupeur.
La semaine prochaine c’est moi.
Consternation.
N’oublions pas qu’en ce moment je suis surtout au courant que l’euro se casse la gueule, que ça crève de soif dans la corne de l’Afrique et que le boeuf radioactif gambade sur les étagères de supermarchés japonais avec le ministère de la santé qui leur court après le long de la chaîne de distribution et qui tackle les braves ménagères dans les allées lorsqu’elles sont repérées en train de sélectionner un steak fluorescent suspect.[2]
Qu’est-ce que je vais pouvoir leur raconter ?
Jvais peut-être plutôt faire péter le karaoke et leur chanter une chanson en fait...

[1]Ou alors, à la rigueur si tu n’es pas très écolo ou si tu as une vision très pragmatique du torchon littéraire, tu peux l’imprimer, le lire aux toilettes et lui faire rencontrer sa destinée finale dans une ultime bataille contre le produit de la paella du midi.
Pas contre si t’as une imprimante à jet d’encre, je te recommande de contenir ton impatience et de ne pas passer à la phase Q du plan tout de suite parce que sinon tu vas te retrouver avec la bannière de schwartzbrot et fleurs de cerisier décalquée sur les fesses, ce qui tu l’admettras compromet grandement tes chances de choper au fucking blueberry ce soir
[2]Ce qui ne m’empêche pas de continuer à consommer mes petits kirs hebdomadaire dans le clandé d’amis français qui tiennent un bar sans license en attendant l’éviction. S’y fallait s’arrêter de boire et de jouer au poker chaque fois que le monde est au bord de la catastrophe, Ricard aurait fait faillite depuis longtemps...
la riposte du repost
Bon ami lecteur,
Comme je sais vivre je te souhaite joyeux Noël 2009 et bonne année 2010 et 2011.
Pour les jeunes alertés à l'état du monde que ça intéresserait réellement de savoir si je peux te baver du scoop à la envoyé spécial1 tout ça parce que le Japon s'est fait mettre à mal successivement par un tremblement de terre, un tsunami et un désastre atomique, eh ben je te préviens faudra d'abord attendre que j'aie fini de poster les notes qui étaient là avant et qui attendaient leur tour sagement au fond du disque dur car au Japon on est respectueux de l'ordre dans la queue sans lequel la civilisation et les transports en commun vont à vau-lvo. (pouet pouet) (oh ça va on peut bien encore rigoler hein) (je te signale qu'y en a, ben le sens de l'humour c'est la dernière chose qui leur reste) (ça et la robe de soirée à paillettes complètement inutile qu'ils ont récupérée par le biais de la collecte de vêtements de la Croix Rouge grâce à Ayumi Hamazaki qui a vidé son grenier)
Tu as vu c’est du régulier, c’est du sûr, maintenant je passe te voir avec la même fréquence que le père Noël.
Par contre, moi je me fous pas de ta gueule avec des cadeaux encombrants qui servent a rien comme le pullover tricoté par maman dont tu n’oses même pas te servir pour rembourrer le panier du chien de peur de te faire gauler par la SPA, et en plus mon cadeau à moi tu fermes l’explorateur, tu effaces l’historique et ouf, personne ne saura, pour peu que tu aies pu controler ta vessie et que t’aies pas eu de fuite sur le fauteuil de bureau c’est comme si tout ça ne s’était jamais passé. (alors que les photos de toi en train de chialer sur les genoux du père Noël continuent de trôner sur le manteau de la cheminée de tes parents y en a, et ceci malgré tes fréquentes menaces de cesser de comparaître aux diners familiaux en dépit de l’injonction maternelle tant que l’objet du litige n’aura pas disparu au fond de la poubelle à dechets combustibles).
(tu vois, j’ai pas perdu la main, une parenthèse de cinq lignes, ca faisait longtemps hein. Du coup j’espère que tes capacités en rétention urinaire n’ont pas diminué non plus sinon tu vas prendre cher, le fauteuil du bureau aussi).
Le père Noël, adoncques.
Parce que tu croyais que tous les petits enfants ils aiment le père Noël et que y avait que toi qui avais remarqué avec horreur sa perruque montée sur une base de plastique et enfarinée comme la couperose d'un gigolo sur le retour, même que ca dégringolait dans ton assiette de goûter à la maternelle quand il passait et que ton aversion pour le cake banana-kiwi date de cette époque?
Détrompe-toi, avec moi déjà tu vois on est deux. Même que moi qui avais découvert à la même époque l’existence des prothèses, je croyais que le père Noël avait une prothèse capilaire, et ca me filait les supermiquettes, donc tu peux arrêter d’avoir honte, t’es pas tout seul.
Regarde, avec ce moutard-la, on est même trois alors tu vois.

Et c’est là que tu cherches la chute mais cherche pas, y en aura pas. C’était pour te dire que je passais avec la fréquence du Pere Noël et que comme lui, je fais pleurer les enfants dans le métro, donc.
Bon tu le constates, à la pointe de l’actu comme toujours ce blog vient de t’offrir ta note de Noël 2009.
Et c’est là que attention, innovation : en général c’est à peu pres maintenant que le téléphone commence à sonner/que le container se radine (barrer mention inutile), et je te plante là, et je reviens jamais, et la note reste impostée.
Et moi l’imposture de note, ben j’aime pas ca. Faudrait pas que les sous1 que mon patron dépense afin que je puisse poster soient gaspillés quand meme.
Faut dire que la j’en ai une bonne demi-douzaine de notes impostées comme ca, et je peux quand même pas te faire le coup de la rétrospective 2007 avec les restes du repas de Noël tous les ans.
D’ou, pouet pouet innovation donc : maintenant je vais même plus me creuser la cucurbitacée à te trouver une conclusion digne de ce nom pendant que tu te retiens de pisser, et je vais tout balancer direct sur le ternet.
En conséquence, tu n’as même pas encore commencé a avoir la vessie qui te travaille que cette note se termine déjà. Ton urologue serait drôlement content s’il savait. (mais rapport aux détails de l’explorateur évoqués un peu plus tôt, quelque chose me dit qu’il n’entendra jamais parler de la restructuration de ce blog pour une miction plus confortable).
Par contre la suite arrive toutsuite-toutsuite, hein. Alors si tu veux aller pisser va-y maintenant parce qu’on s’arrête plus après.
1La réponse est non. Au milieu d'un conflit atomique et des hordes islamistes qui submergeraient la ville pour piller les jeunes filles, violer le palais impérial et brûler les coffres forts, la catastrophe la plus grave qui risque de m'arriver est la perte d'une chaussette arrachée de mes mains par le souffle d'une roquette alors que j'allais l'accrocher à la corde à linge sur le balcon
1 Oui enfin c’est pas tout a fait sa théorie à lui. Lui, il pense naïvement qu’il me paye pour trouver des gens que ca excite d’aller se rouler sur le revêtement anti poussière d’un entrepôt à température ambiante.

